Fyctia
1
− Sarah Coram.
La voix rocailleuse, pleine de sarcasme et de lassitude, retentit dans la salle d’attente.
Je me lève et suis la secrétaire, dans un vaste couloir ou les murs sont immaculée de blanc.
Des tableaux, de style contemporain, y sont accrochés à intervalle régulier. Cela me donne l’impression étrange d’être dans une galerie d’art, au lieu d’être dans un cabinet d’avocat.
Devant moi, le bruit des tallons aiguilles qui talonne le sol, avec une démarche féline, est totalement absorbées par le tapis persans qui recouvre le parquet. Ses couleurs chaudes, ses motifs, composés de rosettes alternant avec des arabesques, me font penser à un oasis dans le désert.
Le bruit, de trois petits coups secs, frappé sur le bois, aux nuances caramel, de la double porte qui se trouve devant nous, me ramène au moment présent.
La secrétaire ouvre la porte, s’efface en reculant d’un pas sur le coté, sa main parfaitement manucurée ne lâche pas la poignée pendant sa manœuvre, me laissant à peine suffisamment de place pour que je puisse entrer dans le bureau.
Le doute m’assaillit une fois de plus, sur la démarche que je m’apprête à effectuer. Avoir conscience que pour faire le bien, il faut parfois en passé par le sacrifice de soi, n’est pas toujours évidant.
Alors quand le choix en question implique de sacrifier sa famille, cela devient terrifiant.
Pourtant, au fond de moi, je sais qu’il n’y a pas d’autre solution.
− Mademoiselle, il faut que je vous prenne par la main ou vous allez vous décider à entrer ? J’ai du travail qui m’attend.
Inspirant une grande bouffée d’air, qui me donne du courage et apaise mon envie d’étriper la harpie qui me regarde de façon condescendante. J’entre dans la pièce d’un pas décidé qui contraste avec le tumulte de mes émotions.
Dans ma tête, j’ai préparé cette entretient un millier de fois. Imaginant le ton que j’emploierais, qui ne laisserais apparaître aucun doute quand à ma détermination. Les arguments que je rétorquerais concernant les réticences de mon interlocuteur. La gestuelle que j’utiliserais qui me fera paraître comme une jeune femme sur d’elle, qui agis de façon réfléchis, mature, qui mesure parfaitement la gravités des conséquences qui résultera de toute cette affaire.
Pourtant, je reste figée devant les yeux gris qui me scrutent intensément. Je suis complètement désœuvrée devant l’homme, qui se tient assis, derrière un vaste bureau en verre trempé. Il dégage de sa personne une aura de dangerosité.
Mon cœur, tambourine bruyamment à vive allure dans ma poitrine. Mon corps est parcouru de mille frissons, je me sens vulnérable et à la fois plus vivante que jamais. Je cherche une phrase intelligente à prononcer, mais je suis absorbée par les traits de son visage à la fois dur et angélique.
Le grain de sa peau halée par le soleil, le nez droit et légèrement arrogant, ses lèvres pleines parfaitement dessiné, me font pensais à une statue d’apollon. Ses cheveux bruns, ondulés en bataille, me donne envie d’y glisser mes mains. Ses épaules carrées, qui tendent parfaitement le tissu de sa chemise anthracite, laisse devinée une carrure musclée.
Le bib de mon portable, m’annonçant un message, tinte, rompant par la même occasion le silence pesant de la pièce, chargée d’électricité.
− Veuillez vous asseoir, je vous en prie. Il désigne le fauteuil en cuir rouge qui trône devant son bureau.
Aller Sarah ! Tu peux le faire, ce mantra qui résonne dans ma tête, me rappelle que je n’ai pas le droit à l’erreur. C’est donc remonter à bloc que je m’avance et tend la main dans la direction de Maitre Harold. Des que nos doigt se touchent, un vertige grisant me saisie. La sensation est tellement forte qu’un instant j’ai peur de défaillir. Je retire précipitamment ma main, en songeant que ce dois être du au stress.
− Merci, de prendre le temps de me recevoir. Je sais à quel point vous êtes un homme occupé.
− Effectivement, Melle Coram.
Sa voix grave est froide, dénouée de toutes émotions. Mais son regard, fixé sur mes lèvres, me raconte une toute autre histoire.
− Je vois…
− D’après votre dossier, vous désirez, que notre cabinet vous représente a fin d’obtenir la garde entière, de Mickael Coram contre Robert et Magalie Coram.
− Oui.
− Quel est votre lien de parenté, avec ses personnes ?
− Il s’agit de mon petit frère, et… de… mes parents.
Ses sourcils se fronce, il penche la tête sur son épaule, m’observe comme si j’étais une énigme qu’il n’arriverait pas à déchiffrer. Il faut dire qu’à tous justes 19 ans ma démarche peut paraître incongrue.
− Votre frère subit-il des maltraitances à caractère physiques ou phycologique ? De la part de vos parents.
− Non ! La véhémence de mon ton le surprend.
Quelle imbécile ! J’ai honte de moi, je rougis comme une petite fille prise en faute.
− Alors, pourquoi désirez-vous obtenir la garde de votre frère ?
22 commentaires
Mumu Bouquin
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Il y a 7 ans
Veronica Mars
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Il y a 7 ans
Marjo' V
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E.S Line
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SFANS
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Il y a 7 ans