Fyctia
Chapitre 10 - Partie 1
Je me hissai sur la branche la plus basse d’un arbre et l’escaladai jusqu’à me sentir à l’abri. Même si l’agilité était la spécialité de Zoryn, je n’avais pas à rougir de mes performances de ce côté. Ce fut donc sans difficulté que je passai d’un arbre à l’autre, aussi discrète qu’une ombre dans les feuillages. Par chance, le brouhaha des gradins m’épargnait la crainte d’être repérée en cas de craquement peu naturel d’une branche, et je parvins sans mal jusqu’au camp des verts. Ceux-ci s’étaient surtout répartis en défense et je dus faire preuve de la plus grande vigilance lorsque je remarquai deux sentinelles placées en hauteur. Ils ne m’avaient pas encore aperçue, mais je ne pouvais pas approcher davantage. Évaluant mon environnement, je lâchai une pelleté de jurons intérieurs. Il n’y avait aucune faille évidente. Outre ceux qui montaient la garde dans les arbres, il y avait un autre duo qui patrouillait, aux aguets, tandis que les derniers membres de l’Académie Terrestre demeuraient invisibles. Ils étaient sûrement partis tenter de capturer une bannière quelque part, mais d’où je me trouvais, je ne pouvais pas voir le centre de l’arène. J’entendais le combat continuer de faire rage, sans toutefois être en capacité d’aider mes camarades.
Frustrée, je réfléchis à mes options. À ce stade, si je me dévoilais aux verts, ça n’aurait plus d’importance du moment que je leur volais leur étendard. Le problème, c’était qu’à quatre contre un, mes chances étaient faibles. Si j’avais pu utiliser mon don, la balance aurait penché en ma faveur, mais je n’étais pas prête pour ça. Je pouvais aussi tenter de les neutraliser un par un, cependant…
Je n’eus pas le temps d’aller au bout de ma pensée car je sentis soudain un nouveau pouvoir à proximité, bien plus proche que les autres. Je me tournai vivement pour en chercher sa source, sans succès. Il y avait un élémentaire de feu dans les parages, mais je reconnus la familiarité de sa signature énergétique. Au bout de quelques secondes, Zoryn atterrit en silence sur la branche au-dessus de la mienne.
— Tu en es où ? s’enquit-elle à voix basse.
— J’ai la bannière blanche. Toi ?
— Impossible de capturer discrètement celle des bleus. Ils restent en défense. À mon avis, ils vont attendre le dernier moment pour tenter une percée, lorsque le plus gros des forces sera épuisé.
Ce n’était pas une mauvaise stratégie, mais ça signifiait que nous allions devoir mettre la main sur celui des verts. Ensuite, nous n’aurions plus qu’à retourner défendre notre position jusqu’à la fin du temps règlementaire.
Un plan germa dans mon esprit et je réfléchis quelques secondes en silence.
— Je vais descendre, déclarai-je en chuchotant. Attends que tout le monde soit concentré sur moi puis fonce récupérer l’étendard vert et rentre au camp.
Je sortais déjà la bannière blanche de mon pourpoint pour la lui confier, mais elle leva la main pour arrêter mon geste.
— Seule contre quatre ? Sans pouvoir offensif ? Nyx, tu es douée mais pas à ce point, opposa-t-elle, les sourcils froncés.
Je me retins de soupirer et lui fourrai ma prise précédente dans les bras.
— Fais ce que je te dis. Tu attrapes la cible et tu t’en vas. Ne m’attends pas.
— Tu risques d’être faite prisonnière.
— Et ?
— Et ça nous fera perdre des points, s’agaça-t-elle.
— Pas assez pour nous retirer l’avantage.
— Ce sera quand même mal perçu pour notre équipe. Et pour toi en particulier. Je croyais que tu voulais absolument gagner ces épreuves ?
Je poussai au profond soupir exaspéré.
— C’est mon problème…
— Et celui d’Auris, me coupa-t-elle. En tant que chef d’équipe, si sa stratégie mène à une faille…
— Zoryn. Tu as une meilleure idée ? l’interrompis-je à mon tour.
Elle pinça les lèvres, confirmant ce que je pensais. Si elle croyait que jouer la carte « Auris » aurait la moindre incidence sur moi, elle se plantait. Je savais ce que je faisais, à peu près. Dans l’éventualité d’une capture, ce serait considéré comme une perte acceptable et Auris n’en subirait aucune conséquence.
— Je pourrais faire diversion pendant que tu ramènes les bannières, finit-elle par suggérer. J’ai des pouvoirs qui feront la différence.
— Justement, ils permettront de les protéger jusqu’à destination si on te repère. J’ai moins de valeur que toi, donc je descends. Fin de la discussion.
Elle souffla d’agacement mais n’ajouta rien. Je n’attendis pas plus longtemps pour sauter sur la branche suivante, profitant de la position actuelle du Terrestre qui me tournait le dos. Lorsqu’il sentit ma présence, c’était trop tard pour lui. Je passai mes bras autour de son cou, le coinçai dans le creux de mon coude et serrai. Aidée de mon autre main pour conserver ma prise pendant qu’il se débattait, j’appuyai la pression sur sa carotide jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Après m’être assurée qu’il ne risquait pas de tomber de son perchoir, je bondis sur une autre branche et m’approchai aussi vite que possible de l’autre sentinelle. Celui-ci me repéra avant que je l’atteigne, lançant aussitôt une alerte. Je me jetai sur lui et nous dégringolâmes. Le choc de l’atterrissage fut rude et je me sentis désorientée un instant. Je repris toutefois le dessus et m’engageai dans un combat au corps à corps avec le vert.
Son poing visa ma joue, je me baissai. Il tenta une balayette, je sautai. Il augmenta la cadence de ses attaques, mais je les contrai toutes, jusqu’à ce qu’il décide d’utiliser son don. Alors que son coude fusait vers mon ventre et que j’esquivai en tournant sur moi-même, une bourrasque manqua de peu me renverser. Je ripostai d’une feinte du pied pour mieux lui coller mon poing dans la tempe, au moment où ses deux amis arrivaient en courant. Ils avaient dégagé la voie pour Zoryn. Je n’avais plus qu’à lui laisser un peu de temps avant de fuir à mon tour.
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