koyasjl Khtonian Empire : Le désir d'Hadès 7.1

7.1

La colline au sommet aussi plat que les rives était encore éclairée par la lumière d’un soleil descendant, mais puissant par les jours de printemps. Mes sandales se faufilaient entre les pierres du chemin dégagé de plantes, entouré par des roches du volcan endormi. Le vent frais avait débuté, soufflant doucement dans mes cheveux, les caressant, les soulevant, et hérissant ma nuque. Des murmures s’éveillèrent autour de moi, et au crépuscule leur présence se faisait plus appuyée, osant m’approcher sans que Hélios ne les chasse.


Ma nuque devint rigide, et elle pivota pour permettre à mes yeux de jeter un regard en contrebas. L’ombre de la nuit avait déjà recouvert les bâtiments des déesses mères khtoniennes dont seules les flammes violettes de la maison d’Hécate brûlaient. Une couleur vive, unique nuance colorée dans les champs meurtris en toute saison, aux souterrains et au labyrinthe qui se mêlaient à celui de la maison d’Ariadne à une frontière plus au sud, celle avec les demeures des déesses mères célestes.


Les lueurs orangées offraient vivacité aux murs peints, et je perçus la maison de Déméter entourée des prêtresses qui jetaient les grains aux cieux en prière à ma mère. Ils retombaient sur les dalles qu’elles écrasaient avec des morceaux de bois pour recueillir une farine qui serait distribuée le lendemain aux villageois de l’île. Les prêtresses, les korés, nous étions celles qui rythmant leur vie, et le roi lui-même au palais à l’opposé de l’île nous rendait honneur. Une routine que je quittais jusqu’à ce que le danger ne soit écarté.


Quelques oiseaux chantonnèrent, passant au-dessus de ma tête, effleurant de leurs ailes mes cheveux ramenés en un chignon. Les paroles de ma sœur me résonnaient dans mon crâne. Siramaritai m’avait promis de rassembler des korés de toutes les maisons, et Potnia avait assuré que la sienne parlerait aux filles de Rhéa pour que trois lionnes nous accompagnent. Leurs mains avaient été pourtant glaciales lorsqu’elles avaient serré les miennes, se jetant une œillade dans le silence. Elles ignoraient que j’avais échangé avec les filles de la déesse des serpents, et il était préférable que cela reste ainsi.


Déméter devait connaître les dangers que représentait Hadès. Et les deux Terres en savaient sans aucun doute suffisamment, préparant mon séjour sur les terres de Canaan. Entre leurs mains bien trop protectrices je ne craignais rien, et une joie non dissimulée m’habitait depuis que ma mère m’avait offert la possibilité de rejoindre Tammuz, la seule personne qui m’offrait liberté, auprès de lui j’acceptais les ombres en moi.


Un soupir s’échappa d’entre mes lèvres lorsque j’atteignis l’entrée de la grotte, nulle torche ne protégeant son entrée. Un mince sourire se dessina lorsque mes doigts effleurèrent les hiéroglyphes anciens d’une langue révolue, avant même le déluge. Leurs graphiques n’appartenaient pas à ce monde, mais à l’autre. Et nul ne m’avait enseigné ses secrets.


Je rapportai mon regard dans les ténèbres qui se mouvaient, et mes doigts se placèrent devant moi. Ils se tordirent dans les airs, et mes lèvres s’entrouvrirent à mesure que je retenais mon souffle.


Ouvrez-moi. Guidez-moi.


Les ombres m’écoutèrent, m’obéirent, s’écartant pour révéler des marches qui s’enfonçaient dans le néant.


M’appuyant de ma paume sur la paroi humide — les gouttes glissant le long de mon épiderme, se faufilant entre les rares bijoux pour venir caresser les pans de mes vêtements lorsque le poids de l’eau devenait trop lourd — je m’avançai. Les dernières lueurs du jour éclairèrent mes premiers pas avant que les ténèbres ne se referment tel le voile de Nyx. Les chuchotements des ombres me guidaient dans l’obscurité. En s’écartant, elles révélaient une pénombre à mon passage qui me permettait de suivre sans que ma main ne quitte le mur droit. Elles me guidaient, créant un chemin sûr maîtrisé par les moires.


Mes ongles se plantaient contre la paroi, comme suivant un tracé invisible que je ne devais pas quitter, m’y accrochant dans ce tourbillon obscur. Mes yeux se figèrent sur mes pieds, ma respiration devenue silencieuse au milieu du passage qui devint lourd d’humidité. La sensation d’un vêtement mouillé par la mort tentant de se cramponner à mon corps naquit pour m’enveloppe tel un linceul.


— À droite, murmurai-je aux ombres lorsque je sentis une roche sous ma paume, arrêtant ma main, aussi aiguisée qu’une dague.


Elles m’obéirent, abandonnant la direction du carrefour qu’elles avaient toujours souhaité emprunter, mais elles n’étaient pas celles à me mener dans une direction vers laquelle mon cœur tambourinant à tout rompre.


Au lointain, un rayon du soleil se devinait, un point de lumière dans l’obscurité qui s’agrandit en une faille, m’aveuglant. Je papillonnai des paupières, sentant la brise de la mer bien plus à l’ouest que la mienne m’assaillir. Un petit rire m’envahit tandis que j’accélérai le pas, clignant des yeux pour écarter la brume, me laissant envahir par un halo puissant jusqu’à ce que ma main ne quitte le mur, que le sol devienne plus accueillant et doux et que je papillonne de longs instants jusqu’à révéler le paysage.


La mer de Canaan me faisait face, le sable doux s’immisçait entre mes orteils, et les ombres étaient restées en retrait. Ce territoire n’était pas le leur, elles n’y étaient pas les bienvenues, sauf lorsque je les appelais. L’unique fois fut à mon arrivée, lorsque des Daevtikulu m’avaient aperçu, sentant ce don différent et mon essence étrangère. Mon pouvoir s’était révélé, ainsi que ma lumière pour les tenir éloignés, et je l’avais rencontré cette même nuit. Tammuz, le jeune homme qui était mon reflet.


Un sourire envahit mon visage à ce souvenir, et mes yeux se tournèrent au-delà de cette corniche, de cette falaise qui enfermait cette plage naturelle. Mes yeux se promenèrent un instant à l’horizon, admirant la vue, avant que je ne suive la rive en direction du nord, tournant le dos à l’Égypte dont l’un des navires se perdait à l’horizon, rejoignant sans aucun doute un port à un demi-jour d’ici.


L’eau vint caresser mes chevilles, tiède, s’enroulant bien différemment qu’en Crête. Ce n’était plus Poséidon, mais une divinité inconnue qui régnait sur ces côtes du Levant. L’Anatolie, quant à elle, était bien trop lointaine pour avoir un impact. Les titans qui y avaient élu domicile ne pouvaient jamais deviner ma présence en ces lieux, et lors de leur passage sur Crête rapporter mes pouvoirs aux grandes déesses. Ils y vivaient sa vie, Léto la déesse lunaire offrant conseils aux populations. Quant à Cronos, il régnait sur la Grèce, le sud était sous l’empyrée sumérien et égyptien.


En ces lieux, j’étais en paix, à l’abri de tout regard de mon empyrée qui pourrait rapporter ma trop grande liberté à ma mère.



Dans la prochaine partie, il y aura mon personnage préféré 😏


Merci pour votre lecture🥰


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🎙Un podcast sur le concours y est également disponible !

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44

44 commentaires

WildFlower

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Il y a 3 ans

Salut, j'arrive au terme des 15 chapitres à lire pour cette semaine. Tout d'abord, c'est très fort d'oser réécrire un mythe aussi célèbre, donc bien joué ! Ton histoire est intéressante et on a envie de vivre les aventures de Perséphone avec elle. Par contre j'ai personnellement été gênée dans ma lecture par les nombreuses coquilles et formulations erronées. J'ai remarqué notamment une confusion dans l'utilisation des articles définis ou indéfinis et dans le choix des temps utilisés (notamment le participe présent et l'imparfait) ainsi qu'une utilisation abusive du "ne". C'est dommage car on voit ton potentiel dans les descriptions! Ton texte gagnerait aussi en lisibilité si tu coupes certaines phrases de description en plusieurs parties. Bonne continuation à toi!

koyasjl

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Il y a 3 ans

Coucou, un grand merci pour ta rapidité ! Je termine au plus vite mon échange, navré ^^' Merci pour ce beau retour ! En effet, il y a quelques coquilles et mes formulations sont parfois étranges, mais tu as pointé tout ça donc je sais où me concentrer ! Je prends note de tout ça, tu es la première à me le dire et je te suis reconnaissante, car je ne l'avais pas remarqué (je ne sais pas comment, ça saute aux yeux XD) Merci encore !

Amélie Mrn

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Il y a 3 ans

Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour les deux jours de retard. Mais en ce qui concerne ton histoire, c'était vraiment avec grand plaisir que je me suis plongée dans ces quinze premiers chapitres. J'y ai découvert une plume vraiment riche, même si des maladresses persistent, je pense que tu as toutes les clés pour les effacer. Une intrigue prenante, qui s'installe dans un rythme doux, malgré le fait que j'aurais aimé que les choses avancent un peu plus vite pour satisfaire ma curiosité de lectrice. Tu as bien réussi à me tenir en haleine et je pense continuer ma lecture car j'ai hâte de voir ce qui va advenir d'Hadès et Persephone. C'est en partie dû au fait que tu réussis très bien à instaurer une ambiance, un cadre et une atmosphère. Et, également, à ton univers bien travaillé et pensé, on sent qu'il est riche et regorge de secrets. Voila ! En résumé, ce fut une belle découverte et je ne peux que t'encourager à continuer dans cette lancée.

Livia Tournois

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Il y a 3 ans

Je suis arrivée au bout des quinze chapitres demandée pour "adopte un lecteur" et je poursuivrai si mon emploi du temps me le permet. J'apprécie de découvrir le mythe d'Hadès et Perséphone sous une forme originale, car tu as un style qui est bien à toi et tu mêles plusieurs mythologie. On sent dans ton écriture ton envie de partager des tableaux, des images et je t'encourage à poursuivre et peaufiner ce style, qui sans doute saura te démarquer. Pour ce qui est des critiques à apporter, et cela ne reste que mon avis, je pense que tu pourrais apporter plus de fluidité dans ton texte. Certains passages peuvent sembler lourd ou maladroit à la lecture. Tu peux piqueter ton texte de description, mais veille à ce que la longueur des phrase ne perdent pas le lecteur. La multiplication des adverbes à tendance à appauvrir le vocabulaire et alourdir le texte, je te propose ci-dessous une reformulation pour exemple : "Le vent frais avait débuté, soufflant doucement dans mes cheveux, les caressant, les soulevant, et hérissant ma nuque." " Un vent frais s'était levé et venait souffler dans mes cheveux. Je les sentais me caresser les épaules, se soulever dans la brise et se hérisser sur ma nuque. "

koyasjl

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Il y a 3 ans

Coucou, merci pour tes nombreuses annotations et commentaires ! Je te réponds au plus vite lors de ma session de correction ^^ Heureuse que tu aies apprécié ta lecture et cette approche bien différente ! Ne te presse surtout pas à revenir, les emplois de temps en été et en plein concours peuvent être lourd ^^’ En effet, en tant que premier jet et connaissant les défauts, ces phrases sont un soucis ! J’avais pris note d’autres commentaires pour fluidifier tout ça, mais l’exemple que tu me donnes m’offre une réelle piste pour le « comment faire » je te remercie donc ! Pour la nouvelle version, ton commentaire m’est très précieux ! Encore merci 💜

La plume des rêves

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Il y a 3 ans

Hello, je suis un de tes binômes de la semaine. J’ai repris là où je m’étais arrêtée, une histoire avec beaucoup de potentiel, quelques réponses à des questions mais beaucoup de mystère à découvrir. Encore une fois tu fais de très belles descriptions et de comparaisons, mais en tout cas pour ma part, je trouve qu’il peut y en avoir un peu trop, ça peut perdre un peu le lecteur je pense mais ça n’empêche pas qu’elles sont incroyables ! ^^ Je me demande comment va se passer la rencontre entre Persephone et Hades au final et s’ils apprennent qu’elle est allée voir les filles de la déesse des serpents qu’elles seront leurs réactions 🤔

koyasjl

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Il y a 3 ans

Coucou ! Ça me fait très plaisir, merci ! C'est vrai que ça peut perdre, je vais tenter d'équilibrer ^^Héhéhé spoil alert : la rencontre va mal se passer XD Quant aux filles de la déesse des serpents, Perséphone va prier pour que ça ne se sache pas XD Merci pour tes retours !

Kentin Perrichot

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Il y a 3 ans

Coup de pouce 🥰 n’hésite pas à venir aider en retour 🥳
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