valouu Rattrape-moi si tu peux ! 3. Cassidy

3. Cassidy

J’arrive chez Esther complétement essoufflée par le trajet à pied et frigorifiée par le froid hivernal. Elle habite en ville dans une maison plus petite que la mienne mais tout aussi luxueuse. Je sonne et un inconnu vient m’ouvrir. Il me fait entrer sans même me demander qui je suis et retourne aussitôt à la cuisine. Je me dirige donc vers le salon en essayant d’esquiver toutes les personnes présentes, ce qui s’avère être difficile. C’est dingue le nombre de personnes que peut accueillir cette maison ! Une fois arrivée au salon, je cherche Esther du regard mais ne la vois nulle part. Je vais donc dans la cuisine puis dans la salle de bain mais toujours aucune Esther en vue. Je ne connais pas le quart des gens qui dansent et boivent dans cette maison, et me sentant commencer à paniquer, je monte à l’étage pour aller l’attendre dans sa chambre. Elle finira bien par monter !


Mais quand j’ouvre sa porte, je la trouve déjà à l’intérieur en train de se mettre du rouge à lèvre.

- Esther ! Tu es là, je t’ai cherchée partout ! m’écriè-je en allant vers elle.

- Merde Cass, je suis désolée. Je n’avais pas remarqué qu’il était si tard et que tu devais être arrivée, me répond-t-elle le tube de gloss à la main.

- T’inquiète, je suis toujours vivante.

- Vraiment ?

- Oui tout va bien, promis.

- Tant mieux ! Maintenant on peut aller faire la fête, dit-elle avant de me faire un bisou sur la joue, y laissant une grosse marque de rouge à lèvres.

- Sérieusement ? lui demandé-je en frottant ma joue. Tu es obligée de faire ça à chaque fois ?

- Oui, me nargue-t-elle avec un sourire espiègle. C’est ce qui fait mon charme.

Je ne réponds rien à ça car je sais pertinemment qu’elle a raison, c’est pour ce genre de petites choses que je l’aime autant.

- Mais avant, il faut que tu te changes ! reprend Esther en fouillant dans son placard. Je dois bien avoir quelque chose pour toi là-dedans.

- Non, ce n’est pas nécessaire. Je me sens pas du tout à l’aise dans ce genre de tenue.

- Ok ok mais tu pourrais détacher tes cheveux alors, pour être plus décontracté. C’est une fête Cass pas un cours de littérature.

- Non, je n’ai vraiment pas envie. En plus, je ne connais presque personne donc je préfère rester comme ça.

- Très bien, mais un jour je t’aurais à l’usure, me promet-elle avant de sortir de sa chambre.

- ça m’étonnerai, lui crié-je pendant qu’elle descend les escaliers.


Je la suis et la retrouve en bas, dans la cuisine envahie par des étudiants soucieux de ne pas rentrer sobres chez eux. Esther attrape une bouteille de vodka et m’entraine au salon où elle sert deux shots, puis m’en tend un. Je le prend et l’avale d’une traite sans réfléchir. Je vois ma meilleure amie se diriger vers la piste de danse mais étant donné mes piètres talents de danseuse je préfère m’abstenir et m’empare de la bouteille laissée sur une chaise à la place.


Après 4 ou 5 verres, je sors prendre l’air pour m’aérer un peu l’esprit car je ne me rappelais pas que l’alcool et moi ça faisait 2, même peut-être 3. Je m’avance donc vers la porte qui mène au jardin d’un pas peu assuré et mon verre à moitié rempli se renversant à chaque personne que j’esquive de justesse. Mais en sortant dans le jardin, je bouscule quelqu’un beaucoup trop violemment et perd l’équilibre. Je me ratatine par terre et peine à me relever.

Tout compte fait, j’aurais dû rester au sol car quand je me retourne en pensant avoir percuter un autre étudiant bien éméché et le vois là, à m’observer bizarrement, je faillis retomber aussitôt.


- Qu’est ce que tu fais là ? l’agressé-je, me sentant dessaouler rapidement.

- Je crois que ça se voit, je suis venu faire la fête comme à peu près tout le monde ici, même toi apparemment, répond-t-il sans bouger.

- Et c’est censé vouloir dire quoi « même toi » hein ?

- Que je ne pensais pas te voir ici ce soir, à vrai dire.

- Pourquoi ? le défié-je en m’approchant, je n’ai pas le profil de quelqu’un qui s’amuse peut-être ?

- Je n’ai pas dit ça, se défend-t-il. Mais avoue qu’au premier abord, on ne t’imagine pas trop dans cet état, ajoute-t-il tout en me regardant de haut en bas.

- Nan mais pour qui tu te prends au juste, à me faire une pseudo leçon de moral sur qui je suis ou pas ? Je peux être qui je veux et faire ce que je veux, Roman. Et je n’ai absolument pas besoin de ton approbation.

- Détend-toi Cassidy. Je suis juste étonné, rien de plus.

- C’est ça, et bah va te faire voir dans ce cas, dis-je en repartant vers l’intérieur.


Mais je n’ai pas le temps de faire deux pas que Roman m’attrape le poignet et me retourne face à lui. Il ne me lâche pas et me fixe droit dans les yeux avec un regard sévère que je ne lui connais pas. Il ne me laisse pas le temps de me dégager de son étreinte qu’il demande :

- Et tu comptes aller où comme ça exactement ?

- Je ne sais pas, certainement trouver une autre bouteille parce que tu vois celle-là est vide, dis-je en désignant la bouteille au sol.

Il rigole et me rapproche un peu plus de lui :

- Ça c’est hors de question. Tu as vu dans quel état tu es ? Je pense que tu as assez bu pour ce soir.

- Qu’est-ce que ça peut te faire à toi de toute manière ?

- Réfléchis ! Avec qui je me disputerais la première place au prochain examen si tu te retrouves ivre morte sur un trottoir ?

- Au moins tu aurais une chance de gagner, le provoqué-je.

- Mais c’est beaucoup plus drôle quand tu es juste derrière moi. Quand je peux voir cette tête que tu tires quand tu n’es pas la meilleure.

- Donc tu ne la vois jamais cette tête, on est d’accord ?

- Pourquoi ? me demande-t-il en haussant un sourcil.

- Parce que je gagne toujours, répondé-je en m’écartant avec empressement.

- C’est ce qu’on verra, déclare-t-il comme une promesse. En revanche, la fête est terminée pour toi. Allez viens !

- Non, je reste là. Je vais aller retrouver Esther.

- Non, je te raccompagne chez toi.

- Et puis quoi encore, tu t’es pris pour mon sauveur personnel ? Va te chercher une autre demoiselle à secourir ! Je n’ai pas besoin de toi !

- Arrête un peu de faire ta gamine et suis-moi ! Esther habite ici donc elle ne devrait pas avoir trop de mal à retrouver le chemin de sa chambre.

- Non ! Je ne bougerai pas !

- Pire qu’une gosse je te jure ! Si tu ne viens pas, je te porte ! Tu as 3 secondes !


Je ne fais aucun mouvement, attendant de voir s’il va exécuter sa menace et voyant qu’il ne bouge pas non plus, je commence à me retourner pour partir mais là, il m’attrape et me jette sur son épaule.

- Je t’avais prévenu ! Maintenant, tu rentres chez toi.

- Tu es vraiment un emmerdeur de première ! dis-je en le frappant pour qu’il me repose au sol.

Mais rien y fait, il ne me lâche pas jusqu’à ce que j’entende le bruit de sa voiture qui se déverrouille. Il me pose ensuite sur le siège passager et lance :

- Tu vois que tu peux être docile quand tu veux.

Je ne lui réponds rien mais lui fait mon plus beau doigt d’honneur avant qu’il ne claque la portière et s’installe ensuite côté conducteur, toujours avec son putain de sourire à la con.


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