Fyctia
Chapitre 1
Ils se sont connus sur un site de rencontre, ont échangé des messages puis, ayant la chance d’habiter la même ville, ont décidé un jour de se croiser, afin de voir si les atomes qu’ils semblent bien échanger par écrit continuent à circuler entre eux en tête à tête…
Le lieu choisi se situe dans un parc proche du centre-ville, plus précisément au croisement de deux allées, au pied de l’unique statue de ce parc, afin d’éviter toute déconvenue : ils semblent tous deux organisés, structurés, cartésiens… Cela présage-t-il d’une douce entente ou au contraire de conflits latents ? L’avenir, proche ou lointain, en décidera, mais ils n’en sont pas à ce stade dans l’instant !
Le parc est sur le chemin que Marc emprunte chaque soir pour la gare, où il prend son train pour rentrer dans son village, à 15 minutes, et il est arrivé le premier car il ne s’autoriserait pas à négliger la politesse élémentaire à ce premier rendez-vous ; il patiente à cette intersection en guettant chacune des quatre allées par où elle pourrait arriver, en ressentant une émotion à chaque femme qui tourne au coin là-bas, mais non, ce n’est pas elle, ses sens la reconnaîtraient au premier regard, il en est sûr.
Heureusement le temps est doux et sec en cette fin d’après-midi de printemps, la complicité de la météo serait-elle un bon présage ?
Carine entre dans le parc par le côté sud, elle ne sait pas d’où il doit arriver, elle sait qu’il connaît l’endroit pour le traverser pour rentrer chez lui, lui a-t-il dit : habiterait-il dans un quartier proche ? Ils n’ont pas, par pudeur, encore échangé leurs adresses, il ne sait pas qu’elle demeure à moins de cent mètres de ce lieu, dans une rue adjacente, mais cela n’a pas d’importance dans l’instant…
Ces pensées lui traversent l’esprit alors qu’elle tourne dans l’allée qui mène à la statue, ...et elle l’aperçoit, marchant lentement à l’endroit choisi, elle le voit de dos mais le reconnaît, ce ne peut être que lui, ses sens le lui disent, elle ne connaît son visage que par sa photo de profil sur le site, photo qu’elle a détaillée maintes fois en échangeant leurs tendres messages mais ce corps ne peut appartenir qu’à celui qu’elle vient rejoindre, et lorsqu’il se retourne elle sait déjà qu’il est celui qui l’attend.
Il marche lentement, scrutant le bout de l’allée devant lui, il est partagé entre la difficulté de surveiller à la fois les quatre allées et le plaisir de la surprise qu’elle arrive dans celle qu’il surveille à l’instant.
Il fait demi-tour à nouveau, et subit un flash à la vue d’une silhouette, là-bas, qui avance déjà à mi-chemin, il ne distingue pas encore son visage mais sait que c’est elle, elle se détache parmi le reste des promeneurs, il ne voit qu’elle même si elle est par instants cachée par ces intrus qui veulent la dérober à cette douceur que lui procure ce moment magique.
Il a compris qu’elle l’avait vu, et reconnu elle aussi, et ils ressentent tous deux l’intensité de ce lien qui les réunit par le regard.
Ils s’approchent, se rapprochent, réduisent cette distance qui les sépare, sont partagés tous deux entre l’urgence d’être face à face et l’envie de prolonger cet instant où ils goûtent le plaisir de la promesse du premier contact, de la première rencontre, comme quand on reçoit un cadeau qu’on hésite à ouvrir pour prolonger le mystère, le moment où se fait la bascule entre l’inconnu et la découverte, ils ont tous deux cette émotion qui les envahit, ressentent cette force qui les attire.
Ils effacent les derniers mètres en se tenant déjà par les yeux, s’approchent à portée de mains, qu’ils se prennent naturellement, sans hésitation, ne disent pas un mot car tout se dit par le regard, la distance entre leurs corps se réduit doucement, sans qu’ils le commandent, comme magnétisés, ils sont presque à se toucher et ne vivent dans l’instant que par la brûlure de ce regard qui les lie.
Leurs visages sont si proches qu’ils échangent leurs souffles, ils ressentent ce bonheur de chaleur dans laquelle naît déjà un désir plus intense, il lui lâche les mains et passe ses bras autour de son corps pour la serrer contre elle, qui se blottit le visage et les mains contre son torse et se laisse entourer de ce cocon qui l’emporte, faisant disparaître le parc et la foule, plus rien autour d’eux n’existe.
Elle savoure cet instant de découverte, elle n’est pas surprise de se sentir en confiance, comme si ce corps et ces bras qui l’enserrent avaient toujours été là pour elle, et cette douceur, ces formes rassurantes, et même cette odeur qu’elle a l’impression de connaître depuis toujours lui font quitter son monde de solitude en l’assurant d’avoir trouvé un port d’attache après tant de tempêtes affrontées seule depuis trop longtemps.
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MONTENOT Florence
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Il y a 8 mois
Irma Ladousse
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Irma Ladousse
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Aelleira
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Irma Ladousse
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M.B.Auzil
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Il y a 9 mois
Irma Ladousse
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Il y a 9 mois