Fyctia
3- Victoria (2/2)
Nous attendons près de la voiture de Nicolas encore quelques instants. Et si le vole se passait mal ? Et s’il y avait un problème avec le jet privé ? Après tout, c’est peut-être moins bien regarder avant de s’envoler. On va être à des milliers de kilomètres au-dessus du sol, partant dans le pays le plus froid. Et si on se crache ? Comment est-ce que l’on nous retrouverait ? Je ne mangerai personne mais on me mangera, c’est certain.
Mes ongles se mettent immédiatement à griffer la peau de ma main, inlassablement, comme un moyen de calmer mes nerfs. Je pensais avoir réussi à surmonter cette peur de l’avion, mais je me trompais. Plus les minutes s’éternisent et plus j’ai peur. Les blessures à la main commencent enfin à me ramener à une réalité mais je ne peux pas m’arrêter.
— Vic ? Mais qu’est-ce que… sursaute Nicolas, admirant avec horreur ma main ensanglantée.
Merde ! Je ne pensais pas avoir autant gratté que ça. Le jeune homme s’approche de moi et essaie de prendre ma main mais je l’en empêche en les mettant dans mes poches.
— Il faut soigner ça Vic !
Son ton est tranchant et il ne me laisse pas le temps de réagir. Il se dirige vers sa propre valise et ouvre une petite trousse qui se trouve accrochée sur le haut. Il en sort une compresse et un désinfectant avant de se braquer en face de moi.
— Donne-moi ta main ! m’ordonne-t-il sans la moindre trace d’humour.
— C’est bon, c’est rien !
— Victoria Campos !
Je ne l’ai jamais entendu parler sur ce ton. Etrangement, je sors ma main de ma poche et la lui tend. Oui, les marques sont profondes et oui, il y a pas mal de sang mais j’ai l’habitude.
Nicolas grimace face à ma main. Il l’attrape avec délicatesse et dépose du désinfectant dessus. La douleur ne vient pas mais ma main se met à trembler. La chaleur de ses doigts le rend presque supportable. Ninon, à côté, fait l'infirmière pour son frère et la situation me dérange. Je n’aime pas le changement et là, cet idiot n’est pas comme d’habitude.
Il finit par enrouler ma main dans un bandage qu’il accroche avec un sparadrap. Je lève les yeux au ciel. c’est peut-être un peu exagéré, non ? Il finit par ranger ses affaires alors que je caresse le bandage. Je n’aime pas ça. Mais au moins, j’ai arrêté de penser à ce qui nous attend dans quelques instants.
La voiture d’Henry finit par arriver. A l’intérieur, il y a sa femme et Rémi. Amy ne peut pas venir, elle est trop proche de nous. M’enfin, j’aurai au moins eu une autre femme avec qui passer du temps. Là, mise à part Ninon qui est une jeune adolescente et Monique, une femme à la retraite, je n’ai que les garçons pour me distraire. Je souffle. Ça va être tellement long !
Henry sort le premier du véhicule. Vêtu d’un épais manteau rouge – parce qu’évidemment, il doit être assorti à la thématique de Noël – et d’une écharpe en laine tricotée à la main, il nous salue avec son sourire habituel.
— Mes amis, êtes-vous prêts pour la plus grande aventure de votre vie ?!
Je soupire en échangeant un regard avec Rémi qui sort à son tour. Ce dernier porte plusieurs couches de vêtements, cela se voit. Il a prit au moins deux ou trois tours de taille juste en portant les habits.
— Trop tard pour faire demi-tour ? murmuré-je.
Il secoue la tête en souriant. Merde. Dans quoi je me suis embarquée.
— Bienvenue dans l’enfer de Noël.
Ninon et Nicolas suivent Henry et sa femme loin de moi et de Rémi. Mon ami me connait. Il sait que je suis déjà en train de paniquée. Il regarde ma main que je cache rapidement dans mon manteau. Il préfère ne rien dire et je l’en remercie.
L’avion privé nous attend. Dans quelques heures, nous serons en Laponie, plongés dans le froid polaire et la magie de Noël.
11 commentaires
Krissa Danos
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Il y a un mois
Eva Baldaras
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Il y a un mois