Fyctia
Joies
Le mois de juillet était arrivé. Manon avait envoyé depuis trois mois son feuillet et était depuis restée sans nouvelles. Tout ce qu’elle savait, c’était que son paquet était bien arrivé chez l’éditeur, si elle en croyait la secrétaire sur laquelle elle était tombée en prenant contact avec la maison. En attendant d’en savoir plus, la jeune femme avait loué un studio, qui lui conférait l’avantage de ne plus avoir, à 24 ans, à cohabiter avec ses parents.
Manon était aussi parvenue à trouver un travail de garde d’enfants chez une famille de son quartier. Elle devait donc y passer la majeure partie du mois de juillet, alors que les parents des trois enfants dont elle avait à s’occuper devaient eux-mêmes travailler, et cela lui permettait de supporter l’attente, sans que celle-ci lui soit pénible, tout en lui procurant un certain plaisir dû au fait de se voir confier des responsabilités.
La jeune femme vaquait donc à ses occupations de bonne d’enfants, faisant la vaisselle laissée par ces derniers partis faire la sieste en raison de leur jeune âge, lorsqu’elle reçut un appel impromptu. Elle y répondit, attrapant son téléphone et le coinçant entre son épaule et son oreille sans même desserrer la prise qu’elle exerçait sur l’assiette qu’elle était en train de sécher.
« -Bonjour mademoiselle ! entendit Manon. Ne quittez pas, monsieur Lerica souhaite avoir un entretient téléphonique avec vous. »
La vois suave au ton enjoué laissa place à une musique destinée à faire patienter l’auditeur. En se dirigeant vers le salon, sans quitter la communication, Manon sentait l’adrénaline traverser tout son corps. Monsieur Lerica, l’éditeur à qu’il elle s’était adressée, la recontactait. Il devait donc avoir quelque chose d’important à lui dire, sinon il aurait laissé quelqu’un d’autre accomplir la besogne, non ? L’angoisse prenait Manon au corps, elle avait peur de ne pas bien savoir répondre à l’éditeur.
L’attente supplémentaire à laquelle la jeune femme était contrainte ne fut pas particulièrement longue, et c’est assez rapidement qu’un homme, qui parut plutôt agréable à Manon reprit la ligne.
« -Oui allô, mademoiselle Bottier ? commença-t-il. »
Mais la jeune femme ne put répondre, intimidée d’avoir son peut-être futur éditeur au téléphone. Par chance, ce dernier n’attendait pas de réponse et continua :
« -Voilà, je vous téléphone au sujet du livre que vous avez confié à notre maison d’édition. Je ne l’ai entre les mains que depuis hier, mais j’avoue que je suis très intrigué. Je pense que le mieux serait que nous nous voyons… à moins que vous ayez déjà une offre par un concurrent ?
-Non… répondit enfin la jeune fille, qui pourtant aurait aimé bluffer mais avait peur de perdre sa seule offre actuelle. Non, aucune autre maison ne m’a rappelée. Je ne pensais même pas avoir l’honneur que ce soit vous en personne qui le fassiez.
-Mmmh, c’est vrai que nos délais sont un peu longs. Mais j’aime à contacter moi-même les auteurs des chefs-d’œuvre. Êtes-vous libre demain à… quatorze heures, mettons ? Nous aurons ainsi largement le temps de discuter de votre publication ! »
Encore une fois, Manon ne voulait pas tenter la carte du risque en disant qu’elle était occupée et en faisant croire qu’elle avait un emploi du temps chargé. Tant pis pour son travail de gardienne d’enfants, puisque sa vie allait prendre un nouveau tour !
« -Oui, je serais libre demain, dit-elle moins mal à l’aise qu’au début de l’entretien.
-Parfait ! Vous aurez juste à vous annoncer aux secrétaires de mon bureau, elles seront au courant et vous introduiront. »
Sans plus attendre, l’éditeur coupa la communication, ce qui maintint Manon dans son idée : il s’agissait là d’un drôle de personnage.
Outre ces idées, la jeune femme était folle de joie et ne tenait plus en place. M.Lerica avait bien parlé de discuter de la publication de son propre roman, à elle ! Elle avait envie de sauter sur place, de sortir et de courir en criant sa joie. Depuis son enfance, elle écrivait des histoires et elle avait arrêté ses études de médecine au beau milieu de la cinquième année pour se consacrer à cette passion. En arriver à ce stade était pour elle une consécration, un aboutissement de sa vie !
Pour l’heure, ces idées de réjouissances n’étaient cependant que des projets, car déjà les enfants dont elle devait s’occuper se réveillaient de leur sieste. Il allait lui falloir trouver de quoi les occuper calmement d’ici le soir.
***
Une fois de retour chez elle, le soir, sans avoir annoncé à ses employeurs qu’elle ne pouvait assurer le service de l’après-midi par peur de perdre l’emploi, Manon chercha dans ses placards, au nombre de deux, la tenue la plus adéquate pour son rendez-vous du lendemain. Elle opta donc pour un chemisier sans prétentions et un jean. Puis, ayant vérifié que ces affaires n’étaient ni froissées ni abimées et s’accordaient ensemble, elle les posa sur sa chaise et se coucha, toujours excitée cependant à l’idée de rencontrer l’éditeur le lendemain.
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IsaLawyers
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A.L.
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Charles Ittéraire
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Il y a 8 ans
Valerie27( valeriejchesnay)
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Il y a 8 ans