Fyctia
CHAPITRE 1 - ALEC
Bip Bip Bip
La sonnerie de mon téléphone me réveille en sursaut. Je fronce le nez à l'odeur de la pièce. Il faudra que j'aère, pensais-je. Je ne pus me rester dans mes pensées plus longtemps que mon portable sonna de nouveau. Qui peut bien m'appeler à cette heure-ci ? Me demandais-je en attrapant l'objet de mon réveil. Lorsque je lis le nom de la personne responsable de mon malheur, je pousse un soupir.
Chris est mon meilleur ami depuis qu'on est tout petit. D'aussi loin que mes souvenirs remontent, il était là. Il est un peu fou et collant, mais on peut toujours compter sur lui. Plus d'une fois, il m'a sorti de la misère. Je ne compte même plus.
Je finis par décrocher lorsqu'il me rappelle pour la troisième fois de la mâtiné tout juste entamée.
_ Qu'est-ce que tu veux Chris ? Je demande.
_ Mec, t'as pas vu l'heure ? T'es en retard !
_ Quoi ? Mais qu'est-ce que tu me racontes ? On est encore en congé !
_ Oui, moi aussi j'aimerai bien, mais malheureusement on ne l'est pas. Me répond ce dernier.
_ Merde ! C'est bon, j'arrive. Merci d'avoir prévenu.
Je raccroche sans même attendre sa réponse. En me laissant tomber sur le dos, les souvenirs de la veille me reviennent en mémoire. Je frotte mon visage avec mes mains en repensant à quel point j'ai dit n'importe quoi.
" Vous êtes de mauvais parents de toute façon ! "
" Vous ne comprenez rien ! "
" Laissez-moi ! "
Qu'est-ce que je regrette mes paroles. Mes parents sont certainement les meilleurs parents qui puissent exister. Je ne sais pas comment ils font pour me supporter. Je me renferme et les repousse dès que je ne vais pas bien. J'ai toujours refusé leur aide. Je laisse leurs mains tendues devant moi pendre dans le vide. Je ne les attrape jamais. Je ne veux pas. Je ne peux pas. Je dois me montrer fort, mais je n'arrive qu'à faire des catastrophes. Toute ma vie est devenue un champ de bataille. Une ville en ruine. Le seul endroit qui soit toujours sur pied, c'est le terrain de football. Il échappe aux destructions que causent les batailles. Un petit coin de paradis dans l'obscurité de mes pensées.
Je joue au football depuis que j'ai l'âge d'y jouer. Au début, mes parents voulaient simplement que je fasse une activité physique, mais c'est devenue ma passion. Lorsque je joue, je ne pense à rien d'autre que le match dans lequel je dois assurer. L'échec n'est pas une option chez moi. Ça, Chris le sait très bien. Il l'a compris le jour où je lui ai annoncé que je voulais participer aux sélections de l'équipe de foot au collège. Je me suis entraîné très dur pendant des semaines et des semaines pour être le meilleur. Je ne me suis pas raté. Je n'étais pas le capitaine de l'équipe, mais j'étais très respecté. Je réussissais à marquer au moins un but par match. Quand notre capitaine est parti, notre entraîneur m'a directement donné son rôle. Depuis, je n'ai jamais quitté ma place. Maintenant, je suis en troisième année de lycée dans un établissement sportif et j'emmène chaque année mon équipe en finale. Je suis également inscrit sur les listes fédérales. Un de mes rêves qui s'est réalisé l'année dernière. Une chance pour moi qu'une grande université me repère et m'offre une bourse.
Lorsque j'arrive au lycée quinze minutes après, je rejoins directement mon groupe d'amis. Chris, Matt, Laureen et moi formons le groupe le plus populaire du lycée. Il faut dire qu'entre moi, capitaine de l'équipe masculine du lycée, et Laureen capitaine de l'équipe féminine, nous sommes à nous deux la popularité incarnée. Aucun de nous n'a cherché à l'être, pourtant, notre niveau sur le terrain nous suit à la trace. Je ne me plains pas, bien au contraire. Je n'ai peut-être pas eu la chance de choisir mon statut social, mais je l'aime malgré tout. Cela ne m'empêche pas d'être moi-même, ni d'avoir de bonnes notes en cours.
Lors de notre rentrée en première année, avec le groupe nous avons fait un pacte. Quoi qu'il arrive, nous restons nous-même. Interdiction de changer, ni de se séparer.
Pour l'instant, aucun de nous n'a brisé le pacte. Il nous tient tous à cœur. Aucun de nous ne veut briser notre belle amitié. Elle est aussi précieuse que notre sport. Presqu'aussi précieuse que notre vie. Si l'un d'entre nous venait à mourir, je ne sais pas ce qu'on deviendra. Nous sommes tellement soudés les uns aux autres que nous sombrions tous. Le défunt nous entraînerait dans sa chute.
Ils ont été là quand ça n'allait plus. Ils sont toujours là quand j'ai besoin qu'on me remonte le moral, comme je suis toujours là quand ils ont besoin de moi.
_ Eh mec, t'es enfin là ! Me sortit Chris de mes pensées.
_ Ouais, désolé. J'avais oublié de mettre mon réveil. Je lui réponds.
_ Ca va ? Me demande Laureen.
_ Oui, très bien. Pourquoi ?
_ T'as l'air fatigué.
_ Toi, t'as la gueule de bois. Me dit Matt en rigolant.
Je le suis dans son fou rire. Il est vrai qu'hier après l'énième dispute avec mes parents, je me suis enfilé plusieurs bières d'affilées. Je ne saurai dire le nombre tellement il y en a eu. J'aurai pu terminer en coma éthylique si je ne mettais pas endormis avant.
_ Le coach ne sera pas content s'il savait ça. Me lance Chris sérieux.
_ Je sais, c'est pour ça qu'il ne doit pas le savoir. Je peux compter sur vous ?
_ Bien sûr. Me répondirent-ils en cœur.
Je hoche la tête reconnaissant.
D'un seul coup, je vis les yeux de Matt s'arrondir en regardant derrière moi.
_ Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu fais cette tête ? Je lui demande.
_ On dirait bien qu'il y a une nouvelle. Me répond-il simplement avant de m'inciter à regarder dans sa direction.
Une magnifique jeune femme s'avança d'un pas assuré vers l'entrée de l'établissement. Veste en cuir, talons, chemisier au décolleté qui en ferait tomber plus d'uns. Une chose est certaine, cette fille a mis le paquet pour son premier jour. Lorsqu'elle tourne la tête vers nous, je la reconnu instantanément. Je lui souris, sourire qu'elle me rend presque immédiatement.
_ Tu l'as connaît ? Me demande Chris qui n'a pas raté un seul instant de la scène qui vient de se dérouler.
_ Elle vient d'emménager chez Jordan. Je réponds.
_ Le gas en face de chez toi ? Me demande Matt.
_ Oui.
_ Trop bien ! Tu penses que tu peux nous présenter ? J'aimerais bien l'avoir dans mon lit. Continue-t-il.
_ Hors de question ! Jordan va m'en vouloir après. Je lui dis durement.
_ T'es pas drôle. Finit-il.
_ Si tu le dis. Je réponds pendant que Chris et Laureen rient à gorge déployé alors que nous avançons dans le bâtiment.
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Little-Lilah
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cloesegala
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Sabrina A. Jia
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Raëlfar
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