Fyctia
Chapitre 10
Lorsqu’elle se réveilla, elle était seule. La pièce est plongée dans le noir, seules les lampes brillaient sur les claviers. Elle ne se souvenait de rien, juste cette douleur atroce qui lui a traversé le corps : de la tête au pieds. Maintenant, son corps la faisait atrocement souffrir, elle avait l’impression qu’on lui avait roulée dessus.
Elle regarda ses bras devenus bleus violacés : des aiguilles lui transperçaient encore sa peau. Des liquides bleus, rouge et incolores se déversaient dans son organisme. Elle essaya de bouger, mais son corps le lui refusait malgré sa concentration. Les esprits l’avaient donc abandonné. Les anneaux de fer et de glace la paralysaient. Elle devina que jamais elle ne sortirait d’ici, en vie. La porte claqua alors. La femme qui l’avait charcutée lui fit face
__ Tu es revenue d entre les morts ma jolie !
Elle prit alors un gobelet, une paille
__ Je dois te faire boire….
Elle lui enfonça la paille dans la bouche. L’eau s’engouffra alors dans sa bouche. L’eau, le berceau de toute la vie. L’élément essentiel. Elle se déshydrata alors avec besoin
__ Bois ma jolie….
Soudain elle lui enleva sans ménagement.
__ C’est suffisant…
Elle la toisa puis ajouta
__ Profite pour te reposer car dans quelques heures tu repasseras d’autres tests. Et ceux- ci… prépare toi, Diablesse.
Elle partit en éclatant de rire. Phaedra se retrouva de nouveau dans le noir et seule. Terrifiée, elle pensa à la suite. Cette souffrance dans sa chair, sa tête broyée par ce casque. Elle ferma les yeux, cherchant à retrouver ces animaux qui la hantaient.
Soudain, elle vit l’eau, les vagues, la mer. Une minuscule gouttelette sur le coin de sa bouche redonnait vie à ce corps malmené, torturé… puis une vision : l’oiseau de proie, l’oiseau de mer. Un aigle au bec acéré et avec un regard de tueur. La douleur fut intense, les cris stridents.
L’aigle, le messager du monde des esprits. Rien n’était donc perdu, il lui apparaissait pour qu’elle lutte, qu’elle se batte contre eux.
La force de l’eau entrait dans son âme, dans son corps. La brûlure des anneaux cessa, les circuits disjonctait un par un. La gouttelette se transforma en flaque et finit par inonder la pièce. Des alarmes retentirent. Elle parvint à s’extraire de ces anneaux d’acier. Une force surhumaine s’était emparée d’elle. Son animal totem le lynx réapparut. Il ne l’avait pas abandonné.
Des hommes habillés de noir, casqués entrèrent mais furent accueillis par un animal aux dimensions irréelles. Les griffes du grand prédateur leur arracha des bras, des jambes et perfora des poitrines. Une étincelle jaillit alors. Devant leurs yeux ébahis, le grand lynx disparu pour laisser place à un oiseau de feu. Les soldats s’enfuirent de crainte de n’être brûlés vifs. Les soldats en fuite, le Phoenix prit son envol. La voix était libre. Il faisait renaitre son alpha, sa Maât… il l’emmena dans une forêt à la périphérie de la ville où l’esprit la quitta. Elle reprit alors forme humaine mais plus rien n’était comme avant, elle était différente, elle avait grandi.
***
Épuisée, blessée, Phaedra s’endormit dans cette clairière où elle se sentit en sécurité sur cette terre sacrée ou prenait racine la vie :
Chaque caillou avait une valeur, il était ici sur cette terre pour quelqu’un, quelque chose : sous lui, les insectes se protègeaient, se reproduisaient. Chaque arbre, aussi haut soit-il, mérite le respect car certains voient défilés des décennies. Chaque graine s’éveille et de même chaque animal prend vie. C’est pour cela qu’ici, sur cette Terre, chaque être a le droit de vie.
Dès qu’elle s allongea sur l’herbe fraiche, une meute de loups sortit du fin fond du foret vint l’entourer et la réchauffer. Leur alpha avait besoin d’eux et ils la protègeraient jusqu’à leur dernier souffle. Un des loups, un gros mâle entreprit de lécher la plaie béante de son mollet, pour éviter les infections.
Elle s’éveilla sous le chant des oiseaux. Elle se frotta les yeux et sentit immédiatement la chaleur des loups. Elle plongea sa main dans leur poil soyeux et les respira. Elle aimait leur odeur animale. Eux étaient vrais et pas ses humains pensa-t-elle. Aujourd’hui elle les haïssait. Elle ne prendrait plus leur défense, leur âme était mauvaise. Ils voulaient tout détruire pour tout s’approprier. C’était l’être le plus stupide que cette planète ait créé. Son objectif dorénavant les détruire. Elle se leva donc. Les souffrances physiques se réveillèrent mais quitte à mourir elle liquiderait ces être maléfiques, avant. Elle se plaça en posture de méditation.
Debout les pieds joints elle laissa la force de la terre envahir le bas de son corps. Ses yeux se fermèrent. Les loups se mirent autour d’elle : elle sentit alors la chaleur de l’astre sacré et se gorgea de son énergie. Une légère brise vint alors chatouiller ses narines, elle le respira. La brise se renforça alors et une petite pluie apparut. De nouveau, elle respira par le nez et à chaque fois la brise augmenta et devint tempête. La bruine s’accentua pour devenir averses et trombes d’eau.
Elle s’empara alors de l’énergie flamboyante du soleil et poussa ses nuages vers la civitas. Le déluge : l’une des dix plaies, sera celle qui commencera la déchéance des humains.
12 commentaires
alexia340
-
Il y a 6 ans
kleo
-
Il y a 6 ans
Jeanne F.
-
Il y a 6 ans
Jeanne F.
-
Il y a 6 ans
Alyana Astrin
-
Il y a 6 ans
kleo
-
Il y a 6 ans
Alyana Astrin
-
Il y a 6 ans
Aby Mery
-
Il y a 6 ans
SamanthaMorgan1711
-
Il y a 6 ans
Gallie
-
Il y a 6 ans