Zalma L'amour au bout du chemin CLEMENTINE : Mille et un bonheurs

CLEMENTINE : Mille et un bonheurs

Je me réveille trempée de sueur, me redresse et m’assois sur mon lit, m’aperçois qu’il fait encore nuit. Pendant quelques secondes, j’ai du mal à savoir où je me trouve, encore perturbée par un rêve troublant : Alex me serrait contre lui et ses bras me blessaient comme des tenailles. Soudain, ils sont devenus doux et enveloppants, tandis qu’une bouche humide et chaude m’embrassait avec passion ; je répondais à ce baiser dans l’eau salée de l’océan, car ce n’était plus Alex mais l’étreinte suave de Maxime…

Je cherche à tâtons la bouteille d’eau que j’ai calée au pied de mon lit, avale de longues gorgées fraîches, en me demandant ce qui me passe par la tête. Que je sois perturbée au sujet d’Alex, c’est bien normal, mais de là à rêver d’un baiser langoureux avec Maxime ! C’est sans doute à cause de la silhouette vive et musclée que j’ai aperçue hier soir, au moment du dessert : elle est passée très vite devant les portes vitrées de la salle à manger... Elle n’avait rien à voir avec Alex et heureusement ! De toutes façons, j’ai signalé l’incident à l’accueil du centre de thalassothérapie afin d’être tranquille. Ils ont la description d’Alex, et à moins qu’il ne se déguise et perde vingt centimètres, la réceptionniste aura vite fait de le repérer s’il tente de s’aventurer jusqu’ici.

Un voile rosé perce peu à peu les ténèbres, le jour se lève, majestueux, et malgré ma fatigue, je décide de prendre une douche bien chaude pour remettre mes idées en place. Chloé s’en va aujourd’hui, et nous avons prévu de passer cette dernière matinée ensemble, à faire du lèche-vitrines et choisir des cadeaux dans les boutiques de la Ville close. « C’est comme une thérapie », m’a-t-elle expliqué hier soir, « il ne faut pas que vous ayez peur de retourner dans ce lieu que vous aimez tant, et le plus tôt sera le mieux ». Désormais à la retraite, Chloé était autrefois coach de vie, après avoir connu les milieux parisiens trépidants, la vie mondaine et ses futilités. Du moins, c’est ainsi qu’elle en parle. « Une renaissance, c’est ce que j’ai vécu, Clémentine ! Oui, à l’âge de 55 ans, j’ai changé d’orientation, un virage que mon mari n’a pas compris au début… et puis, il s’y est fait, et à présent, il aime autant que moi pratiquer la méditation et profiter des mille et un bonheurs que nous offre vie ».

Avant de rejoindre Chloé pour le petit-déjeuner, j’effectue une série de respirations lentes, et ce n’est que le premier exercice ! Chloé a promis de m’en apprendre d’autres. Je suis curieuse de découvrir, ainsi qu’elle les nomme, ces « petites techniques qui aident à mieux vivre ». En attendant, je choisis une tenue confortable et rejoins Chloé quelques minutes plus tard pour déguster croissants chauds, pain frais, beurre doux et confitures artisanales de cassis et citron-bergamote.

— Alors, comment vous sentez-vous, ce matin ?

C’est toujours la phrase que prononcent les jolies lèvres fuchsia de Chloé dès qu’elle m’aperçoit : comment je vais ? Au fond, je n’en sais rien ; j’ai l’impression de flotter dans une sorte de brouillard, quelque chose qui oscille entre fatigue et perplexité. Ce songe étrange continue à me poursuivre, je ne le comprends pas : comment puis-je rêver que j’embrasse un homme que je trouve arrogant au possible… ?

— Vous semblez perdue dans vos pensées, mon petit…

Je ne peux pas raconter ce rêve, qui d’ailleurs ne présente aucun intérêt. Je répète cette phrase mentalement, comme un mantra : « au-cun in-té-rêt ». Voilà. Et je fais un effort afin d’offrir un sourire au visage charmant en face de moi.

— Est-ce que vous souhaitez commencer le second exercice, demande-t-elle.

— Un exercice… ? Ici, maintenant ?

Je suis prise au dépourvu, mais Chloé poursuit calmement :

— Vous voyez, nous avons trop souvent tendance à oublier ce que nous faisons, ce que nous mangeons. Alors, je vous propose de fermer les yeux un court instant et de décrire ce que vous ressentez.

Je mastique avec application ma tranche de baguette tiède garnie de confiture, les paupières closes. J’ouvre à nouveau les yeux :

— C’est bon, c’est très bon…

— Oui, mais encore ? Décrivez le goût, la texture…

— C’est sucré, moelleux… et ça sent la bergamote !

Le regard de Chloé pétille, elle ajoute :

— Ce sont des choses qu’on oublie trop souvent d’apprécier, des choses infimes… mais si vous y prêtez attention, vous remarquez soudain combien la vie est pleine d’odeurs et de saveurs ! Et ça vous aide à bien démarrer la journée.

Je pense à tous ces petits-déjeuners que j’ai envoyés, durant des années, au fond de mon estomac sans même savoir ce que j’avalais, surtout de bon matin, et je me promets d’y faire désormais plus attention. Bien sûr, lorsque je cuisine, c’est différent… mais je ne le fais pas tous les soirs, loin de là !

C’est étrange, mais pour une raison que je ne m’explique pas, j’ai vraiment le sentiment que ma rencontre avec Chloé est plus qu’un hasard… comme si Julien veillait sur moi… Je suis sûre qu’il aimerait que je sois heureuse.

Retourner à la Ville close me demande un sérieux effort, mais finalement, flâner aux côtés de cette charmante vieille dame emmitouflée dans son manteau rouge s’avère un vrai bonheur. J’observe les décorations de Noël, elles sont magnifiques ! Peu à peu, le mauvais souvenir de ce moment pénible en compagnie d’Alex s’efface pour laisser place à la gaieté contagieuse de Chloé. Nous dénichons des babioles originales pour nos proches. Je choisis les fameuses confitures parfumées de Concarneau, en tous petits pots à cause de l’avion. Il ne faut pas que je sois trop chargée. Pour ma Luciole, je trouve des boucles d’oreille et un superbe pendentif en argent. Il est bientôt l’heure de rentrer, le départ de Chloé s’approche. Je sais que ça fera un grand vide, mais nous promettons de ne pas nous perdre de vue, et échangeons nos adresses électroniques.

Il est à présent vingt heures, j’essaye de chasser la vague de tristesse qui m’envahit. J’ai préféré dîner dans ma chambre pour ne pas me trouver seule dans la vaste salle à manger. Et si je faisais un saut à la piscine d’eau de mer, pour me délasser avant de dormir, au lieu de ruminer ? Elle est ouverte jusqu’à minuit, et en soirée, il y a peu de monde.

Le temps de passer mon maillot, je pénètre dans l’eau bleue et commence à nager. La sensation est douce, j’apprécie l’instant et me laisse bercer par l’atmosphère du lieu, le clapotis, les lumières tamisées. A part un jeune couple, il n’y a personne. Ah, si ! Un type bien musclé sort de l’eau, plaque de ses mains sa tignasse sombre et mouillée, ce doit être un sportif. Je ne vois que son dos et son maillot, un truc affreux. Pas le dos, le maillot. Vraiment horrible. Heureusement que le ridicule ne tue pas, sans quoi, il serait déjà mort foudroyé. Franchement, je me demande comment on peut porter une chose aussi hideuse : un caleçon de bain à motif léopard !

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15 commentaires

Zalma

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Il y a 6 ans

Coucou Marie ! Je viens aussi de finir ton texte ;D !! Merci pour ce retour ! J'ai fait le choix de rester dans quelque chose de léger, mais il est vrai qu'il faut aussi que ça reste réaliste, et bon... je prends note. Oui, en effet, Chloé est une personne qui aidera Clémentine, c'est vraiment son rôle dans l'histoire... J'ai écrit les deux chapitres suivants, j'espère qu'ils plairont... En effet, Chloé revient à sa façon, et puis, la rencontre avec Maxime est toute proche, donc il y aura là quelque chose de sympa (du moins, je l'espère :D !!). Bisous !!

Fanny, Marie Gufflet

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Il y a 6 ans

Coucou ma chère Solange. Voici mes réflexions en ce qui te concerne pour t’améliorer. 1- je pense que tu pourrais creuser davantage la scène avec Alex pour montrer encore plus sa panique. Même peut être qu’elle pourrait en être un peu plus tourmentée après au cours de son séjour. C’est presque un viol. Appuie davantage selon moi là dessus. 2- peut être utilisé Chloé lors de son coaching pour qu’elle apprenne à maîtriser sa peur. 3- j’ai été plus ennuyée sur ce chapitre que j’ai trouvé un peu lent, bien que soigné. Insiste peut être un chouïa un peu plus sur le mystérieux mec (on sait qui c’est) dans la piscine pour mettre plus de Peps. J’espère que mes remarques pourront t’aider, car ton récit est bien ficelé, juste quelques ajustements le bonifieront. Des bisous

Zalma

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Il y a 6 ans

Merci, Mikenet, ça me touche ! Je poste la suite dès que possible ;D !!

Mikenet

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Il y a 6 ans

J'aime beaucoup ton histoire A très vite

Zalma

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Il y a 6 ans

Merci beaucoup, Maioral !! Pour ton appréciation, très précise, c'est ce qui permet d'avancer !! Et mince, pour ces fichues répétitions, et pourant, je les traque, mais voilà, il en reste encore... :( !! Je vais les chasser à grands coups de balai :D !! Pareil pour moi, je suis (comme je le peux... me suis abonnée, donc serai au courant de tes nouveaux chapitres ) ton texte, et c'est intéressant aussi d'aller vers des domaines qu'on connaît moins, comme l'UA, justement... !!

maioral

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Il y a 6 ans

(J'oublie de voter, sacrebleu ! mdr) Et oui, ne t'en fais pas. Le sucré n'est pas utilisé plusieurs fois dans un même chapitre. Ils sont étalés, mais comme il y en a bien 5-6 dans ton récit (le vin chaud, le barbe-à-papa, Coralie, la clémentine...) ça commence à faire beaucoup même si on est déjà à 1h20 de lecture globale ^^ (Et je reste persuadée qu'il y a des mots que je répète aussi, mais comme je ne lis jamais tous mes chapitres d'affilés, je ne les remarque pas forcément ^^ c'est après un temps de repos et quand on relit tout qu'on le voit plus facilement :D ) Oui, personnellement, le thème de Noël me gave grave, je suis comme Clémentine et Maxime, cette fête m'horripile à un point... mdr Alors si je dois lire tous les récits dans le genre... désolé, je pète un câble lol Pour le coup, la UA est un rien plus originale dans ses récits je trouve (mais ce n'est que mon humble avis ^^) Allez, on se tient au jus alors :D :coeur:

maioral

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Il y a 6 ans

Rien n'arrive au hasard, mais le hasard fait parfois bien les choses :-) Bon, j'arrive à la fin de tes chapitres disponibles :) J'ai été très contente de faire cet échange avec toi :D Tu es pour l'instant la seule que j'ai pu lire en NR ^^ En tout cas, ton style est effectivement très soigné. La suite des chapitres étaient déjà plus fluides aussi (un rien moins descriptif), mais ça aide aussi quand on est déjà un peu plus loin dans le récit :) On finit par trouver ses repères, poser le cadre et ça commence à couler comme de l'eau de roche :D Je voulais juste te dire de faire attention... Ca me tape bien plus à l'oeil ici car je lis ton récit d'une seule traite (les autres ne l'auront probablement pas remarqué) mais le mot "sucré" revient régulièrement dans tes chapitres pour désigner un goût ou une odeur ^^ Et sinon, bon ben... l'habituel mot "chose" que je déconseille à tout le monde. Il y en a quelques uns surtout ici sur la fin je pense. Rien de dramatique, mais la langue est tellement riche que je dis toujours aux autres de les éviter pour trouver un mot plus "précis" :) (Je les accepte seulement dans les dialogues pour un peu plus de réalisme et de naturel, mais sinon, dans la narration... vade retro satanas ! XD ) Sinon, le reste a déjà été dit. Good luck ! Je continuerai à venir voter pour la suite et lire quand j'ai un peu le temps :-D

Zalma

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Il y a 6 ans

Oh, merci Amandine ! Je poste le chapitre suivant sous peu (après, il faut un moment pour qu'il se débloque... ;D ). Merci pour ton passage :D !!

Amandine Lmbrd

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Il y a 6 ans

Vite lire la suite :D

Zalma

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Il y a 6 ans

Ah, ah... oui, j'ai particulièrement soigné le chapitre suivant... ;D !!
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