Isabel Miller Ne t'oublie pas... Prologue

Prologue

Tout finit afin que tout recommence, tout meurt afin que tout revive.






Samedi 24 décembre, 23h55.

Le temps est comme suspendu. Il règne une ambiance froide et sombre, tout est si silencieux. L’impression d’être entre deux mondes. Romane est assise à bord de cet avion à destination de Tokyo, seule en ce jour de réveillon de Noël. Sa famille et ses amis avaient bien essayé de la retenir :

- Restes avec nous ! Tu partiras après les fêtes, il n’y a pas d’urgence, lui avait dit sa mère.

Si justement, il y avait urgence. Cette vie, ou plutôt cette survie ne pouvait plus durer. Les choses devaient changer, elle devait partir. C’est ainsi qu’une semaine plus tôt, Romane avait finalement avancé son départ, ne s’imaginant pas passer ces fêtes comme si rien ne s’était passé.

Comment est-ce possible ? Elle qui un an auparavant avait la vie dont elle avait toujours rêvée : un job dans lequel elle s’épanouissait, un amoureux, son amoureux depuis toujours, des rêves pleins la tête, des projets à n'en plus finir... Elle se souvient de ce mardi 24 décembre, lorsque les 12 coups de minuit avaient sonné. Cette demande si attendue, si espérée et pourtant si surprenante. Les images reviennent, défilent, les émotions resurgissent et une larme s'échappe, ruisselant doucement le long de sa joue. Comment les choses avaient-elles pu si mal tourner pour qu’elle se retrouve seule dans cet avion à destination d’une ville dont elle ne connaissait rien... Tout s’était arrêté si brutalement ce matin de printemps.


Dimanche 25 décembre, 9h15.

L’avion touche le tarmac et ralentit sèchement. Le silence.

Le silence avant l’agitation. L’avion n’est pas encore parqué, que tous les passagers s’agitent déjà : se lever, récupérer ses bagages, être le premier. D’où vient cette lubie de vouloir toujours être le premier à sortir de l’avion ? Pourquoi sortir le premier alors que tous se retrouveront devant le carrousel à bagage à attendre avec angoisse de voir apparaître leur valise ?


10h52.

Romane sort de l’aéroport. Le ciel est dégagé et le soleil brille en ce matin de Noël. Il lui rappelle les matins où à peine réveillée, il la tirait du lit pour aller courir. Qu’est-ce qu’elle détestait aller courir ! C’était son truc à lui. Elle, elle préférait profiter d’un peu plus de sommeil. Pourtant cet air frais qui remplissait ses poumons, ce soleil qui réchauffait son visage, cette chaleur qui la consumait, ces moments passés ensemble, rien n’avait d’égal. Aujourd’hui ce soleil ne la réchauffait plus, cet air frais peinait à remplir ses poumons, trouvant difficilement son souffle depuis qu’il n’était plus là.

L’air semble si différent ici. La sensation de pouvoir fermer les yeux et dire avec certitude qu'on n'est pas chez soi. Romane prit tout à coup conscience de la distance et un sentiment d'angoisse l'envahit subitement.

Pourquoi suis-je là ? où vais-je ? par où commencer ? Autant de questions qui lui trottaient dans la tête, elle, qui n’aurait jamais pensé venir seule un jour à Tokyo, était perdue, face à elle-même. C’était son rêve, le rêve de Thomas. Et elle était là sans lui. Tout quitter pour tout recommencer loin, loin de son odeur, de son reflet, de son ombre. Elle était partie pour le fuir et pourtant, une fois arrivée, son absence ne fut jamais aussi lourde qu’aujourd’hui.

Et puis, surgit ce parfum… Oui ce parfum ! Elle sentit ce parfum. Un parfum qu’elle ne saurait décrire. Il lui était étranger et pourtant tellement familier, comment était-ce possible... Elle chercha du regard d’où il pouvait venir, mais déjà il s’évanouit.

Un taxi arriva, Romane monta et elle s’engouffra dans le tumulte de cette ville où tout recommencera.



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11

11 commentaires

Carazachiel

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Il y a 2 ans

Eh bien, c'est un nouveau départ qui va la changer, c'est le moins qu'on puisse dire !

Célia Blomgren

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Il y a 2 ans

hello double coup de pouce pour ton début très prenant, n’hésite pas à passer me lire :)

Isabel Miller

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Il y a 2 ans

Hi, merci beaucoup pour ton encouragement. Je passerai te lire avec plaisir !

Aziliz Bargedenn (Melocoton)

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Il y a 2 ans

Je suis venue t'encourager. L'accroche était parfaite. Le prologue me plait bien. Il y a juste de nombreux problèmes de temps. Pour la suite, contente-toi du présent. Si un fait est au passé, utilise la passé-composé ou l'imparfait. Je te montre : Aujourd’hui ce soleil ne la réchauffe plus, cet air frais peine à remplir ses poumons, trouvant difficilement son souffle depuis qu’il n’est plus là. L’air semble si différent ici. La sensation de pouvoir fermer les yeux et dire avec certitude qu'on n'est pas chez soi. Romane prend tout à coup conscience de la distance et un sentiment d'angoisse l'envahit subitement. Pourquoi suis-je là ? Où vais-je ? Par où commencer ? Autant de questions qui lui trottent dans la tête, elle, qui n’aurait jamais pensé venir seule un jour à Tokyo, est perdue, face à elle-même. C’était son rêve, le rêve de Thomas. Et elle est là sans lui. Tout quitter pour tout recommencer loin, loin de son odeur, de son reflet, de son ombre. Elle était partie pour le fuir et pourtant, une fois arrivée, son absence n'est jamais aussi lourde qu’aujourd’hui. Et puis, surgit ce parfum… Oui ce parfum ! Elle sent ce parfum. Un parfum qu’elle ne saurait décrire. Il lui est étranger et pourtant tellement familier, comment est-ce possible... Elle cherche du regard d’où il peut venir, mais déjà il s’évanouit. Un taxi arrive, Romane monte et elle s’engouffre dans le tumulte de cette ville où tout recommencera.

Isabel Miller

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Il y a 2 ans

Merci beaucoup. Les accords de temps... je vais me faire relire pour le premier chapitre. En effet, tu as raison, je vais privilégier le présent, ça rend l'histoire plus dynamique également.

Aziliz Bargedenn (Melocoton)

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Il y a 2 ans

Je me suis relue : "son absence n'a jamais été aussi lourde" Pour la romance, Hugo Roman ne publie que des textes écrits au présent et à la première personne. IL y a un article quelque part dans le blog...

Peggy Sauthieux-Fauquette | auteure🪶

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Il y a 2 ans

Le prologue met le lecteur en appétit. C’est donc réussi pour moi ! J'ai envie de découvrir la suite. Il y a quelques phrases à la fin qui accrochent mon oreille mais c'est purement une question de sensibilité personnelle. Je te partage un outil/truc que j'utilise depuis peu : LA LECTURE À VOIX HAUTE. Sur mon Word, dans l'onglet "Révision", il y a une fonction vocale "Lecture à voix haute". Mon casque sur les oreilles, je réécoute mes écrits lus par une voix qui n'est pas la mienne. Souvent, j'y entends des sonorités de phrases qui ne me plaisent pas. Perso, ça me permet de corriger certaines choses avant publication. Tu connais peut-être déjà ou l'utilise aussi...? À très vite !

Isabel Miller

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Il y a 2 ans

Merci beaucoup pour ce retour et tes remarques. J'ai revu les quelques coquilles. Je ne connais pas du tout cette fonction vocale. Mais en effet, je vais probablement me faire une relecture à voix haute, pour entendre comment les phrases sonnent. Merci encore

Peggy Sauthieux-Fauquette | auteure🪶

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Il y a 2 ans

Bonjour, J'ai adoré ta préface. J'aime ce qui est court et percutant. Bravo à toi👏🏻. Juste un petit bémol : il y a deux erreurs de frappe : la première, ligne 3, à "âme-sœur" et la seconde, ligne 4, à "À". J'en ai laissé quelques-unes également sur mes écrits (Héllébore-moi ! Concours New Romance) et ça me rend dingue de ne pas les avoir relevés. Mais, nous pouvons toujours corriger notre saisie perso 😉. N'hésite pas à me laisser tes impressions également. J'en manque cruellement. C'est constructif et nécessaire pour progresser⬆️.
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