Fyctia
Quatrième Lune
En relevant la tête, je vois l'officier Reid en face de moi. Surprise, j'écarquille les yeux. Comment a-t-il pu me retrouver ? Je suis persuadée de ne pas avoir senti leur odeur. Et merde, ce gars n'en a pas, j'ai complètement oublié ce détail.
— Comment..., je commence afin d'obtenir des informations mais il me stope en pointant son index vers mon visage.
— Votre blessure... a disparu... Bon sang mais qui êtes-vous ?
C'est pas vrai. Dans quel petrain me suis-je encore fourrée ? Je me mords la lèvre inférieure, les gens passent près de nous sans nous porter la moindre attention. Baissant les yeux au sol, je dirige mon regard sur le côté. Tiens, un livreur de pizza garé sur la chaussée s'apprête à partir.
De toutes mes forces, je donne un coup de pieds dans l'entre jambe de l'agent avant de m'en aller en courant dans la direction du livreur. Une fois à son niveau, je m'installe derrière. Affalé sur le sol, il se tord de douleur. Le pauvre, ses bijoux de famille doivent être dans un sale état.
— Excusez-moi, pouvez-vous me déposer quelque part, je demande au jeune homme en lui montrant un billet.
— Bien sûr.
Le scooter s'éloigne de l'endroit où une foule s'amasse autour de l'homme qui souffre de douleur au sol. Un petit rire s'échappe de ma bouche. Et bien, je n'aurais jamais pensé vivre une telle journée.
Tenant fermement le conducteur, je déserre mon étreinte et tend mes bras comme un oiseau volant dans l'immensité du ciel du bleu. Les yeux clos, je me laisse emporter dans un univers magique, quelle fabuleuse sensation. J'ai toujours rêvé de faire ça depuis que j'ai vu cette scène dans "Titanic". Celle où Rose, sur le bord du paquebot, ouvre les bras telle un oiseau et où Jack la tient par derrière. Elle m'a toujours fait rêver.
Tandis que je profite de ce moment, je sursaute en entendant mon téléphone sonnner.
— Oui maman ?
— Chérie, où es-tu ? J'ai reçu un message de Cynthia me disant que tu n'étais pas en cours, que tu ne repondais pas au téléphone et qu'elle trouvait cela bizarre car tu n'as jamais raté un cours. Je pensais que tu étais tombée malade alors je suis venue voir comment tu allais. Le mot de passe de l'entrée est toujours le même ?
— Tu sais très bien que je ne le change jamais. C'est la seule date que je ne parviens pas à oublier. Le jour où je t'ai rencontrée, dis-je. Attends moi à l'intérieur, je ne suis pas très loin. Bisous, à tout de suite.
Cynthia m'a appelée ? Étrange, j'aurai dû entendre ma sonnerie. Elle est ma meilleure amie et aussi la seule personne à être au courant de ma véritable nature de loup-garou. En réalité, elle l'a découvert toute seule.
Soûle, elle débarqua chez moi un soir de pleine lune alors que je lui avais pourtant demandé de ne pas venir ce jour-là. Mais elle n'en fait qu'à sa tête. Du coup, d'après elle, j'étais allongée sur mon lit, mains et pieds liés, enfin je veux dire pattes liées. Dès que je l'a vis, je me suis mise à m'agiter et à pousser des grognements. Le lendemain, elle vint me voir et je lui ai racontée toute mon histoire.
Le livreur de pizza me dépose devant chez moi et pour le remercier de m'avoir emmener, je lui donne le billet. Il l'a bien mérité. À la grille, je compose le code avant de pénétrer dans ma maison.
La porte d'entrée est entre-ouverte, en la poussant, elle laisse échapper un grincement.
— Maman, je suis là.
Personne ne réponds. Je m'aventure plus profondément dans la maison, jettant un coup d'oeil à l'intérieur des différentes pièces vides.
— Maman ?
Plusieurs fois je répète son prénom sans entendre de réponse en retour. Le bruit de mes pas retentit dans toute la maison. Où est-elle ? D'habitude, elle m'attends impatiemment dans le salon le temps que j'arrive.
Un mauvais pressentiment s'empare de moi, je décide de le rendre à l'étage. Elle est peut-être en train de fouiller mes affaires, même si cela me mettrait en colère, j'espère que c'est le cas. Mon coeur battant à tout rompre risque de s'échaper de mon corps tellement je suis effrayée.
Je traverse doucement le couloir dont les murs sont denués de toutes décorations. Sur le seuil de la porte de ma chambre, ma main tremble devant le poignet. Une odeur de sang envahit mes narines. L'odeur de ma mère. J'ouvre violement la porte et aperçoit sur mon lit des tâches écarlates.
À la vue de ce liquide, le loup-garou scellé en moi essaye de prendre le dessus mais je respire profondément et parviens à garder le contrôle. Je m'approche de mon lit et saisis le papier laissé dessus.
« Ma jolie, on va gentiment garder ta mère avec nous. On te laisse 24h pour nous retrouver, sinon on va bien s'amuser avec elle. »
Je laisse tomber le bout de papier et pousse un cri en m'écroulant sur le sol. Qui a osé faire ça à ma mère ? Je vais tuer cette personne de mes propres mains ! Sans perdre une seconde de plus, je me transforme en loup.
Par habitude, je ne souffre plus lors de la transformation. Ainsi, les griffes tranchantes, les longues canines et les poils qui poussent partout sur mon corps ne me rende plus malade après la métamorphose.
Me penchant sur le morceau de papier, je le renifle avant de m'en aller vers l'entrée à présent totalement transformée en loup.
Mais je me stoppe net. Que faire lorsqu'une personne vous vois dans cette apparence ? Je ne me suis jamais posée la question. Jusqu'à aujourd'hui.
— Eileen ?
9 commentaires
Wallie
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CaroWritings
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Moedora
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C.J Stan
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Wallie
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Valerie27( valeriejchesnay)
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Il y a 9 ans