Fyctia
Chapitre 17 - La clef USB
Lui :
Mardi 19 mars 2024
Ce matin, en faisant le ménage, j’ai trouvé une clé USB, tombée sous un meuble dont elle dépassait légèrement. Je l’ai examinée, mais elle ne ressemblait à aucune de celles que j’utilise pour sauvegarder des documents en cas de bug de l’ordinateur. D’ailleurs, je mets toujours des étiquettes dessus, pour indiquer leur contenu.
Si elle n’est pas à moi, elle doit certainement appartenir à Alice, ou l’un de mes enfants, à la rigueur.
Que devrais-je faire ? la tentation est grande d’en visionner le contenu. Mais, si celui-ci était confidentiel? Bon, tant pis, je vais essayer. Alice est partie se promener, profitons-en.
J'ai alors introduit la clef dans mon ordinateur. J’espérais qu’elle ne contiendrait pas de virus. Jusqu’ici, tout allait bien. Puis, j’ai ouvert la bibliothèque de documents et visualisé cette fameuse clef. En cliquant dessus, j'ai vu seulement deux répertoires : « Romans » et « Journal intime ».
Mmm, « journal intime », ce serait tentant d’y entrer, mais le mot « intime » m’indique qu’il y a des limites à ne pas franchir. Entrons donc plutôt dans « Romans ».
Et là, il y avait trois romans. Auteur : Alice Lemercier.
Alice écrirait donc des romans ? intéressant !
Ceux-ci paraissaient être, d’après leurs titres, des romans policiers, écrits sous format Word. Chacun d’entre eux semblait complet, avec de nombreux chapitres, et un épilogue. Sans réfléchir plus longtemps, je les ai copiés dans mon ordinateur. Cela ne m’a pris que quelques minutes. Je les lirai plus tard, le soir, dans mon lit, l’ordinateur sur les genoux. L’idée que je passerai de bons moments tout en découvrant une Alice romancière m'a fortement excité. Je sais que le procédé n’est pas très réglo. Mais après tout, il faut bien qu’un roman soit lu, sinon, pourquoi l’écrire ? Et puis si ce sont des romans policiers, je pourrais lui servir de « consultant police » comme dans les séries télé.
Mais alors, quid du journal ? Elle aussi en écrirait un ? Tout comme moi qui ai repris le mien depuis son arrivée ? Drôle de coïncidence !
Ma souris pointa alors sur la journée du 29 février 2024.
Et là, je tombai des nues.
Comment ! Elle parle de moi, en des termes peu amènes, et elle me surnomme « le Flic du Troisième » ? Elle me compare à l’odieux Commissaire Laurence dans « les petits meurtres d’Agatha Christie », série dont je suis assez fan et dont les invraisemblances en matière de procédures me font bien rire.
Je suis très flatté par la comparaison physique avec cet acteur, mais beaucoup moins par le côté parfois désagréable du personnage qu’il incarne parfaitement. Enfin, désagréable, c’est une allure qu’il se donne. En fait, il a un cœur d’or. C’est juste qu’il se protège d’une certaine façon, sous des airs de vieux macho… en fait, un peu comme moi.
Bien vu ! Rien à dire !
Mais là où je ne suis pas d’accord, c’est qu’elle m’a pris pour un satyre, et qu'elle s’était armée d’un bombe lacrymogène au cas où ! Loin de moi l’idée d’aller l’agresser. Allez donc rendre service aux demoiselles en détresse, voilà où cela vous mène !
Bon. Allons voir les chapitres suivants.
Incroyable ! elle a reproduit quasiment mot pour mot ce que nous nous étions dits, ainsi que le déroulement des événements. De plus, sa façon de raconter faisait ressortir tout le comique de la situation que je n’avais pas perçu au départ et je me suis surpris à en rire, surtout en lisant la scène de la cuisine où nous étions sur le point de nous battre à coup de sacs de surgelés.
Elle a décidément le sens de l’humour !
Je m’en étais arrêté là quand j’entendis le bruit de la clef dans la serrure, car je lui en ai donné un double. J’ai refermé le document et retiré la clef USB. Que faire de cette clé ? Je ne suis pas sensé en avoir exploré le contenu. Je pourrais la cacher, mais je suis sûr qu’elle en a besoin. Que faire ? Le plus simple est de la lui donner. Jouer cartes sur tables. On verra bien !
— Avez-vous fait une bonne promenade ?
— Oui, très bonne, je vous remercie. C’était très agréable de marcher enfin au soleil et d’admirer les jardins avec les arbres en fleurs, sans avoir à prendre son parapluie.
— Dites-moi, vous n’auriez pas perdu quelque chose, par hasard ? lui dis-je en lui tendant la clef.
— Ah ! merci beaucoup ! Effectivement, je la cherchais depuis hier. Elle a dû tomber de ma poche. Où l’avez-vous trouvée ?
— Derrière l’un des pieds de la bibliothèque, lorsque j’ai passé l’aspirateur. Elle dépassait légèrement. Heureusement qu’elle n’a pas été aspirée, sinon, hop ! Dans le sac avec les poussières.
— Je vous remercie infiniment, dit-elle en la remettant dans sa poche.
— Alice, je crois que vous devriez la ranger un peu mieux, sinon, vous allez encore la perdre.
— Oui, vous avez raison, dit-elle en la ressortant.
Puis, elle m’a regardé avec un petit sourire en coin.
— Je suppose, vous connaissant un peu, que vous en avez lu le contenu sur votre ordinateur !
— On ne peut rien vous cacher ! C’était trop tentant et effectivement, je l’ai lue !
— Ah ! De la part d’un ancien flic, cela ne m’étonne pas ! La curiosité est une seconde nature chez vous.
— J’ai même copié vos romans. Comme cela, je pourrai lire vos inepties à tête reposée. Je compte même sur vos histoires à dormir debout pour m’aider à trouver le sommeil, car je suis sûr qu’elles doivent être assommantes.
— Au moins, si elles servent de soporifiques, elles auront été utiles. Sinon ? le journal ?
— Vous aviez nommé votre document « journal intime ».
— Oui, mais je pense que cela ne vous a pas empêché d’y jeter un oeil.
— J’avoue que je l’ai parcouru, jusqu’au moment de la découverte du troisième cadavre, et cela m’a fait beaucoup rire. Mais…
— Mais…
— Mais je n’aime pas trop la façon dont vous me dépeignez.
— Ah ! le côté « Commissaire Laurence ? »
— ça encore… mais le coup de la bombe lacrymo au cas où je vous agresserais… c’est plutôt limite !
— Ecoutez, j’étais invitée à dormir chez un monsieur que je ne connaissais pas. Vous pouvez comprendre cela, non ?
— Oui, votre côté « faible femme sans défense » et encore… mais penser que je pourrais être un affreux satyre…
— J’ai eu autrefois quelques expériences qui m’ont fait craindre ce genre d’agression.
— J’en suis sincèrement désolé. Mais, sachez, pour votre gouverne, que vous ne m’attirez pas du tout, mais alors pas du tout !
— Eh bien, tant mieux ! Néanmoins, j’ai un aveu à vous faire.
— Ah oui ? lequel.
— Vous aussi, avez suscité ma curiosité.
— Ah bon ?
— Vous ne devriez pas laisser traîner votre journal…
Un point partout, la balle au centre !
8 commentaires
François Lamour
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Il y a un an
Catherine Domin
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Laryna
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Gwenaële Le Moignic
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Emeline Guezel
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