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A la place des Vérités (2)
La place de vérité, le village fermé comme je l’imaginais enfant et à l’intérieur les meilleurs artistes que les Dieux nous ont donné : peintres, sculpteurs, maîtres d’œuvre, architectes, tailleurs de pierre, dessinateurs consacrent leur vie à glorifier les Dieux et à nous rendre éternels. J’ai hâte d’y aller, de découvrir ce monde qui m’est inconnu. Ces gens vivent de leur passion, ils donnent tout. Ils mènent la vie que je rêve en secret.
Nous devons partir en litière, en fin de journée. Evidemment, je suis placée derrière le cortège royal, avec mon frère à mes côtés. Comme à son habitude, il me presse contre lui et me rassure d’un sourire bienveillant.
Tout comme mes parents, il a toujours été très protecteur envers moi. J’étais une petite fille fragile, souvent affaiblie par la maladie, je n’étais pas comme eux et je n’y serai jamais. Eux, rêvent de leur avenir et ils peuvent le faire. Moi aussi, je rêve mais mon avenir est déjà tout tracé. Princesse d’Egypte, fille du grand Ramsès, je serai une princesse oisive avec un mari bien placé et je devrai lui faire une ribambelle d’enfants. L’aimerai-je ? Peut-être avec le temps, mais je ne l’aurai pas choisi car je ne peux choisir ma vie.
Je ferme les yeux, je demande pardon à la grande déesse pour mes sombres pensées.
—Encore en méditation, tu vas devenir prêtresse, non ?
Je soupire de mécontentement et lui éclate de rire, ce qui me fait sourire, évidemment.
—Nous sommes bientôt arrivés ! Reprend-il.
Je regarde l’horizon et au loin se profile les portes d’entrée du village. Je suis excitée et en même temps terrorisée.
Pourquoi père a-t-il voulu que je les suive dans ce voyage ?
Le connaissant, je sais qu’il y a un but précis mais lequel ?
Quelques minutes plus tard, les portes s’ouvrent pour notre passage. Nous sommes dans la place de vérité, dans le royaume de Maât.
Le village est entouré par une muraille longue et j’y repère des fortins, les gardiens de leur sécurité. Les petites maisons construites en briques crues et aux toits plats attirent mon attention. Elles ne sont pas très grandes et toutes identiques. C’est très propre et malgré l’enfermement, le village paraît être convivial. Notre convoi avance jusqu’au centre du village où un groupe d’une dizaine d’hommes et de femmes nous attendent. Ils s’inclinent dès que Pharaon pose le pied au sol. Puis une fois le couple royal descendu, c’est notre tour. Les regards se tournent vers nous et je me sens mal à l’aise. Nous rejoignons nos parents et un homme d’âge mûr s’adressent à nous :
—Bienvenue à vous, Seigneur des deux terres. Bienvenue à vous et à votre famille…
Il se met alors à genoux. Pharaon prend la parole sur un ton solennel :
—Relève toi, scribe Gébeb. Merci à toi de nous accueillir moi et ma famille.
Père lui tend sa main pour le relever puis ajoute :
—Laisse-moi te présenter, mon fils, celui qui sera amené à me succéder un jour, le prince Amonherkhépeshef et une princesse d’Egypte ; ma dernière fille : Merytamon.
Devant nous, cet homme incline sa tête en signe de respect. Nous lui répondons par la pareille. Puis Père lui demande :
—Où pouvons-nous nous rafraîchir, Gébeb ?
Il se retourne alors sur les autres personnes et exige qu’on nous mène dans notre logis pour la durée du séjour. Sans dire un mot, nous suivons.
Le couple royal sera logé dans la maison du scribe Gébeb, mon frère, dans une des petites maisons avoisinantes et quant à moi, une femme me mène dans une autre maison, située en face de celle de mon frère. Je prends sur moi mais je ne me sens pas à l’aise même si cette femme me paraît être gentille.
Elle m’ouvre la porte de sa maisonnée et là, je découvre une jolie pièce parfaitement décorée : des dessins au mur représentant la vie quotidienne et des meubles en bois sculpté.
—Bienvenue Princesse, mon modeste logis est le vôtre.
Elle s’incline, je lui demande tout en douceur :
—Merci de m’accueillir. Puis je vous demander votre nom, madame ?
—Je me nomme Bat, Princesse, excusez-moi, je manque à mes devoirs…
—N’ayez crainte, madame, vous ne manquez pas à vos devoirs, vous me faites l’honneur de vous accueillir dans votre demeure. Merci à vous…
—Princesse, c’est un plaisir !
Je lui souris pour la rassurer. Elle ajoute :
—Venez, je vais vous montrer votre chambre.
Je remarque bien vite que la maison est composée de trois pièces. Elle me donne donc sa chambre. Elle ouvre la porte et là, aussi, c’est tout aussi beau que la pièce à vivre. D’autres dessins ornent aussi la pièce. Un lit en bois doré y trône au centre, et des petites commodes agrémentent la pièce. Des odeurs d’encens se dégagent :
—J’ai purifié la pièce Princesse pour que vous vous sentiez comme chez vous. Je serai votre humble serviteuse pendant votre séjour…
—Où dormez-vous Bat ?
Elle semble embarrassée par ma question :
—Princesse, je… J’ai une natte, je dormirai dans l’autre pièce. Je serai à votre service, si vous avez besoin…
Je lui souris. Cela me gêne de savoir qu’elle dormira à même le sol, mais mon statut l’exige.
Respecter les représentants des Dieux sur Terre, c’est respecter la règle de Maât…
Donc…
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Karen | Hugo New Romance
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Il y a 5 ans
Karen | Hugo New Romance
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Nascana
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Rose Lb
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