Mauranne BP On both sides Chapitre 21

Chapitre 21

Il me fallut bien cinq minutes pour descendre ces escaliers de l’enfer. Je marchai lentement vers la porte d’entrée pour ne pas tomber. Swann attendait déjà sur le pallier quand je parvins à tourner la poignée.


— Salut, toi, souffla-t-il.


Ses cheveux étaient détachés et sentaient bon le shampoing. Je me décalai pour le laisser entrer. Il portait un pull tout doux. Je mourrais d’envie de le câliner. Il se dirigea instinctivement vers le salon.


— Tu devrais enlever tes chaussures si tu veux remettre les pieds ici, gloussai-je.

Il étouffa un rire et les déposa dans l’entrée. Je lui fis signe de me suivre jusqu’au canapé. Je me laissai tomber dessus et surélevai ma jambe sur ordre du médecin. Swann s’assit à côté de moi, ses cours posés sur ses genoux. Il avait l’air mal à l’aise, ce qui le rendait encore plus craquant.


— Tu m’as manqué, aujourd’hui, finit-il par lâcher.


J’enfonçai ma capuche sur ma tête pour masquer le rouge de mes joues.


— Toi aussi, tu m’as manqué, balbutiai-je.


Swann se dandina avant d’attraper ma main posée sur ma cuisse. Le contact de sa peau sur la mienne m’électrisa.


— Tu n’as pas trop mal ? me demanda-t-il.


— Si, admis-je. Mais il n’y a pas grand chose que je puisse faire, à part attendre et prendre des anti-douleurs, soupirai-je.


— Il faut vraiment que tu fasses plus attention, couina-t-il. Je n’aime pas savoir que tu t’es fait mal par ma faute.


— Dixit le gars qui a dormi la fenêtre grande ouverte, le bras dans le vide, le grondai-je. Tu es mal placé pour me faire la leçon. Tu aurais pu te tuer.


Je me tournai vers lui pour le défier du regard. Ses grands yeux bleus accrochèrent les miens instantanément. J’étais fait comme un rat. Je déglutis.


— Tu as raison, admit-il tout en caressant ma main de son pouce. C’était inconscient et stupide. Je ne le referai plus, c’est promis.


— Comme tu as promis de ne pas t’endormir devant le Roi Lion ? surenchéris-je.


Swann grimaça.


— Je suis désolé pour ça aussi.


— Tu t’excuses beaucoup trop, le grondai-je et il me gratifia d’une moue triste.


— Désolé.


— Arrête ça, m’agaçai-je.


— Désolé…


— Arrête ! m’écriai-je avant de me redresser pour le chatouiller.


— Non, pas ça ! cria-t-il avant de se débattre. Je déteste les chatouilles, couina-t-il.


— C’est ton châtiment, ricanai-je. Pour ta trahison. Trahison ! Disgrâce !


— L’esprit du mal est marqué sur ma trace, articula-t-il entre deux étranglements.


Son menton cogna contre mon front. Swann s’excusa pour la millième fois. Il posa ses cours au pied du canapé et plia sa jambe contre lui avant de se tourner vers moi. Il passa son bras dans le bas de mon dos pour me coller à lui. Déstabilisé, je perdis l’équilibre et plaquai ma main sur son torse. Son coeur battait tellement vite. J’avais l’impression qu’il allait exploser. Mes yeux plongèrent dans le bleu des siens avant de descendre se perdre sur ses lèvres entrouvertes.


Son souffle chaud chatouillait mes narines. Il sentait le chocolat. Swann étendit ses jambes sous mon corps, et je me retrouvai allongé sur lui, bouillant. Je jetai mon visage dans le creux de son cou, gêné par toutes les sensations que son corps provoquait sur le mien. Il tira sur ma capuche et passa sa main dans mes cheveux. C’était tellement agréable, tellement réconfortant. Je me sentais en sécurité, dans ses bras. Swann avait ce pouvoir-là.


— J’ai l’impression de rêver, souffla-t-il. Tu es sûr que tu es bien réel ?


Je hochai la tête, incapable de répondre quoi que soit. Mon coeur tambourinait jusque dans mes oreilles. C’était trop beau pour être vrai. Comment un garçon comme lui pouvait s’intéresser à moi ? Alors qu’on se connaissait depuis quoi… même pas un mois ?


Ses doigts jouaient avec mes boucles blondes. Je me laissai aller contre lui. J’avais sommeil, la journée avait été tellement épuisante. Swann attrapa le plaid que ma mère laissait toujours replié sur le dossier du canapé et le posa sur moi. Je me droguais à son odeur, la tête posée sur son pull tout doux, les yeux fermés.


— Tu comptes beaucoup pour moi, avouai-je, à demi endormi.


Swann resserra davantage son étreinte et m’embrassa sur le front.


— Tu comptes beaucoup pour moi aussi, répondit-il. Je ne pensais pas que je trouverais quelqu’un comme toi un jour. Je sais qu’on vient de se rencontrer, ajouta-t-il, mais j’ai l’impression de te connaître depuis des années.


Je frissonnai. On se connaissait depuis des années. Même si lui n’en avait pas la moindre idée. La culpabilité m’étreignit, mais je me fis violence pour la chasser de mon esprit. Je ne voulais pas gâcher le moment avec mes états d’âme encore une fois. Je me redressai sur mes coudes malgré la fatigue qui m’étreignait. Je voulais le regarder encore un peu. Juste un peu. Avant qu’il soit obligé de s’enfuir pour retrouver la froideur de son foyer. Quelque part, j’étais soulagé d’être seul avec ma mère. Même si l’amour de mon père me manquait, et m’avait forcé à grandir bancal. Au moins, ma mère ne me jugeait pas. Elle m’acceptait tel que j’étais, et m’encourageait.


— Où est-ce que tu es parti ? souffla Swann.


— Quoi ?


— Tu avais l’air d’être parti beaucoup trop loin de moi.


— Je suis juste là, répondis-je, les joues brûlantes.


Mes yeux glissèrent sur ses lèvres pincées. Je me surpris à mordiller les miennes et à espérer qu’il m’embrasse. Tout mon corps le réclamait. Il glissa ses doigts dans mes cheveux. Je me sentais électrisé.


— Je… je peux t’embrasser ? articula-t-il, le souffle court.


— S’il te plait, le suppliai-je presque.


Swann étouffa un rire gêné avant de coller ses lèvres aux miennes. Mon ventre s’emplit d’un millier de papillons. Je me collai encore davantage à son corps, au supplice. Mes mains emprisonnèrent son visage. J’en oubliai tous mes soucis, le poids de mon corps sur le sien, mon binder, la douleur de ma cheville blessée. Toutes mes pensées convergeaient vers une seule et unique chose : mon désir pour lui. Comment est-ce que je pouvais avoir tout ce désir en moi ? Je n’en avais jamais eu conscience jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à Swann.


Mes doigts s’emmêlèrent autour de ses cheveux noirs et bleus et il étouffa un gémissement. Swann se redressa, son bras bloquant toujours mon bassin contre lui et m’embrassa avec plus d’insistance. Sa langue chatouilla ma lèvre inférieure. J’avais tellement chaud. Je me consumais de l’intérieur. J’entrouvris les lèvres pour laisser sa langue entrer, mes doigts toujours agrippés à ses cheveux longs. Ses doigts fins faisaient pression dans le bas de mon dos, m’invitant à faire des va-et-vient contre son corps bouillant. J’avais l’impression de devenir complètement dingue. J’étais dingue de ce garçon. Et c’était effrayant. Swann mordilla ma lèvre inférieure. Un gémissement étouffé passa la barrière de mes lèvres et je me sentis rougir encore un peu plus.


— Alix… souffla-t-il tout en m’embrassant encore et encore.


— Oui ? soufflai-je à mon tour.


— Je crois que… je crois que je…

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22 commentaires

ooorianem

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Il y a 2 ans

A jour chez toi ! N'hésite pas à passer sur mon dernier chapitre pour me filer un coup de patte si tu en a le temps :)

La Plume d'Ellen

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Il y a 2 ans

Chaud, bouillant... ❤️‍🔥❤️‍🔥❤️‍🔥

Lucile Jones

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Il y a 2 ans

Ils sont vraiment très mignons ❤️❤️❤️

Lyaure

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Il y a 2 ans

Euh... Mauranne ? Tu plaisantes là ? Tu finis pas un chapitre comme ça, c'est une blague !? AHHHH !!! Mais c'est horrible !! Même moi qui aime laisser du suspens à la fin de mes chapitres je n'ai jamais JAMAIS osé faire ça ! mdrrrr Rah c'est affreux. Bon sinon, elle est trop bien cette scène. J'adore qu'Alix arrive à se laisser aller. Et en même temps j'ai tellement la boule au ventre pour le moment où Swann va tout comprendre. J'ai tellement déjà entendu des réactions à la con autour de moi sur ce genre de sujet que bon... Après je me doute de la sensibilité et de la gentillesse de Swann, mais quand même quoi. Bien. J'imagine que même si je le demande trèèèèèèès gentiment, tu vas pas nous dire là tout de suite ce que Swann va dire ? "Je crois que je t'aime" ? "Je crois que j'ai envie de toi" ? "Je crois que je vais jouir" ? "Je crois que je dois te parler d'abord" ? "Je crois que je ne peux pas aller plus loin avant de te dire que je sais qui tu es" ? @____@ mdrr

Patricia Eckert Eschenbrenner

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Il y a 2 ans

Coup de pouce! Si tu as l'occasion de passer sur mon histoire ce serait super gentil 😊
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