Mauranne BP On both sides Chapitre 41 (2/2)

Chapitre 41 (2/2)

Des pneus crissent à l’angle de la rue. Des phares nous éblouissent. Elle est là. Elle est enfin arrivée. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Ma mère se gare devant notre maison. Élie ouvre la portière passager et se précipite sur moi. Sans réfléchir, elle se jette dans mes bras. Un cri de douleur déchire le silence de la nuit quand je prends appui sur ma cheville cassée pour amortir le poids de son corps.


— Ça va ?


L’inquiétude dans la voix de Swann m’arrache une grimace.


— Merde, désolée, souffle ma meilleure amie avant de me lâcher.


Ma mère se poste, torse bombé, devant le père de mon charmant voisin, qui n’a pas bougé. Il a les mains posées sur ses hanches grassouillettes. Je ne sais plus où donner de la tête. J’ai envie de creuser un trou assez grand pour m’y enterrer et ne plus jamais en sortir.


— Vous importunez mon fils, monsieur Castel ?


Le père de Swann fait un pas en avant.


— Je lui disais d’arrêter d’influencer mon fils, grogne-t-il.


Ma meilleure amie chuchote à mon oreille :


— J’arrive au bon moment, on dirait.


J’accroche le regard affolé de Swann. Il a les mains enfoncées dans son sweat noir, incapable de savoir quelle attitude adopter.


— D’influencer votre fils ? ricane ma mère. C’est quoi, ces conneries ? Alix ?


— Je… je n’ai rien fait, balbutié-je.


— Vous voyez ? Mon fils ne fait rien de mal. C’est quoi, votre problème ?


Le père de Swann s’avance encore jusqu’à coller son index sur le manteau de ma mère.


— Mon problème, crache-t-il, c’est vous. Mon fils n’a rien à faire dehors à cette heure. Je sais qu’il passe son temps chez vous. Pourtant, il sait qu’il doit rentrer directement après les cours. Alors faites-moi une faveur madame, dit-il d’un ton dédaigneux, et laissez mon garçon tranquille.


Son doigt fait des allers-retours pour s’écraser encore et encore contre le tissu du manteau de ma mère. L’aura négative qui se dégage d’elle n’augure rien de bon. Swann se dandine d’un pied sur l’autre, anxieux. Si j’avais un père comme le sien, je ne dirais rien non plus. Car qui sait ce qui l’attendait une fois à l’abri des regards. J’ai peur de ce que ma mère pourrait provoquer comme réactions chez cet homme. Élie est plaquée contre moi, ses doigts glissés dans les miens, silencieuse. On retient tous notre souffle, attendant que la situation dégénère une bonne fois pour toutes.

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