LauraB. Une insolente curiosité Chapitre Un

Chapitre Un

Une bouteille de bière dans les mains, l’esprit parti dans un autre monde, je regarde sans voir ce qu’il se passe autour de moi. Je me trouve dans un bar qui est dans la ville voisine à la mienne. C’est ici que j’attends mon unique rendez-vous de la soirée. Je jette un coup d’œil à l’écran de mon téléphone, il a déjà cinq minutes de retard. Soupirant, exaspéré, je mets mon portable dans la poche de mon jean et jette un coup d’œil autour de moi. Le lieu est bondé, mais pour mon plus grand soulagement je ne vois aucun visage familier. Un bruit de verre brisé, se fait entendre bar et je remarque une fille aux cheveux blonds, accroupie pour ramasser les bouts de verre brisé éparpillés sur le sol.

Je lève les yeux au ciel, les gens maladroits et empotés ont le don de m’agacer profondément. Je sors de nouveau mon téléphone, il a dorénavant dix minutes de retard. Je n’attendrais pas plus longtemps. En rangeant mon téléphone, je vide le reste de ma bière en une gorgée et la repose sur la table avec le compte pour la payer.

Je me lève et me heurte à un petit corps, un liquide brûlant coule sur ma nouvelle chemise et un bruit de fracas s’ensuit. Les yeux écarquillés, je regarde ma chemise tachée de café, puis la personne responsable. C’est une fille blonde, la même qui a cassé le verre plus tôt. Sous le choc, elle est tombée en arrière avec son plateau et tout son contenu c’est déversé sur elle. En colère, je ne me soucie pas de son état et crie assez fort pour attirer l’attention de la moitié du bar.


- Tu ne peux pas faire gaffe ? Apprend à marcher droit et à regarder devant toi.

- Dé…désolée, bégaie-t-elle en se redressant.

- Tu…

- Luke ? demande une voix qui m’interrompt une voix.


Je tourne la tête vers la voix à l’appel de mon prénom, prêt à me battre avec son possesseur, mais je reconnais mon client. J’avale ma salive, ne sachant comment réagir devant lui. Du coin de l’œil je remarque que la fille se relève. Mon client tourne la tête vers elle, et son visage ne montre aucune émotion, comme toujours.


- Pouvez-vous ramener une serviette pour nettoyer la chemise de mon ami, je vous prie.


Je regarde la fille, elle est aussi haute que trois pommes et ressemble à une poupée de porcelaine. Apparemment rassurée de l’intervention de mon client, elle lui lance un sourire éclatant et hoche la tête positivement en retournant vers le bar. Soupirant je me rassoie sur le canapé en cuir noir et mon client, un dénommé Nathan, s’assoie en face de moi. C’est un homme d’affaire. Il est papa de deux filles et a une femme merveilleuse, pourtant il préfère passer ses vendredis soir dans une chambre d’hôtel en ma compagnie qu’avec elles. Il me dégoute, lui et les autres hommes d’affaire comme lui.

J’enfonce mes mains dans mes poches et détail sa mâchoire carrée, ses yeux gris et ses cheveux d’un noir de jais qui sont parfaitement coupés. Il a une quarantaine d’année mais je lui en donnerai cinq de moins.


- Tu es en retard ! dis-je d’un ton sec.

- Excuse-moi, je suis sur un gros dossier en ce moment.


Je hoche négligemment la tête, alors que la petite serveuse empotée revient avec une serviette mouillée entre les mains. Elle me regarde un instant avec de grands yeux étonnés, mais s’occupe finalement de ma tâche. Nous restons silencieux pendant ce temps et elle finit par s’éclipser en une pirouette. Lorsqu’elle fut loin, Nathan se penche vers moi, ses yeux assombris tel un ciel orageux. Je connais ce genre de regard et j’en connais également le présage. Me redressant, avec une grimace, je tends l’oreille pour écouter ce qu’il dit tout bas.


- Allons-y ! J’ai attendu ce moment toute la semaine.


Il se lève et quitte le bar de sa démarche assuré. Je soupire encore une fois et me lève à mon tour, mais mon regard s’attarde en direction du bar. La gamine blonde si trouve et me fixe, je peux y lire chaque question qu’elle se pose. Je lui lance un regard assassin, je n’ai toujours pas avalé ce qu’elle a fait à mon tee-shirt et je quitte le bar à mon tour.

Dehors, de petites gouttes de pluies tombent et la fraicheur de l’automne s’infiltre sous mes vêtements, faisant parcourir un million de frissons sur ma peau et me rappelant la mauvaise idée que j’avais eu de ne venir qu’avec un simple tee-shirt. Regardant de droite à gauche, je vérifie qu’aucune voiture ne risque de m’écraser avant de traverser le passage piéton. Nathan se trouve devant l’hôtel, à l’abri sous le porche. Quand j’arrive à sa hauteur, il m’ouvre la porte et me suit dans le petit hall. Ce n’est pas le grand luxe, mais c’est un hôtel accueillant et pas trop miteux, un endroit parfait pour la discrétion.

Je m’approche du comptoir et un homme me tend une clé sans me lancer un seul regard, continuant à s’intéresser à son magasine de foot. Je l’attrape, ne dis rien et monte les marches qui mènent au premier étage. J’appréhende un peu la soirée, mais je reste calme. Autant ne jamais montrer ses peurs ou ses angoisses aux gens, cela montre la faiblesse, et la montrer leur permettra de te manipuler. Oui, c’est une leçon de morale, mais c’est la plus importante que j’ai appris.

Nous nous arrêtons devant la porte 169, j’insère la clé dans la serrure et ouvre la porte. Nous entrons dans une petite chambre où se trouve un lit double, un canapé à fleurs et une petite commode, le tout dans les tons rose pastel et blanc, ce qui me donne presque envie de vomir. La porte n’est pas encore refermée que Nathan s’affale sur le divan. Je ferme à clé la porte et les laisse dans la serrure, pour être sûr que personne ne puisse entrer.


- Luke, je t’attends !


Je mords l’intérieur de ma joue pour éviter de faire une réplique désobligeante et je vais me placer devant lui. Il a les jambes écartées, les mains de chaque côté de son corps et me regarde avec désir. Quel vieux porc ! Me mordant une nouvelle fois la joue intérieure, je me laisse tomber à genoux entre ses jambes et lève les yeux dans sa direction, le visage neutre.


- Tu as le compte, cette fois ?


Il soupire de frustration, fouille dans la poche intérieure de sa veste et en sort une liasse de billets jaunes qu’il jette à côté de lui sur le canapé. Je regarde la liasse, comme si le fait de la regarder allait m’assurer que la somme y était, mais Nathan lit dans mes pensées


- Il y a le compte, avec ce qu’il manquait la dernière fois. Maintenant ne me fais pas attendre une seconde de plus Luke, sinon tu risques d’avoir mal à ton joli petit cul pendant des jours.


Sachant sa menace sérieuse, je me reconcentre sur sa bosse, ouvre sa fermeture éclair pour avoir accès à son caleçon, que je baisse. M’aider à dégager son sexe de sa prison de tissus et son excitation est dévoilé devant mes yeux. La nausée monte dans ma gorge et y reste bloquée. J’inspire profondément pour dégager cette sensation désagréable et attrape sa verge d’une main. Un coup d’œil en direction de la liasse de billet, me donne le courage de continuer. Après tout, la prostitution n’est-il pas le plus vieux métier du monde ?

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3 commentaires

Nascana

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Il y a 2 ans

Intéressant comme idée. Le personnage paraît antipathique à première vu, mais peut-être est-ce une protection à cause de son vécu difficile ?

CaroWritings

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Il y a 8 ans

peut être envisager de te faire relire par quelqu'un de ton entourage ? En tout cas, dans l'ensemble ça m'a bien plu ! Bon courage pour l'écriture de la suite :) ~CarolineH

CaroWritings

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Il y a 8 ans

Coucou LauraB ! Je viens de lire ton premier chapitre et j'aimerais t'en faire un retour constructif. J'espère que tu apprécieras ! Je vais commencer par les points positifs. Je trouve que tu écris bien, l'enchainement des idées est fluide, la lecture agréable, ce qui est un bon point. Je trouve le fond de l'histoire hyper intéressant, surtout avec le point de vue masculin. Suivre les aventures d'un gigolo, ça me donne vraiment envie ! Surtout avec ce qu'on sait du résumé, à savoir qu'il va y avoir du chantage impliqué, etc. Je trouve que c'est une idée originale, qu'on ne croise pas partout et ça, j'apprécie. Avec ton point de vue masculin, tu t'inscris bien dans les termes du concours et c'est super (ça peut paraitre anodin, mais j'ai vu beaucoup de récits avec un point de vue féminin pour ce concours). Maintenant, les points négatifs. Je pense que tu devrais faire juste un petit peu plus attention aux détails. Un coup ton héros a une chemise, un coup c'est un t-shirt. C'est un peu bête, mais c'est le genre de détails qui peut perturber la lecture (en tout cas, moi, ça m'a perturbée). Attention également à quelques coquilles (ex: "demande une voix qui m'interrompt une voix") qui peuvent également perturber à la lecture. Dans l'ensemble, ces points négatifs peuvent être facilement gommés avec une relecture. Tu te relis peut être déjà et si c'est déjà le cas, tu peux
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