Fyctia
Enchantée, je suis Maysee
Encore un énième hiver à passer la nuit dehors, sous une pile de carton en guise de matelas. Comme couverture, un tas de journaux froissés et un coussin usé sentant la sueur. Malgré les circonstances déplorables dans lesquelles vit Maysee, une adorable femme naine, elle reste sociable, humaine et rêveuse.
Et oui, c’est une sdf atypique et ancienne directrice d’une boutique de confiserie. Cette dernière a fait faillite, la concurrence aura eu raison de son succès. Après cela, pour se débrouiller tant bien que mal, Maysee s’est lancé dans la peinture.
Des centaines de vernissages, des centaines d’exposition de ses tableaux subliminaux dans quelques galerie en Europe, mais sans grandes reconnaissances.
A son grand regret, elle s’était attaché à cette ultime chance de rebondir pour mieux vivre, au lieu de survivre.
Suivi ensuite d’un long internement en hôpital psychiatrique pour dépression. Dès sa sortie d’hospitalisation, elle a tout perdu et a vraiment essayé de reprendre sa vie en main. En allant de gauche à droite, en allant voir diverses associations pour obtenir de l’aide sociale insuffisante, elle a tenu quelques mois, en étant dans une chambre d’hôtel dans l’attente d’un appartement.
Il aura fallu de longues années de bataille, jusqu’à ce qu’elle décide de son plein gré de tout lâcher.
De s’initier aux contraintes de la rue et de ses aléas, maintenant ça fait plus de treize ans qu’elle est sdf.
Elle côtoie parfois des gens compatissants qui lui mettent du baume au cœur, lui adresse poliment la parole, lui offrir quelques offrandes, quelques instants d’attention, des rires , des échanges, de l’écoute. Mais parfois ce m’est pas toujours le cas, des gens malveillants et tordus essaient de perturber sa tranquillité.
Mais heureusement que Maysee est soutenue par ses camarades Joey et Cliff, deux potes de rue, deux colosses dans la même galère.
Leur habitat est constitué entre deux grands containers, dans une ruelle où éclairée et insalubre, dans un quartier chaud.
Les deux sont protecteurs envers elle, ce qui ne lui déplaît pas mais peu habituée à être épaulée, elle sait également avoir de la répartie pour se défendre.
-Ils vont bientôt servir la soupe.
annonce Joey en se réjouissant.
-C’est quoi, comme soupe aujourd’hui?
demande Maysee en baillant.
-Aux potirons et croûtons , d’après ce que j’ai capté hier. C’est Jelloïse qui me l’a dit. souligne Joey.
Ce soir-là, Maysee et Joey étaient seuls sans Cliff, il doit encore rôder dans les rues à faire la manche, ou espère tomber sur un trésor.
Normal, cet ancien archéologue a toujours son métier dans le sang, à la recherche d’un moindre truc et constamment.
Les deux se lèvent, arrangent rapidement leur petit cocon sous les étoiles et se dirigent au centre-ville qui se trouve à quelques pas.
En chemin, les deux papotent et voit au loin Cliff entrain d’accoster une femme, au coin de la rue:
-Tu scintilles comme une brindille !
dit Cliff en faisant rire aux éclat une femme de passage.
Et qui plus est un bourreau des cœurs, malgré qu’il soit un peu négligé, il sait y faire avec les femmes. Il n’a rien perdu de son charme de Don Juan, sauf un détail, c’est un tchateur un peu barbant. Mais lui ça l’amuse et lui fait passer le temps. Les deux autres arrêtent le supplice en venant à sa rencontre:
-Allé, ramène ta fraise, le repas va pas t’attendre.
fit remarqué Maysee en le saisissant par le bras.
Cliff déchante et suit ses camarades, en ronchonnant puis en leurs faisant remarquer : -C’était sûrement la femme de ma vie. Encore une fois, vous m’avez fait loupé ça! J’y crois pas. Et tout ça, pour une soupe. Moi, c’est pas avec une soupe que je vais finir ma vie. Tsss...
Ses deux potes se moquent de lui en riant, les voilà tous les trois arrivés à la file d’attente peu peuplée cette fois. Face à une église, un stand se trouve avec trois grosses marmites fumantes, un bac de pain grillé à l’ail, deux grandes corbeilles de fruits divers et à terre, six packs de bouteille d’eau d’un litre.
Et pour servir ces personnes démunies, trois bénévoles : Paul, Diana et Morganne. Ils se dévouent chaque jours sauf en week-end pour fournir un bon repas chaud, du réconfort et de l’écoute:
-Bonsoir Maysee, comment vas tu ?
demande Paul en lui souriant.
Maysee lui sourit également en prenant son bol de soupe, elle lui fait signe de la tête pour se mettre à l’écart avec lui. Ses collègues ont l’habitude et se charge de servir aimablement les autres sdf. Maysee et Paul se connaissent maintenant depuis plus d’une année, entre eux ce fut une relation fusionnelle et amicale qui est devenue naissante très vite. Autant l’un que l’autre se confie, rit et pleure parfois en repensant à la nostalgie du passé.
32 commentaires
Princilia Daci
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Il y a 4 ans
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Valentina H
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Gottesmann Pascal
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Mary Cerize
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Alexenrose
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Opium-Abyssale
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Il y a 4 ans