Fyctia
Prologue
Tout finit afin que tout recommence, tout meurt afin que tout revive.
Samedi 24 décembre, 23h55.
Le temps est comme suspendu. Il règne une ambiance froide et sombre, tout est si silencieux. L’impression d’être entre deux mondes. Romane est assise à bord de cet avion à destination de Tokyo, seule en ce jour de réveillon de Noël. Sa famille et ses amis avaient bien essayé de la retenir :
- Restes avec nous ! Tu partiras après les fêtes, il n’y a pas d’urgence, lui avait dit sa mère.
Si justement, il y avait urgence. Cette vie, ou plutôt cette survie ne pouvait plus durer. Les choses devaient changer, elle devait partir. C’est ainsi qu’une semaine plus tôt, Romane avait finalement avancé son départ, ne s’imaginant pas passer ces fêtes comme si rien ne s’était passé.
Comment est-ce possible ? Elle qui un an auparavant avait la vie dont elle avait toujours rêvée : un job dans lequel elle s’épanouissait, un amoureux, son amoureux depuis toujours, des rêves pleins la tête, des projets à n'en plus finir... Elle se souvient de ce mardi 24 décembre, lorsque les 12 coups de minuit avaient sonné. Cette demande si attendue, si espérée et pourtant si surprenante. Les images reviennent, défilent, les émotions resurgissent et une larme s'échappe, ruisselant doucement le long de sa joue. Comment les choses avaient-elles pu si mal tourner pour qu’elle se retrouve seule dans cet avion à destination d’une ville dont elle ne connaissait rien... Tout s’était arrêté si brutalement ce matin de printemps.
Dimanche 25 décembre, 9h15.
L’avion touche le tarmac et ralentit sèchement. Le silence.
Le silence avant l’agitation. L’avion n’est pas encore parqué, que tous les passagers s’agitent déjà : se lever, récupérer ses bagages, être le premier. D’où vient cette lubie de vouloir toujours être le premier à sortir de l’avion ? Pourquoi sortir le premier alors que tous se retrouveront devant le carrousel à bagage à attendre avec angoisse de voir apparaître leur valise ?
10h52.
Romane sort de l’aéroport. Le ciel est dégagé et le soleil brille en ce matin de Noël. Il lui rappelle les matins où à peine réveillée, il la tirait du lit pour aller courir. Qu’est-ce qu’elle détestait aller courir ! C’était son truc à lui. Elle, elle préférait profiter d’un peu plus de sommeil. Pourtant cet air frais qui remplissait ses poumons, ce soleil qui réchauffait son visage, cette chaleur qui la consumait, ces moments passés ensemble, rien n’avait d’égal. Aujourd’hui ce soleil ne la réchauffait plus, cet air frais peinait à remplir ses poumons, trouvant difficilement son souffle depuis qu’il n’était plus là.
L’air semble si différent ici. La sensation de pouvoir fermer les yeux et dire avec certitude qu'on n'est pas chez soi. Romane prit tout à coup conscience de la distance et un sentiment d'angoisse l'envahit subitement.
Pourquoi suis-je là ? où vais-je ? par où commencer ? Autant de questions qui lui trottaient dans la tête, elle, qui n’aurait jamais pensé venir seule un jour à Tokyo, était perdue, face à elle-même. C’était son rêve, le rêve de Thomas. Et elle était là sans lui. Tout quitter pour tout recommencer loin, loin de son odeur, de son reflet, de son ombre. Elle était partie pour le fuir et pourtant, une fois arrivée, son absence ne fut jamais aussi lourde qu’aujourd’hui.
Et puis, surgit ce parfum… Oui ce parfum ! Elle sentit ce parfum. Un parfum qu’elle ne saurait décrire. Il lui était étranger et pourtant tellement familier, comment était-ce possible... Elle chercha du regard d’où il pouvait venir, mais déjà il s’évanouit.
Un taxi arriva, Romane monta et elle s’engouffra dans le tumulte de cette ville où tout recommencera.
11 commentaires
Carazachiel
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Il y a 2 ans
Célia Blomgren
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Il y a 2 ans
Isabel Miller
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Il y a 2 ans
Aziliz Bargedenn (Melocoton)
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Il y a 2 ans
Isabel Miller
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Il y a 2 ans
Aziliz Bargedenn (Melocoton)
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Il y a 2 ans
Peggy Sauthieux-Fauquette | auteure🪶
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Il y a 2 ans
Isabel Miller
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Il y a 2 ans
Peggy Sauthieux-Fauquette | auteure🪶
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Il y a 2 ans