Fyctia
Papa-partie 1
— Eh, mais c’est bientôt ton anniversaire ! S’écrit Caleb. Jour J moins deux, si mes souvenirs sont bons.
— Je pensais que tu avais oublié, dis-je, me blottissant dans les bras de mon ami.
Je me presse contre lui, savourant l’odeur de son savon et de son shampoing à l’amande douce. Ses cheveux sont encore mouillés par la douche qu’il a prise avant de me rejoindre chez moi.
— Alors qu’aimerais-tu faire ?
— Absolument rien !
Je prends sa main pour le conduire à l’intérieur de la maison. D’ordinaire à cette heure-ci, mes parents sont chacun de leur côté et ne se soucient pas vraiment de ce que je fais. C’est à croire qu’ils ont décidé d’agir différemment, car lorsque je pousse la porte d’entrée, papa se tient dans le hall.
— Waouh ! Papa, tu rappelles de Caleb ?
— Bonsoir monsieur !
— Bonsoir Caleb !
Mon père serre sa main poliment, mais ses yeux abritent une lueur protectrice, voir un tantinet meurtrière. La situation vire au ridicule quand nous montons les escaliers, papa se met à claironner des ordres :
— Poussin, vous n’allez pas dans votre chambre, vous restez en bas ! Merci.
— Ok, acquiescé-je, le rouge colorant mes joues.
Quelle mouche l’a piqué ? Voilà des années qu’il ignore ce qui se passe dans ma vie et là, soudainement, il se met à jouer les papas poules. J’oscille entre la joie et la honte. Nous rebroussons donc chemin vers le salon. J’invite mon ami à s’asseoir près de moi sur le canapé, vue sur l’océan, mais c’est sans compter sur mon père qui lui fait signe de s’installer en face de moi. Je lui jette un regard noir de sous-entendus, qui le fait rire davantage et le conforte dans son rôle de père.
— Eh Caleb, bats-les pattes de ma fille, je suis dans la pièce voisine, informe-t-il.
— Oui, monsieur, répond-il poliment, se soumettant à sa directive.
Là, c’est plus que ce que je ne peux supporter. Je suis mortifiée et couverte de honte. Papa quitte le salon, nous voilà seuls, une table basse et le silence entre nous.
— Si j’avais su qu’il allait se comporter ainsi, je te jure Cal, je ne t’aurais pas invité ! avoué-je.
— Non, c’est cool ! Je t’assure. Je trouve ton père sympa, un peu flippant, mais sympa. La façon qu’il a de te protéger est touchante.
— Eh bien, je suis la première à en être étonnée ! Depuis quelques semaines, je ne sais pas ce qui se trame chez mes parents, mais ils agissent étrangement. Papa cherche à me faire la conversation, m’appelle mon poussin, me veut à la maison tous les dimanches. Et…apparemment, les garçons ne sont pas autorisés dans ma chambre ! Et maman…elle s’est remise à cuisiner !
— Alex, c’est génial ! S’exclame-t-il, un sourire collé sur les lèvres. Toi, qui te plaignais qu’ils t’ignoraient, c’est énorme !
— Je te l’accorde, mais, tu ne penses pas que c’est louche ? J’ai le sentiment que maman a découvert que je suis au courant. Du coup, elle essaye sûrement de couvrir ses arrières !
— Je n’en sais rien, c’est une possibilité !
— Eh bien, ça me dégoute, elle n’achètera pas mon silence !
— C’est sûr ! Il faut que tu lui parles dès que tu en as l’occasion, affirme-t-il. Mais quoiqu’il en soit Alex, les choses s’arrangent entre tes parents et toi, c’est là-dessus qu’il faut porter ton attention.
Je suis dubitative. J’ai appris à ne plus trop espérer afin de ne plus tomber de haut.
— Cessons le bavardage sur ma famille ! Éludé-je. Tu m’as manqué !
— Toi aussi ! Si ton père ne nous avait pas séparés, je t’aurais embrassée sur le champ ! S’empresse-t-il de dire, un sourire fugace sur les lèvres. Je n’ai pas arrêté de penser à ça sur le chemin du retour.
Caleb me fixe des yeux, s’assurant que sa réplique a eu l’effet escompté. J’ai les joues en feu et ne sais plus où me mettre. Je tripote ma jupe des mains et l’entends qui part d’un fou rire.
À cet instant, papa surgit dans la pièce, lunettes aux yeux, un agenda à portée de mains.
— Dis-moi mon garçon, serais-tu libre à dîner cette semaine ?
— Hein ? Papa…euh, bafouillé-je, me dirigeant vers lui.
Je plante mes yeux dans les siens, espérant qu’il décodera mon message : « mais qu’est-ce que tu cherches à faire au juste ? C’est non ! ». Seulement, il est d’humeur joviale et continue sa tirade.
— Parce que ma femme et moi, pensions que ce serait une excellente idée pour faire plus ample connaissance. Après tout, tu es le petit copain officiel d’Alexis, il est normal que l’on en apprenne plus à ton sujet, n’est-ce pas ?
— Bien entendu monsieur !
Caleb considère l’offre et avant que je n’aie pu ajouter quelque chose, ils conviennent ensemble de la date. Apparemment le jour de mon anniversaire. Génial ! Je ne pouvais rêver mieux !
Cela fait des années que mes parents ne le célèbrent plus, je vais devoir me coltiner un repas stressant avec mon amoureux en prime !
— Eh bien poussin, voilà tout est calé. Il me tarde d’y être. Bon, je vais vous laisser terminer. Alexis, demain tu as le lycée, ne te couche pas tard. Je vous accorde encore trente minutes, pas une de plus ! Bonne soirée Caleb !
— Bonne nuit monsieur et merci pour l’invitation !
Mon cœur fait des soubresauts incontrôlables. J’attends que les bruits des chaussures de papa cessent pour reprendre la parole.
— Non mais ne te sens pas obligé d’accepter cet ennuyeux repas !
— Relax Alex ! Je pense que c’est une excellente idée ! Et puis, ça rend notre relation encore plus officielle, non ?
— Vu comme ça, oui ! Tu vas souvent manger chez les parents de tes petites amies, demandé-je, nerveuse.
— Tu es la première qui a rencontré les miens et également la première pour qui je fais ce genre de démarche-là.
— C’est vrai ? Waouh ! Ça signifie beaucoup pour moi, lui confié-je.
— Eh bien, poussin, conclut-il, hilare, je ne vais pas trop trainer, je n’aimerais pas que ton père me prenne en grippe.
— Ah ah ah !
— J’la garde sous le coude celle-là !
J’ouvre la porte d’entrée. L’air frais de dehors me surprend et je frissonne. Caleb passe un bras autour de mes épaules. Je le ramène jusqu’à sa voiture, déçue de ne pas avoir eu plus de temps à ses côtés, mais soulagée d’apprendre que je suis réellement sa première relation sérieuse. Dans mon esprit, c’est la danse de la joie !
Dehors, les étoiles décorent la voûte céleste. Mon ami s’appuie un instant contre son véhicule et darde sur moi des yeux espiègles.
— Viens par-là, poussin !
— Si tu m’appelles encore comme ça, tu peux toujours courir ! Le défié-je.
Mais il attrape mon poignet et m’attire vers lui. Sans plus de cérémonie, Caleb m’embrasse tendrement, comme pour me prouver que la journée a été longue. Comme pour me montrer qu’il tient à moi. Ses lèvres s’éloignent des miennes et je me sens dépeuplée.
— Bonne nuit Alex !
Quand je passe la porte, j’ai les jambes flageolantes, la tête dans les étoiles et le cœur qui bat à cent à l’heure. Papa est là. Il me toise du regard et sourit à son tour.
Coucou, j'espère que ça vous plaira. Please, laissez-moi un commentaire.
Je suis obligée d'espacer la publication car la fin du concours approche...Merci de votre soutien
27 commentaires
Fanny, Marie Gufflet
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Il y a 7 ans
Lena.payet.c
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Il y a 7 ans
LunaJoice
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Il y a 7 ans
LunaJoice
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