Fyctia
1.2
Avant que l’énigmatique infirmier ne débarque, je dois m’activer un peu. Si la douleur dans mes jambes reste supportable, mes genoux, eux, me brûlent à chaque mouvement, comme si un courant électrique les traversait. Chaque pas se révèle une épreuve. Malgré tout, je nettoie la cuisine et la salle à manger, avant de passer un coup de balai.
Je pourrais refuser cette intrusion. Après tout, pourquoi devrais-je laisser un inconnu s’immiscer dans mon quotidien, s’installer chez moi, sous prétexte que mon père l’a décidé ? Mais la vérité, c’est que je n’ai pas le choix de me plier. Le chalet est assez vaste pour que nous évitions de nous croiser, en théorie. Pourtant, cet homme ne sera pas qu’un simple colocataire. Il sera là pour m’observer, m’analyser, chercher à comprendre ce qui cloche chez moi.
Bien sûr, je veux des réponses. J’ai besoin de savoir pourquoi mon corps me trahit, comment atténuer ces douleurs qui siphonnent mon énergie et ma volonté. Mais cohabiter avec un espion à la solde de mon père ? C’est une autre histoire.
Et pourtant, je prépare une nouvelle chambre, passe un coup de balai, ignore la douleur qui me dévore de l’intérieur. Parce qu’il est hors de question de désobéir. Parce que, malgré tout ce que je peux ressentir envers mon père, il reste mon patron. Il m’a offert ce poste que j’aime plus que tout.
Une heure plus tard, je m’effondre sur le canapé du salon principal, à bout de souffle. Mon genou droit m’élance, j’ai l’impression d’avoir couru un marathon. Si seulement je pouvais prendre un médicament qui allégerait la douleur…
Au lieu de quoi je reste allongée sur le canapé, regardant le plafond blanc, attendant que le temps passe. Mon père a refusé que je travaille à distance, de peur que ma condition n’affecte mes performances. Pourtant, mon quotidien tourne entièrement autour de ma carrière. Sans elle, je ne suis rien. Le cinéma et la littérature m’importent peu, et je n’ai aucun passe-temps. Même sortir marcher m’est impossible, mon corps me l’interdit.
De toute façon, dehors, c’est déprimant. Cet entre-deux morne, entre l’automne et l’hiver, où les arbres sont nus, où la neige se fait attendre… Un paysage triste, sale, gris. Le soleil, timide, refuse d’égayer ma journée.
Je dois m’être assoupie parce que, soudain, la sonnette de l’entrée se fait entendre, me faisant sursauter.
Merde ! Il est là !
11 commentaires
Vana Aim
-
Il y a 3 jours
Jessica Nait-Kaci
-
Il y a 8 jours
Lillye_books
-
Il y a 8 jours
Candace Lovely
-
Il y a 9 jours
Natia Kowalski
-
Il y a 10 jours
Éléonore Garnett
-
Il y a 10 jours
MelinaSANYA
-
Il y a 10 jours
Dystopia_Girl
-
Il y a 10 jours
Passions-Fictions-Laëti
-
Il y a 11 jours
AyleEme
-
Il y a 11 jours