Fyctia
Vagabondages (2)
Il s’approcha et interpella le chauffeur. Il apprit ainsi que l’homme retournait en Italie. Ravi, Liam tenta le tout pour le tout et demanda au conducteur s’il acceptait de le prendre comme passager. Ce dernier, au grand étonnement de Liam, ne refusa pas sa requête.
En réalité, comme il le lui confia plus tard, cela donnait l’occasion au routier de faire une portion de trajet accompagné, lui qui passait la plupart de son temps seul sur les routes.
Le voyage fut agréable. Liam posa de nombreuses questions au chauffeur au sujet de son métier. Ainsi, il évitait de devoir faire face à des demandes indiscrètes. Lorsqu’ils arrivèrent à destination, le jeune homme remercia à nouveau le camionneur et partit à la recherche d’un logement pour la nuit.
Prévoyant, avant de quitter la France, il avait effectué de nombreuses recherches sur les possibilités qui s’offraient à lui dans les différentes villes d’Italie où il comptait se rendre. Ne disposant plus du moindre salaire, il s’était rabattu sur les auberges de jeunesse. Il avait également conscience que le temps pressait. S’il ne se trouvait pas rapidement un petit boulot, il se retrouverait rapidement à la rue.
Fatigué par sa journée, Liam décida de se reposer et de remettre au lendemain sa quête d’un emploi. Il était trop tard, de toute façon. C’est dans le troisième hébergement de sa liste qu’il trouva de la disponibilité. Dix-huit euros par nuit était un tarif raisonnable mais le jeune homme savait que sans rentrée d’argent, il ne pourrait bientôt plus se permettre le luxe de dormir dans un lit. Il réserva pour cinq nuitées en espérant de tout cœur ne pas rester bredouille durant ce laps de temps.
Les deux jours suivants, ses démarches restèrent vaines. Enfin, le patron d’une petite pizzeria de quartier lui proposa quelques heures tous les jours pour effectuer le ménage et la vaisselle. Liam faillit refuser car l’homme ne voulait l’engager qu’au noir. Mais, sa situation ne lui permettait pas de faire la fine bouche. Il accepta à contrecœur.
En dehors de ses heures de service, Liam profitait du wifi gratuit à l’auberge de jeunesse pour prospecter les musées de la ville.
Après une dizaine de jours de recherche infructueuse, et n’obtenant aucune réponse à ses sollicitations, le jeune homme décida de se rendre sur place. Mais aucun des établissements ne souhaitait l’engager. Soit ils disposaient d’un personnel suffisant, soit l’absence de diplôme certifiant ses compétences posait problème.
Trois semaines après son arrivée à Gênes, Liam décida de quitter la ville. L’homme qui l’employait avait réduit ses heures de travail et il sentait que, très bientôt, il serait remercié.
De plus, il avait trouvé deux annonces d’emploi très intéressantes à Florence dans son domaine d’activité.
La ville, remplie de chefs d’œuvre d’art et d’architecture, faisait partie des cités où il avait sans doute de nombreuses possibilités de décrocher un job stable.
Liam se mit en route au petit matin. Il avançait lentement tout en faisant de l’auto-stop. Malheureusement, personne ne daigna s’arrêter. En début d’après-midi, épuisé, il décida de puiser dans ses réserves d’argent pour acheter un billet de train à destination de Florence.
Il y arriva en début de soirée et sa malchance perdura. Aucune des auberges de jeunesse n’avait de disponibilité. Finalement, il trouva une chambre dans un petit hôtel deux étoiles à vingt-trois heures. Le tarif y était dégressif. Même si cela lui coûtait un peu plus cher qu’une auberge de jeunesse et que le confort y était sommaire, il réserva un logement pour dix nuits.
Ainsi, il bénéficiait du petit déjeuner gratuit. Rassuré d’avoir un toit, et un repas garanti par jour, Liam revêtit rapidement un pyjama d’hiver et se glissa sous la couette. Fatigué par sa longue journée, le jeune homme sombra immédiatement.
Si ses candidatures aux deux offres repérées quelques jours plutôt se soldèrent par un échec, Liam parvint à convaincre la gérante d’une galerie d’art de l’embaucher à temps plein. Certes, ses tâches étaient limitées à l’accueil des visiteurs et à traiter quelques tâches administratives. Mais il se retrouvait, enfin dans le domaine qu’il appréciait tant. Et son salaire, correct, lui permettait de s’assurer encore quelques nuits à l’hôtel.
Prudent, il préféra ne pas déménager pour un établissement disposant de plus de confort. Le propriétaire de l’établissement où il logeait lui offrait un tarif toujours très avantageux. Et lui profitait d’un lit, d’une chambre chauffée et de quoi se nourrir décemment chaque matin. Sachant que ses finances étaient précaires, Liam limitait les dépenses superflues au maximum.
Souvent, il sautait le déjeuner. Au début, il avait eu du mal à supporter les protestations de son estomac mais, par la suite, il s’était habitué à ce régime forcé.
Alors que sa patronne songeait à lui confier plus de responsabilités trois mois à peine après son arrivée, un incendie détruisit, une nuit, une partie des locaux de la galerie. Liam se retrouva, à nouveau, sans emploi.
Comme un malheur n’arrivait jamais seul, le propriétaire de l’hôtel fut hospitalisé et son établissement fermé.
Alors que l’été s’annonçait radieux, les touristes affluaient, ne laissant vides que les logements les plus chers. Liam passa ses premières nuits dehors. Il parvint à travailler de temps en temps quelques heures au noir dans des restaurants mais il finit par se lasser.
Il quitta Florence en quête d’un avenir plus serein et se retrouva à Bologne puis Venise à l’automne.
Épuisé par ce vagabondage incessant, Liam redoubla d’effort pour tenter de décrocher, enfin, un emploi stable dans la cité des Doges.
L’hiver approchait à grands pas et la situation devenait critique. Un soir, à la fin du mois de novembre, Liam rejoignait l’hôtel vieillot où il avait élu domicile. Il passa devant l’un des établissements les plus luxueux de la ville. Intrigué par un attroupement qui s’était formé non loin, il s’informa auprès des passants.
Un homme lui indiqua que le célèbre restaurateur d’arts, Gaetano Barisciani, donnait une conférence à un cercle de privilégiés.
Liam connaissait parfaitement ce dernier. Natif de la principauté d’Andalia, il avait voyagé aux quatre coins du monde et s’était forgé une réputation à la hauteur de son talent.
Une idée folle germa dans l’esprit de le Liam et, le lendemain matin, il quittait Venise, plus déterminé que jamais.
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Quelle est l'idée de Liam à votre avis ?
Sur wattpad j'avais eu des avis contraires : certains trouvaient que j'aurais dû m'attarder plus sur les errances de Liam, d'autres trouvaient que ce n'était pas plus mal de n'y passer qu'un chapitre avant son arrivée à Andalia.
Je pensais quand même éventuellement ajouter un chapitre pour montrer toutes les difficultés de Liam avant qu'il ne s'établisse à Andalia. Qu'en pensez-vous ?
19 commentaires
M.G. Margerie
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Il y a un an
Raëlfar
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Il y a un an
Chantal T.
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Il y a un an
Raëlfar
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Il y a un an
Charlie Buccin
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Hell-vixen
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SterennCn
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Il y a un an