Fyctia
2 Boulette de Papier
Reste les yeux ouvert Charlie !
Cela faisait deux heures que j’essayais tant bien que mal de lutter contre l’endormissement. Deux longues mais alors très longues heures. Avec ce foutu cauchemar de tsunami, moi je ne dormais plus. Cette nuit pour la deuxième nuit consécutive, j'avais bouquiné jusqu'à quatre heures du matin. Je ne trouvais pas le sommeil. Ce matin, ils avaient dénombré plus de 20 000 décès. Et ils n’avaient pas encore trouvé tous les corps. Ils pouvaient encore en retrouver plusieurs centaines.
Ça me donnait envie de vomir.
Mon professeur, monsieur Bourbier en bas de l’amphithéâtre, m’envoyait de temps en temps un regard suspicieux au dessus de ses lunettes tombantes. Si ce cours de théorie sur la renaissance ne finissait pas très vite, j’allais me tirer une balle. Oui je donnerais beaucoup pour dormir.
Le cours était très intéressant mais le professeur était d’un ennui mortel. J’avais toujours pensé qu’un bon orateur pouvait retenir l’attention d’un public sur n’importe quelle merde mais même le meilleur des cours pouvait être abrutissant avec ce professeur-là.
Soudain une boulette en papier atterrit sur ma table.
Deux rangs plus haut, Mélissandre me sourit.
-"On mange ensemble ce midi ?” me demanda le papier.
Je hochai la tête en direction de sa propriétaire.
Mélissandre était ma seule amie ici. Je n’étais pas très sociable de base car je craignais que les gens me trouvent bizarre mais avec elle, je m’étais sentie en confiance. Mélissandre était le parfait exemple du mot étrange, tout comme moi. En effet, qui mangeait des pâtes crues ou mettait deux rouge à lèvres d’une couleur totalement différente sur cette terre ? Personne. Même physiquement, elle était atypique. Les cheveux courts sur les côtés, sa crête bleue faisait fureur, tout comme les multiples piercing qu’elle abordait. C’est pourquoi lorsque elle avait blagué après m’avoir vu tomber dans les pommes, je l’avais gardé sous le coude. Les gens avaient tendance à me fuir mais pas elle. Ou peut-être que c’était moi qui les faisaient fuir ?
Allez savoir.
En sortant, elle me raconta sa folle soirée du weekend. Contrairement à moi, elle au moins, s’était éclatée. Elle avait dansé en boite toute la nuit avant de finir ivre, dans les bras d’un mec. Personnellement c’était le genre de soirée que je ne pouvais pas me permettre de faire. Lorsque j’avais bu, il se passait des choses incontrôlables… enfin plus qu’à mon habitude. Je savais pertinemment que c’était moi qui les provoquais mais de quelle manière, ça, je n’en avais aucune idée. Après qu’un lampadaire dans la rue s’était effondré sur la tête d’une personne lors d’un soir de beuverie, j’avais compris que l’alcool et les drogues c’étaient niet. Parfois, je m’autorisais à sortir, mais jamais très longtemps car être totalement sobre en compagnie de gens complètement bourrés, n’était pas ma tasse de thé. Je me sentais complètement extérieure aux gens, ce qui ne changeait pas dans la vrai vie.
- Dis Charlie, tu crois que Grégoire va me rappeler ? me demanda-t-elle en triturant ses multiples colliers devant sa salade à peine entamée.
- Bien sûr qu’il va le faire. Et s’il ne le fait pas, c’est un sacré salaud en plus d’un idiot. Il passera à côté d'une super nana.
- Suce-boules, me lança-t-elle un sourire aux lèvres.
Je haussai les épaules. C’était ce que je pensais, même si madame avait du mal à accepter les compliments.
- Et toi alors avec le beau Zakaria ?
J’avalai de travers mon eau.
En toussant, j’essayai de trouver une réponse qui ne faisait pas trop pitié. Zakaria était un garçon de notre promo et j’avais eu le malheur de dire à Mél qu’il était plutôt mignon.
Grave erreur !
A présent, elle essayait de nous caser ensemble. C’était clairement impossible je le savais bien. Encore et toujours à cause des visions et des choses qui bougeaient autour de moi.
- Et bien. On peut dire que… que ça avance. Ce matin il m’a parlé.
- Oh super ! Qu’est-ce qu’il a dit ? m'interrogea-t-elle les yeux pétillants.
- Bonjour.
Devant sa mine déconfite, je fus prise d’un fou-rire monumental.
A ce moment, mon téléphone sonna et je décrochai en essayant de me calmer.
- Bonjour maman.
- Bonjour mon poussin.
Toujours le même surnom, ce qu’elle pouvait être agaçante.
- Bonjour ma chérie, résonna en arrière-plan la voix de mon père.
- Comment vas-tu ? Et la fac ? Tu viens nous voir ce weekend ? Ton père a acheté un barbecue en promo hier et il voudrait l’expérimenter.
- Je vais bien et la fac ça va. C’est du boulot mais je m’en sors. C’est d’accord. Samedi midi ?
- Parfait mon poussin. Si Mélissandre veut venir elle peut. Qu’elle n’hésite pas surtout. Pourrais-tu me prêter la jolie robe verte que tu as s’il te plait ? Avec ton père nous avons un dîner avec ses collègues du chantier la semaine prochaine.
- Je te l’apporte samedi. Maman, je te laisse je mange avec Mél là. Je te dis à plus tard ?
-D’accord à plus tard. Bisous.
-Bisous ! hurla la voix de mon père.
Je raccrochai en riant sous le regard amusé de Mélissandre.
-Alors comment vont Suzanne et Lucien ?
-Bien. Si tu veux venir manger samedi midi avec moi tu es la bienvenue. Mon père a acheté un barbecue, soulignai-je en levant les yeux au ciel.
-En plein mois de février ?
-Il était en promo. C’est mes parents, ne te poses pas de questions.
Nous finîmes de manger et nous nous rendîmes aux autres cours de la journée.
Une fois ma journée finie, j’allais rentrer et me poser dans le canapé sous un plaid tout doux.
Oh oui j’en bavais d’avance.
15 commentaires
Pierrette Mattei
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Il y a 5 ans
Sam Laurent
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Il y a 5 ans
Ma0rie
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Rachou23
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