Fyctia
Liberté chérie
Le soleil se levait, faisant sur le Nil des reflets d'or. Le monde se réveillait à mesure que Rê étendait sa lumière céleste sur les terres d'Égypte. Déjà, les Égyptiens partaient retrouver leur besogne laissée la veille. Le berger allait retrouver son troupeau, la tisserande, son métier.
Les rayons du dieu solaire pénétrèrent dans le temple de Dendérah, résidence d'Hathor, déesse de l'amour, de la beauté et de la danse. Ils illuminèrent la grande salle où tous ses adorateurs se massaient en nombre chaque jour; puis, discrètement, ils arrivèrent dans l'immense chambre de la déesse, pour illuminer son visage encore endormi. Se prélassant dans un immense lit circulaire recouvert de draps tissés de fil d'or, elle ouvrit les yeux. Un nouveau jour commençait pour elle, elle pour qui la jeunesse et la beauté demeuraient inchangées peu importe le temps qui passait. Un bras serra sa peau nue en dessous des draps. Elle se tourna vers le mortel qu'elle avait attiré dans son lit la veille. Un beau jeune homme brun au teint hâlé dormait paisiblement, peau contre peau avec la déesse.
D'un revers, elle retira la main de ce dernier et se leva dans la foulée. Toujours dans le plus simple appareil, elle se dirigea vers le balcon qui donnait sur la ville. Comme chaque jour, une foule d'admirateurs attendaient son apparition pour l'acclamer, la prier, ou attirer son attention dans l'espoir de pouvoir la séduire. Mais la déesse n'en avait que faire de tout cela; le seul amour qu'elle éprouvait, c'était pour sa liberté.
Dans un gémissement, le mortel se réveilla et s'étira. Immédiatement, il se tourna vers la jeune femme. La déesse passa à côté de lui dans la plus grande indifférence.
-Tu dois partir, dit-elle en se servant une coupe d'heneqet, tout de suite.
-Bonjour à toi aussi, dit le mortel en se levant et en se dirigeant vers elle. Il tenta de la prendre par la taille, mais elle se défit de son étreinte pour aller s'asseoir sur une chaise ornée de rubis et rembourrée de plumes.
-Je ne plaisante pas Erkan, je veux que tu partes tout de suite.
-Tu n'as jamais eu envie de parler avec tes conquêtes? dit le jeune homme en soupirant. Tout ce que tu fais c'est faire la fête, boire et essayer tous les hommes que tu trouves.
-Je n'ai pas besoin de parler, tu le fais pour moi.
-Dis-moi juste si tu aimerais que je revienne, déesse de l'amour, et je reviendrai.
Hathor se leva, se dirigea vers lui, un sourire mesquin dessiné sur son visage. Lentement, elle s'approcha, posa sa main libre sur le torse du jeune homme, et l'embrassa langoureusement. Le corps de ce dernier réagit immédiatement à cette approche; d'une main, il la prit par la taille, et de l'autre il tira ses cheveux. La déesse pencha sa tête en arrière, laissant son cou en proie aux lèvres d'Erkan. Elle se laissa faire quelques instants, et comme si de rien, elle le repoussa, le regarda, et lui lança de nouveau:
-Pars. Tout de suite.
Cette fois-ci, le jeune homme ne s'éternisa pas. Vexé, il prit son chendjit, et se dirigea vers la porte.
-Tu finiras seule.
-Hé bien, fort heureusement, je suis une déesse. Je trouverai toujours quelqu'un pour me vénérer.
Le mortel claqua la porte, laissant Hathor seule dans son immense chambre. D'une traite, elle finit sa coupe, la jeta dans un coin de la pièce, et sans prêter la moindre attention à ce qui venait de se passer, plongea dans sa baignoire. Elle se prélassa longuement dans l'eau chaude mélangée à des pétales de toutes sortes de fleurs que ses adorateurs déposaient en nombre au pied de son temple. Les rayons du soleil revenaient caresser sa peau à travers l'eau limpide du bain. Elle s'étira et poussa un soupir; elle était seule, enfin. Soulagée, elle laissa le poids de son corps l'emmener plus profondément vers le fond de l'eau. Elle aimait la compagnie des hommes, seulement lorsqu'elle était brève. Elle aimait d'autant plus la solitude, qu'elle percevait plus comme la liberté d'aller et venir comme bon lui semblait. Ce qu'elle aimait, c'était ne dépendre de personne, et encore moins d'un homme. Elle n'estimait ne devoir rien à personne excepté à son père, le dieu Rê. Tandis qu'elle se prélassait dans son bain, un splendide ibis blanc entra par le balcon et se posa avec délicatesse sur le sol de la chambre. L'oiseau tourna la tête à droite, puis à gauche, et fixa la déesse.
-Salutations Thot, lanca-t-elle sans pour autant bouger d'un cil. Que me veux-tu?
Sous ses yeux, l'Ibis se transforma en un homme au teint halé et aux yeux vert, vêtu d'une tunique blanche bordée d'or. Une couronne faite d'un croissant de lune brillait au sommet de sa tête, ce qui l'espace d'un instant, éblouit Hathor.
-J'ai un message de ton père pour toi, dit le dieu en faisant apparaître un papyrus.
-Que peut donc me vouloir de grand dieu Rê d'aussi bonne heure? lança la déesse sur un ton désinvolte.
-Il te somme de te rendre tout de suite à son temple. Il doit te parler.
-Si c'est là les ordres de mon cher père, qu'il en soit ainsi, dit-elle en sortant de l'eau.
A cette vue, le dieu messager resta ébahit; si il y avait bien quelque chose qui ne laissait aucun être vivant indifférent sur cette terre, c'était bien le corps nu d'Hathor. Cette vue engendrait automatiquement un désir presque incontrôlable, que même les dieux ne pouvaient pas ignorer; et elle le savait. Au lieu d'aller se préparer, elle s'approcha du dieu avec un air qu'il ne connaissait que trop bien.
-Je sais ou tu veux en venir, dit-il en essayant de ne pas croiser le regard aguicheur de la déesse, et la réponse est non. Je ne te désire pas.
-Tu es sûr? susurra cette dernière à son oreille. Elle glissa sa main dans la tunique de Thot, et descendit doucement vers son bas-ventre. Ton corps dit pourtant tout le contraire, murmura-t-elle.
En proie à un désir trop grand, le dieu de la sagesse succomba. Il saisit le corps de la déesse encore humide. Ardemment, il l'embrassa, ne se laissant que très peu de répit pour reprendre son souffle. D'une main, il saisit sa poitrine, de l'autre il caressa les parties secrètes de cette splendide créature qui s'offrait à lui. Empressé, il défit sa tunique, révélant un corps sculpté aux muscles saillants qu'Hathor s'empressa de contenter.
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Nymphangie
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Alec Krynn
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Ketsia
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GaetanS
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