Catherine Domin même pas en rêve Chapitre 8 - Une nuit agitée

Chapitre 8 - Une nuit agitée

Elle :


Vendredi 1er mars 2024


Ma première nuit chez lui fut quelque peu agitée. Je dormais à poings fermés dans le petit lit. J’avais choisi celui du bas, car je craignais de devoir me lever en pleine nuit pour faire pipi et d’en tomber en oubliant que je dormais en hauteur.


Et bien entendu, bien qu’étant allée aux toilettes juste avant de me coucher, j’ai eu de nouveau envie. C’est vrai que nous avions bu pas mal de coca hier.


Il était environ deux heures du matin. Je m’avançais à tâtons dans l’obscurité car je n’avais pas encore repéré où étaient les interrupteurs. Cet appartement étant disposé bien différemment du mien, je suis un peu perdue dans ses quatre pièces. Je fini par trouver les toilettes, tout au bout du couloir, près de la chambre à coucher du maître des lieux. Sur le point d’y arriver, je heurtai quelqu’un dans le noir et je me mis à crier. Aussitôt, la lumière s’alluma.


— Mais ça ne va pas de crier comme ça ? m’avait dit mon hébergeur. Vous avez failli me faire avoir une crise cardiaque. Et puis d’abord, que faisiez-vous dans le noir ?

— Je voulais aller aux toilettes, mais je n’ai pas trouvé l’interrupteur. Et vous ?

— Je voulais faire de même.

— Ah bon ! vous avez la prostate qui déconne ?

— N’importe quoi ! Elle ne déconne pas… Et puis mêlez-vous donc de ce qui vous regarde !

— Et pourquoi n’avez-vous pas allumé ?

— Parce que je connais mon appartement par cœur et que ma chambre est juste à côté ! Bon, alors allez-y d’abord. J’irai après.


Après cela, nous étions sur le point de regagner nos chambres respectives quand un bruit se fit entendre. Comme un grand coup sourd.


— Vous avez entendu ?

— Oui, ça doit être le voisin du dessus. Il exagère, faire du bruit à deux heures du matin. Il va m’entendre demain ! Je vais aller lui dire deux mots.

— Moi, je dirais plutôt que quelqu’un est tombé.


Puis on entendit comme un frottement. Comme si on traînait quelque chose… ou quelqu’un.


— Bizarre, comme bruit, non ? repris-je. On a peut-être occis le voisin du dessus et l’assassin traîne maintenant son corps pour s’en débarrasser.

— Miss Marple, avez-vous fini, avec vos histoires abracadabrantes ? J’ai sommeil. J’aimerais bien me recoucher, moi.

— Vous semblez oublier qu’il y a eu deux meurtres dans cette immeuble ! Deux meurtres en deux jours. Ce bâtiment est devenu un vrai bouge !


Nous nous sommes regardés tous les deux. Cela aurait pu sembler comique, de nous voir tous les deux en pyjama dans le couloir. Mais l’inquiétude nous a gagnés subitement. Letellier sembla soudain tout à fait réveillé.


— Vous avez raison ! Ce n’est pas normal du tout.


Je le vis rentrer dans sa chambre, ouvrir sa table de nuit et en sortir un révolver.


— Vous dormez avec un flingue dans votre table de nuit ?

— Habitude d’ancien flic. Et ne vous inquiétez pas, j’ai un permis de port d’arme, dit-il en la chargeant.

— C’est votre arme de service ?

— Non, celle-là, je l’ai rendue avec ma plaque. Celle-ci, c’est la mienne. On n’est jamais trop prudent. On n’est pas dans le monde des Bisounours, vous savez, me dit-il d’un air martial. Bon, je vais aller voir ce qu’il se passe. C’est peut-être un cambrioleur.


Il ouvrit tout doucement la porte d’entrée, l’entrebâilla et sortit dans le couloir, l’arme au poing. Je voyais alors un grand flic viril, en pleine action, mais ce qui gâchait tout, c’est qu’il était en pyjama et en robe de chambre, ses mules aux pieds. Ça ne faisait pas très « inspecteur Harry ».


Je le suivis sur la pointe des pieds.


— Rentrez ! me chuchota-t-il. Ça peut être dangereux, si jamais il y avait des coups de feu !


Je rentrai prudemment, mais je regardais derrière la porte entrebâillée. Je le vis monter les marches doucement, dans la pénombre, avec son arme au poing.


Soudain, j’entendis comme un coup, une plainte, puis un deuxième bruit sourd, comme un corps qui tombe.


— Décidément…


Tout à coup, un individu cagoulé déboula dans l’escalier. Je ne sais pas pourquoi, mais, par réflexe, je suis sortie de l’appartement et je lui ai fait un placage, du genre placage de rugby. Il tomba, m’entrainant dans sa chute car je m’étais accrochée à lui. J’ai dû faire pas mal de roulés boulés dans l’escalier et je me suis cogné la tête. Puis il s’est enfui.


— Trop bête ! je l’ai loupé.


J’étais à moitié assommée et j’ai mis un peu de temps à me relever. Je n’avais rien de cassé. Juste une bosse à l’arrière du crâne, et quelque chose dans la main. Un de ses gants.


Les voisins sont tous sortis de leurs appartement.


— ça ne va pas, de faire du bruit en pleine nuit ? dit l’un d’entre eux.


Sans répondre, je suis remontée à toute allure au quatrième étage, et j’ai eu un haut le corps quand j’ai vu deux corps par terre.


L’un des deux était Letellier et l’autre, son voisin du dessus, un couteau planté dans le dos.

Je me retins de crier.


— Nom de nom ! Hé, Letellier, réveillez-vous ! dis-je en le secouant.


Il mit du temps à se remettre. Lui aussi avait une grosse bosse sur le crâne.


— J’ai cru que vous étiez mort !

— Ah bon ? c’est gentil de vous inquiéter pour moi.


Pour une fois, il avait l’air aimable. Mais je savais que c’était parce qu’il était encore un peu sonné. Une fois qu’il eut retrouvé ses esprits, reprenant son air habituel, il se pencha sur le deuxième corps.


— Bon sang ! lui aussi ! ça devient une manie !

— J’aurais espéré de votre part un peu plus de sollicitude pour ce pauvre homicidé.

—Je ne sais pas avec quoi il m’a assommé, l’autre, j’ai la tête démolie. Mais vous avez raison. Cet immeuble devient vrai repaire d'assassins.


La voisine de palier sortit et poussa un cri strident, qui finit par réveiller tous ceux qui ne l’étaient pas déjà, et toutes les portes d’entrée s’ouvrirent successivement.




La police arriva peu après, et rebelote, les policiers se mirent à fouiller tout l’appartement de la victime et nous posèrent des questions. Le Capitaine Lavergne arriva peu après, cette fois-ci, avec le commissaire car c’était devenu encore plus sérieux !


— Encore vous ? demanda-t-il à Letellier, ne me dites pas que vous avez encore trouvé le corps ?

— Non content que je l’ai trouvé, mais j’ai été assommé par son agresseur.

— Bien entendu, vous ne l’avez pas vu !

— Etant donné qu’il m’a frappé par derrière, nous n’avons pas eu le loisir de faire connaissance.


Letellier et moi leur avons raconté ce que nous avions vu et entendu. Je n’avais pas vu le visage du meurtrier car il avait une cagoule, avec juste deux trous pour les yeux.


— Ah ! au fait, dis-je, quand j’ai lutté avec l’assassin, je lui ai arraché son gant, dis-je au policier en le brandissant.

— ça peut faire une bonne pièce à conviction. Il arrive qu’on y trouve des empreintes à l’intérieur et même des traces ADN. Bien joué ! dit-il en le mettant dans un sachet en plastique.


Puis, le corps fut emmené.


Et hop ! encore un qui repartait dans une housse en plastique ! ça commençait à faire beaucoup, beaucoup trop…


Difficile de se recoucher et se rendormir après une telle nuit.


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6 commentaires

KBrusop

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Il y a un an

Petit like de soutien💕 n’hésite pas à venir faire de même sur mon histoire 💋

Catherine Domin

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Il y a un an

Merci beaucoup. Je vais faire de même dans ton histoire, c'est promis. D'ailleurs, je l'ai rajoutée dans ma liste de lecture. Bon week-end!

Jeanne Carré

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Il y a un an

J'aime bien le "placage rugby" 🏉 🌸

Catherine Domin

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Il y a un an

Oui, c'est surprenant de la part d'une femme, mais comme on peut le supposer, Alice n'est pas comme tout le monde... Merci pour ton like.

Alexandra G

-

Il y a un an

;-)

Catherine Domin

-

Il y a un an

Merci pour ton like
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