C.Banes ICE BREAKER Chapitre 4 - Blake

Chapitre 4 - Blake

Des jours. Des jours que j’espère croiser Banes dans le couloir, juste pour avoir le loisir de l’admirer de près, pour m’assurer que je n’ai pas rêvé notre rencontre. Évidemment, il a fallu que ça arrive alors que j’allais oublier de dédommager Chris pour la séance photo. J’ai conscience de ne rien avoir fait de mal, pourtant, je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il en a conclu. Parce que je sais de quoi ça pouvait avoir l’air, et rien que le fait qu’il puisse s’imaginer la même chose me laisse mortifié.

Alors je ne réfléchis pas. Une fois Chris parti, je décide de prendre mon courage à deux mains et d’aller frapper à la porte de Banes. J’ai la gorge sèche, je suis stressé, et lorsqu’il l’ouvre et que je me retrouve face à lui, uniquement vêtu d’un short et d’un débardeur blanc, arborant de nombreux tatouages et une musculature parfaite, je dois me faire violence pour ne pas faire volte-face et m’enfuir en courant. Lui se contente de me toiser, l’air perplexe, se demandant sûrement pour quoi je viens le déranger. Je lève la tête pour croiser son regard, brun et chaud, et décide de me lancer :


— Je suis photographe.

Comme si ça expliquait tout.

— C’est un jeu ? demande mon voisin, un léger sourire aux lèvres. OK. Je suis hockeyeur. À ton tour.

Je reste bouche ouverte, me sentant foutrement ridicule.

— Je ne fais pas dans la prostitution.

— Oh, on passe directement aux infos intimes ? Tu ne perds vraiment pas de temps… alors heu… Je ne fais pas dans le meurtre en série.

— Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Que ça t’arrive de tuer des gens, mais sans en faire une habitude ?

— Je m’en prends uniquement aux nouveaux voisins photographes qui ne font pas dans la prostitution.


Il me prend de court. Je ne m’attendais tellement pas à ça que j’éclate d’un rire incrédule. Je suis à deux doigts de lui répliquer que ça ne me gênerait pas qu’il s’en prenne à moi, qu’il me prenne, tout court, mais je ne crois pas que ce soit la meilleure chose à dire à Carter Banes. Bon sang, je n’arrive toujours pas à y croire. Moi, sur le seuil de son appartement, en train de discuter, de rire, avec une star du hockey. Je tente au mieux de taire le fan qui est en moi et qui cherche à tout prix à laisser exploser son excitation.


— Bref, je voulais juste être sûr que… tu sais…


Je me sens très con, tout à coup. Et pathétique. J’ignore pour quelle raison j’ai éprouvé le besoin de me justifier, je ne lui dois rien, et même, qu’est-ce que ça pourrait lui foutre ? Il n’a pas l’air d’être le genre de mecs à se mêler de ce qui ne le regarde pas, et encore moins d’appeler les flics pour me dénoncer.


— Non, pas vraiment. Quoi ? Que je ne crois pas que tu fasses appel à des professionnels pour te faire du bien ? Que je ne crois pas que tu aimes les hommes ?

— Oh, si, j’aime les hommes mais…


Un sourire ourle ses lèvres et me coupe dans mon élan. Bordel, c’est quoi mon problème ? Trois minutes de discussion et me voilà en train de déballer ma vie privée. Il est vraiment temps pour moi de faire demi-tour et de m’éloigner avant que cette situation ne devienne véritablement embarrassante.


— Quoi qu’il en soit, je tenais simplement à mettre les choses au clair. C’est chose faite.

— En effet, réplique-t-il, sans se départir de son expression amusée.

Je me gratte l’arrière du crâne, histoire de me donner une contenance.

— Du coup, je vais aller… heu… continuer à… faire ce que j’ai à faire.


J’ai l’impression d’être un adolescent en face de son chanteur préféré. Sérieusement, je ne suis pas quelqu’un de timide en règle générale, mais c’est également la première fois que je me retrouve face à face avec une célébrité. Une célébrité de presque un mètre quatre-vingt-dix, avec un sourire de dingue et un corps qui vous donne envie de le lécher tout entier.

Il hoche la tête et je m’apprête à m’éloigner lorsqu’il déclare :


— Une fois que tu auras terminé, si tu te sens d’attaque pour boire une bière, n’hésite pas à passer.

Sa proposition me laisse tellement sur le cul que je cligne des paupières. Boire une bière, avec Carter Banes. Bordel.

— Pas d’obligation, hein, continue-t-il voyant que je ne réponds pas, et pour cause, je viens de me liquéfier de l’intérieur et mon cœur bat si vite que j’ai peur qu’il explose. Mais je me suis dit que ce serait sympa de faire un peu plus ample connaissance, tu sais, en tant que nouveaux voisins.

— Du moment que tu me promets de ne pas me découper en petits morceaux, finis-je par dire.

Il s’esclaffe, et bordel, mon corps est parcouru de picotements.

— Je ne promets rien. Mais il faut savoir vivre dangereusement.


De toute façon, je crois que même la réelle possibilité de me faire assassiner n’aurait pu m’empêcher d’accepter. Parce que, merde, avoir le privilège de boire un verre en tête à tête avec Banes vaut bien la peine d’écourter ma vie.

Je hoche la tête en signe d’assentiment et il me fait un signe de la main avant que je m’éloigne, la porte se refermant derrière lui.

Une fois seul dans le couloir, je prends une profonde inspiration et tente de calmer les battements erratiques de mon cœur.

Une bière avec Cartes Banes. Quand Alicia va savoir ça !


*

Durant le reste de la journée, je suis tellement occupé par le déballage des cartons restants et par mon installation que j’en oublie presque ce qui m’attend. À dix-huit heures, mon appartement est pratiquement en ordre, même si quelques babioles traînent çà et là, le temps de leur trouver une place. Soulagé que tout soit enfin terminé, je jette un coup d’œil à la pièce principale, fier d’avoir enfin fini de m’installer. J’ai bossé comme un forcené, pour ne pas avoir à penser, à ressasser cette conversation dans mon esprit.

Une fois terminé, je passe sous la douche pour me décrasser et ôter toute la poussière et la sueur accumulée. Nu sous le jet, je prends enfin la mesure de ce que je suis sur le point de faire. Le stress monte, et je connais une bonne manière de me calmer. Je ferme les yeux, pose le front contre le mur carrelé de la douche et laisse ma main savonneuse descendre le long de mon corps jusqu’à ma queue. Des flashes envahissent mon esprit tandis que j’entreprends de me caresser, doucement d’abord, puis de plus en plus vite. Je revois ce visage au sourire ravageur, ses yeux bruns et rieurs, cette mâchoire carrée, ce corps musclé envahi de tatouages…

Je baise mon poing en serrant les dents, haletant, et lorsque je finis par jouir, le nom de Carter s’échappe de mes lèvres dans un gémissement.

Une fois mon souffle recouvré, je finis de me laver et rejoins ma chambre pour m’habiller. Un jean et un tee-shirt plus tard, je suis prêt. Enfin, autant que je puisse l’être du moins. Parce que je ne suis pas certain de tout à fait prendre la mesure de ce que je suis sur le point de vivre.

Peut-être est-ce mieux comme ça. Parce que si je commence à trop y réfléchir, je vais paniquer, et me défiler.

Et peut-être rater mon unique chance de passer du temps en compagnie d’une star du hockey.


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7

7 commentaires

Laetibooks

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Il y a 2 ans

Ce 1er échange 😂 trop drôle j'adore ! Ça sent de chouettes moments

Sandrine L

-

Il y a 2 ans

J'adore 😍

Amélie C. Astier

-

Il y a 2 ans

J'ai adoré cette rencontre officielle. Blake est trop adorable à être un peu maladroit. Il me tarde d'avoir la suite de ce chapitre rempli d'humour 😍
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