Fyctia
Chapitre 23 GUILLAUME
Me voilà dans ce foutu bar. Là où toute cette histoire de dingue a commencé.
Sur le coup de la colère, j'ai invité Nathan afin de lui expliquer ma rencontre avec Aline.
Quelle triste ironie! Quand je pense au rejet d’Aline et de sa main sur ma joue, mon cœur se serre. Mais je comprends sa réaction, j’aurai fait pareil, après avoir été embrassé contre mon gré.
Mais bon sang, ce qu’elle provoque en moi devient ingérable.
Assis à ma place habituelle avec un verre de whisky en main, mon plan devient tout à coup dangereux. L'engrenage dans lequel nous avons mis les pieds est bien trop important pour envisager un simple aveu. Cela risque de mettre à mal une amitié déjà bien fragile et surtout, de laisser Aline entre des mains peu fiables.
Car je connais Nathan. Il est loin d’être une blanche colombe. Lorsqu’il ne trouve pas d’issue à ses problèmes, il peut se montrer irritable. Il était la tête d’affiche dans sa famille, celui qui attire toutes les attentions par ses coups de colère ou caprices démesurés. Laissant souvent Laura dans l’ombre. Ce qui lui a malheureusement valu d’être diagnostiquée beaucoup trop tard.
- Un autre sex on the beach, s'il-vous plaît, prononce Dorian au serveur.
Il accueille son cocktail tout sourire, en boit une longue gorgée puis il continue en posant son verre :
- J'adore cette boisson.
- Oh ça, je l’ai bien compris !
- Mais au fait...
Il tend sa main et attend. Je lâche un long soupir et cherche dans mon portefeuille un billet bleu. Il le récupère avec un sourire aussi large qu’un deux tonnes. Il est fier de lui en plus ! Aurais-je sous-estimé ce cher Dorian ?
- Je serais ravi de te tirer d'affaires une nouvelle fois !
- Je pense qu'on est bon là...
Mon téléphone vibre. Mon rythme cardiaque s’accélère. C’est Aline :
- Je pensais organiser une baby shower pour l’arrivée du bébé, tu en penses quoi ? me surprend Dorian.
- Heu et bien…
Tout en tapant une réponse à mon interlocutrice, je continue :
- On peut faire ça dans la maison de vacances de mes parents !
Mes yeux fixent toujours l’écran en attendant sa réponse, plus rapide que je l'espérais :
Je me surprends à répondre:
Une main se pose sur mon épaule et me fait sursauter. Celle qui a été la pire erreur de ma vie me sourit. Oh bordel, je ne vais jamais pouvoir être tranquille ce soir !
Est-ce que c’est le festival des embrouilles en tout genre ?
- Bonsoir chéri, susurre-t-elle.
Par sa beauté artificielle, cette fille est capable de détourner n’importe quel homme du droit chemin. Même le plus saint des saints deviendrait pêcheur pour pouvoir la goûter. Dorian en est même le parfait exemple, je viens de voir sa mâchoire se décrocher tellement il est ébahi. Mais cette diablesse possède surtout un vrai don pour tout détruire autour d'elle.
Cette brune aux reflets roux maléfiques a profité de ma peine face au deuil et de ma colère contre Laura, pour me mettre dans son lit. Ivre ce soir là, je cherchais le réconfort chez mon frère, mais c’est elle qui était là. Démuni, je n’avais pas réalisé sur le moment avoir couché avec la petite amie de mon frère. C’est la douleur de son poing sur mon nez, au petit matin, qui m'avait fait comprendre l’impact monumental de ma connerie. Nos liens du sang furent brisés ce jour- là. Cette garce m’a appris beaucoup plus tard, que je n’étais que l’instrument de sa vengeance envers mon frère. Vivre sans Brice fut dur. Très dur.
- Qu'est-ce que tu fous ici, Bérénice ?
- Tu ne salues pas ta belle-sœur ?
- Ex belle soeur. Et non, une fille de ton espèce ne mérite aucune considération.
Elle lève la tête pour rire et ajoute fièrement :
- Pourtant il fut un temps où tu prenais un réel plaisir à me considérer...
- Cette rouquine sans vertue te dérange ? intervient froidement Nathan.
Son intervention n'arrive pas à point nommé. Il sait ce qui me lie à cette fille libidineuse mais la noirceur dans ses yeux m’est adressée. Dorian observe Nathan et en oublie directement son béguin pour Bérénice.
- Non, madame allait partir !
Je porte mon verre à la bouche et ignore la fille du diable.
- Je t’informe juste d’une chose mon Guillaume, je reviens bientôt dans le cercle Durran !
- Comment ça ?
Je lève les sourcils et la jauge de haut en bas.
Quel plan tordu va t-elle encore nous concocter ?
- Tu m'as bien entendue. Ton frère et moi allons nous remettre ensemble !
- Mais rassure-moi, il est au courant? Non parce que vu la déesse qui était blottie dans ses bras il y a quelques semaines, j'ai du mal à imaginer qu'il veuille récupérer une nana aussi pathétique et insipide que toi.
- Cette espagnole de mes deux va vite sortir de sa vie. Je m'en suis fait la promesse !
Alors la fille qui fait de nouveau sourire mon frère est latine. Je finis les dernières gouttes de whisky en souriant face à sa ténacité à deux balles et clos la discussion:
- Tu as vraiment un sérieux problème, Bérénice ! Fous-nous la paix veux-tu ?
Je m’adresse au barman :
- Tommy, s'il-te-plaît, une double dose !
- Imbécile ! Ton frère est un meilleur coup que toi de toute façon !
Furieuse car remise à sa juste place, elle tourne les talons et disparaît pendant que je ris aux éclats.
- Bordel c’était quoi ça ? me demande Dorian choqué.
Nathan répond à ma place :
- Une conséquence des conneries de Guillaume !
Il semble que lui aussi souhaite rentrer dans la confrontation. Son ton ne me plaît pas. Je lui adresse un regard noir :
- Pardon ?
- Tu n’aurais pas baisé cette garce un mois après le décès de Laura on n’en serait pas là…
Mon sang ne fait qu’un tour. Je me lève aussitôt pour me mettre à sa hauteur. Le tabouret racle lourdement le sol et attire l’attention autour de nous :
- Tu veux vraiment qu’on en parle ? je l’interroge.
- Les mecs, on se calme ! prononce Dorian avec sérieux.
IL sait où appuyer pour faire mal ! Mais s’il veut vraiment qu’on fasse le point sur nos erreurs, j’en ai des belles à lui remémorer ! Comme le fait qu’il bosse avec un de ses plans cul. Je ne pense pas qu’Aline aimerait savoir que Nathan va se retrouver avec une des jumelles faux-nichon, pour trois semaines à Roland Garros.
- Et sans ça, tu serais encore proche de ton frère...
Il croit utile d’en rajouter. Mais là, je n’ai qu’une envie, exorciser la douleur. Les remords.
- Si ta soeur ne s’était pas lâchement ouvert les veines on en serait pas là non plus !
Son point atterrit immédiatement sur ma mâchoire. En un claquement sourd. Ma lèvre se fissure et saigne. Je regrette d’avoir prononcé cette phrase mais c'est trop tard. Je souris jaune et réponds toujours avec rage :
- Alors c’est ainsi que ça va se passer ce soir ? On va chacun mettre les choses au clair par la force ?
Je retire mon veston et continue de m’insurger :
- Viens ! Maintenant que je suis prêt, viens ! Frappe-moi à nouveau !
4 commentaires
MélineDarsck
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Il y a 2 ans
MélineDarsck
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Il y a 2 ans
Rose Foxx
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Il y a 2 ans
NinaVasseV
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Il y a 2 ans