Fyctia
Prologue
1943 - Elise.
Je finissais d'étendre le dernier pull quand deux mains se sont posés sur mes yeux. Je pensais que c'était encore une plaisanterie de mon père jusqu'à ce cette personne me demande le fameux "devines qui c'est ?". Je n'ai pas eu à réfléchir, j'ai su à la première intonation de sa voix que c'était Jamie. Je n'ai pas pris la peine de poser le pull, tant pis il retournerait dans la pile pour le prochain lavage, je me suis retournée et ai serré celui pour qui mon coeur bat. Il était revenu, enfin.
-Jamie ! Je suis si heureuse, je n'en pouvais plus d'attendre tes lettres pour avoir de tes nouvelles. Que fais-tu ici ? La guerre est finie ?
-Non mon ange, j'ai eu l'autorisation de revenir quelques jours pour voir ma famille.
- Oh. bien, c'est mieux que ri... Il ne m'a pas laissé le temps de finir ma phrase afin de poser ses lèvres sur les miennes, quel doux sentiment. C'est comme si mon âme était enfin de retour dans son nid douillet, et j'ai enfin retrouvé la partie de mon coeur qu'il me manquait tant.
Notre baiser ne s'est pas éternisé malheureusement, Jamie s'est reculé d'un coup avant de se raidir comme un piquet le rouge aux joues. J'allais lui demander la raison de son explication quand j'ai entendu la voix de ma mère nous parvenir.
-Jamie mon garçon ! Quel bonheur de te revoir ! Ma mère prend Jamie dans ses bras comme si c'était son propre fils, ce qui est en quelques sorte le cas puisque nous avons été élevés ensemble passant du temps chez l'un ou chez l'autre quand l'une de nos mères devaient nos laisser le temps d'un après-midi ou d'une matinée.
-Le bonheur est partagé, tu m'as manqué Ilda. Comment va Adam ?
-Oh tu sais, il a vraiment mal reçu le refus du docteur au moment de l'examen pour aller au front. Il a maudit son pauvre coeur pendant des mois mais là ça va mieux, il a vu le bon côté de la situation, nous ne sommes pas séparés au moins. Un voile de tristesse est apparu sur mon visage, même si je suis heureuse pour mes parents, j'aurais aimé moi aussi que Jamie soit refusé lors de cet examen, la distance qui nous sépare est insupportable. Oh ma chérie, ce n'est pas comme ça que je voulais le dire !
-Ce n'est rien ! Jamie est là pour le moment !
-Oui, et je compte bien essayer de rattraper ces quatre années d'absence malgré le peu de temps que nous avons. Cette fois il n'a pas tenu compte de la présence de ma mère et il est venu me prendre dans ses bras.
Nous nous sommes séparés pendant quelques heures le temps que je puisse finir mes taches de la journée et qu'il puisse aller voir ses parents, non sans nous être promis de se retrouver ce soir dans notre coin à nous.
Je finissais de mettre ma boucle d'oreille quand le son d'un caillou tapant contre la vitre me fasse sursauté. Je vérifie mon reflet dans le miroir avant de me diriger vers ma fenêtre. C'est sans surprise que j'aperçois Jamie, un grand sourire aux lèvres le regard dirigé vers moi.
-Descends !
-J'arrive, laisses moi juste le temps d'enfiler mes chaussures ! Je referme la fenêtre et dévales les escaliers aussi rapidement que ce que mes pieds me permettent sous le regard interloqués de mes parents. Jamie est là, je sors avec lui ce soir mais je serrais de retour avant minuit, je vous le promet !
-Bien chérie, mais fais attention et protège toi bien du froid !
-Ne t'en fais pas, j'ai prévu ma cape.
J'embrasse ma mère et mon père sur la joue en les remerciant avant de filer à l'extérieur. Mon visage s'illumine à la vue de Jamie, mes yeux se posent sur un panier couvert d'une couverture à carreaux. Il s'est souvenu de notre rituel pour chaque début du mois : un picnic en plein air. La soirée s'y prête totalement avec sa température douce malgré le mois de septembre.
Il nous a fallu juste quelques instants pour retrouver notre petit endroit secret, j'y suis rarement venue depuis son départ mais j'ai l'impression que rien n'a changé.
Je ne pourrais pas dire depuis combien de temps nous sommes ici, l'un contre l'autre en train de regarder les étoiles. Le temps semblent s'être arrêté et j'ai l'impression que les années qui nous ont séparées ont disparues. Notre amitié et notre amour sont toujours aussi présents et rien ne semble pouvoir affecter ce que nous ressentons l'un pour l'autre.
Jamie m'embrasse le bout du nez avant de me regarder comme si il redécouvrait mon visage.
-Tes yeux, tes lèvres, ton visage m'avaient tant manqués. J'ai eu si peur de les oublier alors chaque jours je prenais la photo de toi que j'ai caché sous mon oreiller et je fermais les yeux pour me représenter ton visage dans mon esprit. C'est idiot je m'en rend compte mais ça avait l'air de marcher alors j'ai continué tous les soirs.
-C'est adorable moi aussi j'avais ma technique. Tous les jours je dessinais ton visage dans des carnets à dessin, ça forçait mon imagination à ne pas oublier les traits de ton visage.
-Je t'aime Elise, je te l'ai dit des millions de fois mais je t'assure que je t'aime comme jamais je ne pourrais aimer quelqu'un d'autre. Tu es celle qui me complète, qui me fais rire, qui me prouve chaque jour pourquoi je me lève chaque matins de ce lit de camp miteux avec l'espoir que cette guerre sera bientôt fini et qu'on pourra enfin s'unir à l'Eglise.
-Je t'aime aussi Jamie, plus que n'importe qui et plus que tout au monde. Je me dresse sur la pointe des pieds afin de l'embrasser comme jamais je ne l'avais fait, je voulais lui montrer à quel point je l'aimais et en quelques sortes je lui donnais mon accord pour unir nos corps comme nous l'avions jamais fait auparavant. Tant pis père et mère, j'aurais un peu de retard ce soir.
Jamie était reparti quelques jours plus tard, me laissant dans un état lamentable. Je devais me forcer chaque matins pour me lever et faire les taches qui me semblent être comparable au fait de gravir l'Himalaya alors que j'aimais énormément les effectuer. Mais au fil de semaine, la tristesse a été rejointe par une grande fatigue, je pensais que c'était de la déprime comme celle dont souffrait Susie Macbeen, qui avait perdu son mari au front, mais j'ai vite compris que non, quand même l'odeur du café que je buvais chaque matin me rendait nauséeuse et que ma poitrine a commencé à se développer de plus en plus. Le docteur du village a vite confirmé mes doutes, dans quelques mois j'accueillerais un petit être.
8 commentaires
LK SISSOKO
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Il y a 5 ans
Coralie D
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Il y a 5 ans
Raëlfar
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Il y a 5 ans
Brittany
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Nascana
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Il y a 5 ans