C.Banes ICE BREAKER Chapitre 2 * partie 1 - Blake

Chapitre 2 * partie 1 - Blake

Je reste comme un con, mon carton dans les bras, longtemps après que mon voisin a disparu. Et pas n’importe quel voisin. Carter Banes. Bon sang, je n’arrive toujours pas à y croire. Rien qu’à l’idée de pouvoir le croiser fréquemment dans les couloirs, j’en ai des frissons. Ce type alimente mes fantasmes depuis pas mal de temps. Il n’est pas le seul, d’ailleurs. Et de l’avoir vu en chair et en os, si près de moi, à tel point que je pouvais sentir l’odeur de son gel douche… Bordel.

Secouant la tête pour me reprendre, j’avance jusqu’à mon nouvel appartement et dépose le carton dans l’entrée. Manque un dernier, et je pourrais enfin commencer à réellement aménager.

J’ôte mes lunettes, essuie mon visage couvert de sueur à l’aide de mon tee-shirt et attrape la bouteille d’eau abandonnée sur le sol.

Le soleil timide de novembre baigne le salon poussiéreux à travers les baies vitrées. Je vais être bon pour un gros ménage. Le loft est vacant depuis des mois. Depuis la mort de ma grand-mère, en fait. Bien que j’en ai hérité, je n’ai pas éprouvé le besoin d’y emménager. J’aurais pu le louer, il m’aurait rapporté un bon paquet de fric, mais pour être honnête, je n’ai pas pris le temps de m’en occuper.

Alors il est resté vide, accumulant la poussière et l’odeur de renfermé. Et voilà qu’un jour, Scott a décidé qu’il était temps de voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à la porte de l’endroit que j’avais appris à considérer comme chez moi, même si ce jour-là, j’ai bien compris que je n’étais qu’un invité longue durée. Longue de trois ans, pour être exact.

Au moins, cet appart m’a permis de ne pas me retrouver à la rue, ce dont je serais éternellement reconnaissant à ma grand-mère. Si j’avais su qu’en plus d’un sublime loft, cet immeuble hébergeait aussi un des joueurs de hockey de l’équipe que je suis depuis tout petit, j’aurais peut-être accéléré ma rupture. Ou peut-être pas. Ça faisait un paquet de temps que les choses n’allaient plus vraiment entre Scott et moi, mais j’ai toujours été doué pour me voiler la face, pour me persuader que c’était simplement une mauvaise passe, comme il en arrive dans tous les couples. Lorsqu’il a invité une troisième personne dans notre lit, pour « pimenter nos ébats », je me suis dit « pourquoi pas ». Et quand j’ai commencé à devenir davantage spectateur qu’acteur de ces nuits de sexe débridé, j’ai quand même continué à croire que je m’inquiétais pour rien. Et voilà où j’en suis aujourd’hui, à devoir recommencer ma vie, réapprendre à être seul, à ne plus avoir cette présence constante que je trouvais rassurante.

— Tu attends que les cartons se vident tous seuls par la seule force de ta pensée ? me demande Sacha, me faisant sursauter.

Je me tourne vers lui et lui lance un regard agacé. Je l’avais presqu’oublié.

— Très marrant.

Je lui ôte le carton des mains et le pose sur la pile. Rien qu’à regarder tout ce bordel qui m’entoure, j’en suis découragé d’avance.

— Je vais chercher le dernier, tu devrais commencer à déballer.

J’acquiesce tandis qu’il retourne sur ses pas. Je prends une profonde inspiration et décide de ranger chaque carton dans la pièce qui lui est dédié.


*

Durant les heures qui suivent, Sacha m’aide à vider le plus gros de mes affaires que je range au fur et à mesure.

À midi, nous sommes claqués, le visage rouge, nos fringues poussiéreuses.

— On fait une pause ?

J’acquiesce avec joie, on l’a bien mérité.

Sacha sort son paquet de clopes de la poche arrière de son jean et m’en offre une avant d’en glisser une autre entre ses lèvres. Il se dirige vers la terrasse et je le rejoins quelques secondes plus tard avec deux bières fraîches tout droit sorties d’une glacière. Nous buvons en silence, assis sur des chaises de jardin grisâtres.

Le vent frais me donne la chair de poule et sèche la sueur sur ma nuque. Nous fumons tranquillement, tout en nous désaltérant. Le silence, paisible, nous entoure, jusqu’à ce que Sacha le brise.

— Il est vraiment chouette cet appart, déclare-t-il entre eux gorgées.

— Ouais, et il est super lumineux, j’ai hâte d’installer le studio et de commencer les essais.

— Si tu as besoin de modèles, tu sais où me trouver, m’informe Sacha avec un clin d’œil.

Tu m’étonnes. Il adore ça, être photographié. Il adore prendre des poses plus étranges les unes que les autres et ne rechigne jamais à se foutre à poil. En fait, il pourrait passer sa vie sans porter de vêtements. Après toutes nos années de fac en colocation, où la plupart du temps, il ne prenait même pas la peine d’enfiler un slip, je crois que je pourrais dessiner son corps les yeux fermés, sauf que je n’ai aucun talent pour le dessin.


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7 commentaires

Laetibooks

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Il y a 2 ans

Sacha me plaît bien, c'est important d'avoir un ami comme ça

Amélie C. Astier

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Il y a 2 ans

J'ai beaucoup aimé la découverte de Sacha. Il a l'air d'être un BFF qu'on va adorer ! C'était chouette d'en découvrir un peu plus sur Blake
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