Sarah Marty TEL EST PRIS... Chapitre 14 suite

Chapitre 14 suite

Isabel, Javier, Reyes, le Maire. Il semblait clair que, en raison de quelques conflits avec Diego, tous préféraient défendre leurs propres intérêts plutôt que la mémoire des victimes. Ou bien, pensaient-ils agir en leur nom.

- Cette enquête vous dépasse, Martinez, vous n’êtes pas à la hauteur de vos compétences, et je confie désormais l’affaire au lieutenant Solenza.

Diego se dit que Javier, à son expression particulièrement enjouée, devait bander comme un fou.

- Si ça ne tenait qu’à moi, je vous aurais suspendu de vos fonctions, mais après délibération, nous préférons vous mettre en congé pour une durée d’une semaine.

Il s’ensuivit un silence solennel où chacun devait se recueillir dans ses sentiments personnels (la joie, la déception, le soulagement ou le déshonneur au choix), un silence à peine perturbé par un froissement de papiers que le gros Reyes s’occupait à ranger sur son bureau. Il leva à nouveau les yeux vers Diego, statique, comme s’il se languissait d’une suite aux événements.

- Votre congé prend effet maintenant, lieutenant Martinez, à moins que vous ayez quelque chose à ajouter.

Le banni jubilait.

- Je veux seulement vous avertir de ceci : je résoudrai quand même l’enquête.

- T’as pas compris, ou tu le fais exprès !

Javier avait bondi devant lui tel un couguar sur sa proie.

- Solenza ! rugit le chef qui avait réussi à décoller ses fesses de la chaise sans la fracasser. Martinez ! Sortez de mon bureau, et je vous interdis de fourrer de loin ou de près votre nez dans cette affaire !

Le combat de coqs n’allait pas avoir lieu, mais on voyait bien que les deux hommes se faisaient violence pour ne pas s’attraper à la gorge.

- Moi aussi, je dois t’avertir d’une chose, Diego. Je t’ai à l’œil.

Nouveau sourire amusé.

- Mais j’y compte bien.


Lundi


Ça lui martelait comme si son cerveau se cognait contre les parois de sa boite crânienne, alors qu’il avait la sensation que le reste de son corps flottait à un mètre au-dessus de son lit. Diego était resté là, avachi, aussi inerte qu’une plante morte, jusqu’à ce que les rayons du soleil à travers la fenêtre l'informe qu’une nouvelle nuit blanche s’ajoutait à son palmarès.

6 heures 23 sur le réveil digital. Les yeux lui picotaient, fatigués de fixer le plafond dont la peinture ocre craquelait un peu. Fatigués de chercher à le percer pour peut-être lui indiquer plus clairement ce qu'il devait faire. Les picotements se faisaient de plus en plus vifs, et cela l'exaspérait. Ses insomnies entrecoupées de cauchemars sordides, tantôt inspirés par les meurtres, tantôt par la haine qu'il vouait à ce sale bâtard de Solenza, l'avaient quand même consolidé dans son choix de continuer coute que coute, c'était son affaire ! Il n'avait pas joué franc-jeu avec Javier et ce gros balourd de Reyes, il avait scrupuleusement omis de leur parler des bébêtes tueuses de l'université. Il aurait bouclé l'affaire bien avant que Solenza fasse le lien ! Il s'était d'ores et déjà assuré de la complicité de la jolie Afro-cubaine. Dolorès avait accepté de tenir sa langue encore quelques jours en échange d'un diner pour deux à l'Estoril de Polanco.

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6 commentaires

Sarah Marty

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Il y a 2 ans

Merci Judith de toutes tes observations, je prends bonne note !

Judith | Fyctia

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Il y a 2 ans

Bonjour Sarah ! Je suis venue lire les premiers chapitres de ton histoire et te faire un retour sur ces derniers 😊.

Judith | Fyctia

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Il y a 2 ans

Tu réussis à nous plonger directement au cœur de l'intrigue en introduisant le mode opératoire du meurtrier par empoisonnement anodin, créant immédiatement une atmosphère déconcertante et maintenant ainsi l’attention du lecteur, bien joué ! Une autre force de ton récit réside dans ta maîtrise de l'utilisation d'un lexique technique et médical qui renforce la crédibilité de l’histoire. De plus, l'habileté avec laquelle tu entrelaces la carte de tarot de la "Mort" avec les meurtres des voyantes est subtile et fine, créant un fil conducteur intéressant. Cependant, j'ai remarqué quelques zones d’ombres dans ton récit. Par exemple, là où tu réussis à maintenir un rythme dynamique, des touches d'humour ou de légèreté apparaissent parfois de manière maladroite, notamment dans le huitième chapitre, lors de la description du personnage de Carmen. Le ton léger et familier contraste étonnamment avec la scène qui précède, créant une dissonance narrative qui pourrait perturber l'immersion de ton lecteur. De plus, je te conseille de revoir la crédibilité de certaines scènes. Bien que l'entretien avec la voyante révèle des aspects de la psychologie du Lieutenant, le passage concernant les rêves peut sembler un peu trop invraisemblable pour le lecteur. C’est pourquoi il est important d’être attentif à ces éléments pour permettre au lecteur d'être pleinement investi dans le récit.

Judith | Fyctia

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Il y a 2 ans

Diego se révèle être un personnage qui capte immédiatement l’attention, sa personnalité désabusée étant l'une de ses particularités, et ses actions audacieuses et ses paroles frôlant parfois l'insubordination le rendant intrigant. Toutefois, c'est sa profonde introspection et les doutes qui le rongent au sujet de sa propre culpabilité qui le rendent authentique et attachant. Le chapitre 13 est particulièrement marquant, car c’est un moment-clé dans lequel le lecteur peut ressentir son tourment. Néanmoins, je te suggère de maintenir un équilibre dans la caractérisation de Diego. Sa violence parfois irréfléchie peut, à certains moments, risquer de le rendre antipathique. Il serait donc intéressant d’apporter plus de nuances, afin de prévenir tout risque de détachement de la part du lecteur. Par ailleurs, je te recommande d’inclure davantage de chapitres du point de vue du tueur : celui que tu as dédié à cet aspect permet déjà au lecteur de percevoir une facette de la psychologie du tueur, mais je pense que cela devrait être approfondi. Insister sur les pensées du tueur tout au long du récit pourrait non seulement enrichir l'intrigue, mais également captiver davantage le lecteur en le plongeant au cœur du côté sombre de ton récit.

Judith | Fyctia

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Il y a 2 ans

Enfin, je te conseille d’être attentif à la distinction entre la première et la troisième personne dans la narration car le manque de transition ou de clarté entre ces deux focalisations peut perturber le lecteur. Peut-être pourrais-tu différencier les passages à la première personne en les mettant en italique, ce qui faciliterait la compréhension de l’histoire. De même, veille à bien distinguer la narration des dialogues. Des sauts à la ligne ou l'utilisation de tirets cadratins peuvent être des moyens efficaces pour marquer cette distinction. Le manque de ces éléments peut parfois freiner la fluidité de la lecture, par conséquent, en appliquant ces méthodes, tu permettras au lecteur de suivre plus aisément le récit !

Judith | Fyctia

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Il y a 2 ans

J’espère que ces conseils te seront utiles et te souhaite une bonne continuation pour tes prochaines écritures ! My Camille, équipe Fyctia
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