Fyctia
Encore plus de questions
Eriem a failli piquer une crise lorsque je lui ai raconté notre entraînement en camp. Elle voulait même aller démolir la tête d’Inaki. L’état dans lequel j’étais quand je suis rentrée l’a fait flipper.
Après une bonne douche, et des explications sommaires sur mes conditions de sommeil durant cette semaine, elle ne tenait plus en place. Heureusement que j’ai passé sous silence une partie de la vérité. Je n’ai pas eu à cœur de lui raconter que j’ai dû chasser seule en pleine nuit pour me nourrir. Quand j’ai vu sa réaction quand je lui relaté l’épisode des tentes, j’ai préféré taire le reste.
Et la voilà dans la cuisine à faire les cent pas en maudissant les membres de mon escadron.
— Tu ne me préparerais pas une de tes potions pour revivifier mes muscles ? lui demandé pour détourner son attention.
— Tu n’essaierais pas de me distraire par hasard, me toise-t-elle, l’air sévère.
— Loin de moi cette idée. Mais j’ai vraiment mal partout.
— Je vais te concocter ça. Mais ne crois pas que nous en avons fini.
— Si, le sujet est clos. Je travaille aux côtés de ses hommes Eriem. Je dois me faire ma place. Et mon petit doigt me dit qu’il s’agit d’une simple mise en bouche. Je vais y arriver.
— Tu dis ça depuis presque deux mois.
— Aramenia ne s’est pas créé en un jour, lui rappelé-je.
— Je sais.
Elle se dirige vers la cuisine, beaucoup trop touchée par ma situation. Il va falloir que je dose mes paroles en sa présence, je ne veux pas qu’elle s’en fasse pour moi.
— Et si tu m’aidais ? me propose-t-elle. On pourrait faire ce don tu as besoin pour ton pèlerinage.
— Je n’ai besoin de rien pour me rendre à l’Arbre de Vie, la rassuré-je. J’y vais en tant que pèlerin, pas soldat.
— Fais-moi confiance.
Je hausse les épaules sachant pertinemment que je n’aurais pas le dernier mot. Je la suis dans la cuisine.
***
La semaine file à toute vitesse. La veille de mon départ, je passe rendre visite à Gran.
Je lui raconte mon engagement en tant que soldat, ce qui la surprend même si elle ne l’exprime pas clairement. Je capte juste l’expression qui traverse son regard. Et lui annonce mon départ imminent en pèlerinage.
— Tu pourrais ne pas aimer ce que tu vas découvrir, s’inquiète Gran.
— Il ne peut rien m’arriver de pire qu’être une ersogg, tu ne penses pas ? lui demandé-je.
— Ersogg, ou non, tu attends quelque chose de ce périple. Ne place pas trop d’espoir en cette vieille légende.
— Vieille légende, tu parles de la bénédiction d’Onia à un ersogg ?
— Je sais que tu as passé beaucoup de temps à la bibliothèque à la chercher. Sache que ce ne sont que des rumeurs. Aucun récit concret ne relate ce phénomène. L’ersogg n’a même pas de nom, il n’a pas d’âge, et n’est donc pas identifiable. Ne te remplit pas la tête de ses sornettes.
J’ai l’étrange impression qu’elle en sait plus qu’elle ne veut bien le dire.
— Viens me rendre visite quand tu rentreras, me dit-elle.
— Je le ferai, acquiescé-je.
— Bien, je suis attendue au centre-ville, je ne te retiens pas. Et que les dieux te protègent ma petite fille.
Ses dernières paroles sonnent bizarres. Mais elle ne me laisse pas le temps de lui poser d’autres questions. Elle me pousse hors de sa maison et s’en va.
Je suis perplexe. Ma grand-mère sait plus de choses qu’elle veut bien le dire. Et je compte bien la confronter à mon retour. Mes origines sont floues, je suis sûre que ma non-affiliation a quelque chose à voir avec mes parents. Et la seule personne qui puisse me dévoiler ses informations, c’est Gran.
J’ai rendez-vous à l’Académie ce soir pour le discours de sécurité, la composition des binômes et le chargement de nos bagages.
Nous partons demain aux premiers rayons d’Espolis. Autant dire que la nuit va être courte.
Adriel vient me chercher pour aller rejoindre les autres. Nous ne nous sommes pas beaucoup croisés cette semaine. Il n’est étonnamment pas venu à la maison et même au Guerilium, nous n’avons pas eu les de cours en commun. Lui, avec son affiliation à la terre est un guerrier magique recherché. Il passe donc beaucoup de temps d’entraînement dans les salles réservées à l’usage de son pouvoir.
— Tu vas bien ? me demande-t-il lorsque je le rejoins devant chez moi, mon sac à dos sous le bras.
— Un peu anxieuse, mais qui ne le serait pas, lui confié-je.
— C’est normal, mais tout va bien se passer. Il te reste encore trois mois pour découvrir ton affiliation, tout n’est pas perdu.
— Mais, rares sont les personnes devant attendre leurs vingt et un ans pour être affiliées.
— Rares, mais ça s’est déjà vu, plus souvent que de voir des ersoggs.
— Tu parles, plus on est affilié tardivement, moins nos pouvoirs sont utiles.
Je souffle et regarde mes pieds. Entre n’avoir aucun pouvoir et en avoir un tout petit, je ne sais pas ce qui me fait le plus peur.
— Allez, tout va bien se passer, me lance Adriel en passant la main sur mes épaules.
La conversation se fait plus légère, et lorsque nous atteignons l’Académie, mon humeur est de nouveau au beau fixe.
Nous sommes accueillis dans une salle de cours. D’un côté, il y a les militaires qui nous accompagneront et de l’autre, les pèlerins.
Je me retrouve avec une dizaine d’enfants entre cinq et quinze ans pour la plupart. Seule une fille a l’air plus âgée. Mais je suis de loin la plus vieille.
— Bienvenue à tous. Vous êtes ici en prévision de votre départ pour l’Arbre de Vie. Vous laisserez vos affaires dans le casier prévu à cet effet à l’avant de la salle à la fin du court. Un groupe de militaires sera en charge du transport. Je vous rappelle les consignes de sécurité : vous n’avez aucun droit de vous éloigner du groupe, les animaux sauvages ne vous feront aucun cadeau ; les plus petits, il vous est recommandé de tenir la main de votre protecteur pour ne pas perdre le rythme. Une fois l’objectif atteint, la stèle d’Onia vous sera indiquée. Vous devrez vous prosterner devant elle et faire vœu d’allégeance. Cela sera à effectuer chacun son tour. Vous ne devez en aucun cas vous approcher ou toucher l’Arbre de Vie. La magie qu’il contient est i puissante, que depuis la création de notre monde, seuls quelques élus y ont survécu.
J’écoute attentivement le reste de son laïus puis vient le moment de la composition des binômes. J’espère être avec Adriel, au moins, je pourrai bavarder pendant le trajet.
Il liste tous les enfants présents dans la salle ainsi que leur protecteur. Adriel est appairé avec un petit rouquin qu’une dizaine d’années. Tant pis pour moi.
— Ariane, vous serez avec Inaki.
Mes yeux s’agrandissent comme des soucoupes. Pourquoi mettre un combattant aussi aguerri avec un soldat ? C’est à n’y rien comprendre.
33 commentaires
Elo François
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Il y a 5 ans
benoit45
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Charlie L
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Camille Jobert
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