Fyctia
Chapitre 24 : Partie II
Les émotions s'emmêlent, les pensées s'entrechoquent et mon corps part à la dérive. Mes angoisses les plus profondes refont surface. Je connais les symptômes par cœur, petit à petit je les sens doucement prendre place. Les vertiges, la boule au ventre, les larmes qui montent, les tremblements, le cœur qui accélèrent… la liste est encore longue, mais je sens qu'elle est là pas loin prête à me sauter dessus. L'angoisse qui me ronge à ce moment-là, je la connais par cœur.
Je n’arrive plus à respirer, les larmes sont encore plus intenses. Mon cœur me fait tellement mal que j’ai l’impression d’être en train de mourir. Mes mains tremblent tellement que je n’arrive pas à boire à la bouteille. La crise d’angoisse est là sans que personne ne puisse m’aider. Je ramène mes genoux contre mon torse tout en essayant de respirer à nouveau correctement mais rien y fait je n’y arrive pas. Je laisse mes pensées dériver, ce qui ne fait qu'aggraver les choses. Je respire comme je peux. J’essaye de me concentrer sur un souvenir heureux sauf que je suis à l’orphelinat, il n’y a aucun moment heureux sur lequel je peux me concentrer ici. Au bout de quelques minutes la crise d’angoisse finit par passer d'elle-même. J’arrive de nouveau à respirer, je ne tremble quasiment plus et je n’ai plus cette fichu boule au ventre. En revanche, les larmes n'arrêtent pas de couler.
En revenant à la réalité après ma crise, je suis comme absent de cette réalité. Je suis là mais je suis pas là….sentiment de dépersonnalisation. Mon cerveau surcharge à m’en faire mal. Je n’arrive pas à surmonter cette journée, l’envie qu’elle se finisse vite est plus forte que l’envie de la surmonter.
Les larmes ont fini de couler malgré que j’ai encore envie de pleurer et pourtant plus aucune larme ne coule, je suis vide, un zombie.
L’impression que mon corps me lâche, me fait me sentir encore plus mal, j’ai l’impression de sombrer dans le fond du gouffre.
JE HAIS LA VIE POUR ME FAIRE VIVRE UN ENFER.
Je finis par m'allonger sur le sol dégueulasse du vieil orphelinat et je me laisse emporter par le sommeil grandement aidé par l’alcool.
****
Je me fais réveiller par une main qui me secoue l’épaule.
— Meldrik, réveille toi.
Charly. Et merde j4ai trop stagner ici. Quand je dis qu’il me connait par cœur même quand je me laisse guider sans savoir ou je vais lui il le sait. Je finis par ouvrir les yeux et je tombe nez à nez avec mon meilleur ami, qui a dû passer une sale nuit vu les cernes sous ses yeux. Je paris que comme beaucoup il m’a cherché toute la nuit en espérant ne pas me retrouver mort ou à l’agonie quelque part sur un banc. Il m’attrape par le bras pour me faire me lever, chose que je fait.
— Putain mec on dirait un zombie sérieux.
Il m’attrape par la taille, mettant mon bras autour de son cou pour m’aider à marcher. Je ne me laisse pas faire, je récupère mon bras et je pousse Charly.
— C’est bon je peux marcher tout seul. grogne-ai-je.
J'aperçois mon meilleur ami lever les yeux en l’air. Je continue ma course vers les escaliers. Je titube dans le couloir, Comment j’ai fait pour arriver ici hier soir ? J’étais bien bourrer j’aurais dû m'éclater la tête dans les escaliers. Je ne sais pas comment je suis arrivé sain et sauf là-haut. Quand j’arrive devant les escaliers je me rends compte que la tâche risque de s'avérer plus compliqué. Charly me propose son aide, encore une fois je refuse, je peux me débrouiller seul. Je commence à descendre marche après marche avec Charly près à me rattraper.
On finit par sortir de l’orphelinat. Je propose à mon meilleur ami de prendre le volant mais il refuse catégoriquement. Dommage, on aurait pu s'amuser un peu. Je monte côté passager sans rechigner et mon meilleur ami baille à pleine bouche en montant derrière le volant.
— Tu es fatigué, tu devrais me laisser prendre le volant. dis-je.
Charly me regarde de la tête aux pieds.
— Et toi t’es encore bourré.
Il démarre sans épiloguer plus sur la question. Je laisse ma tête reposée sur la fenêtre tout en somnolant. Il faut avouer que dormir par terre n’est pas très reposant.
Au bout de quelques minutes alors que j’étais en train de m’endormir. Je sens un choc énorme. Une douleur irradie dans ma jambe et une autre dans mon dos. Quand j’ouvre les yeux, le monde est à l’envers. En fait, je me rends vite compte que c’est nous qui sommes à l’envers. Je sens la voiture faire plusieurs tonneaux avant de perdre connaissance. La dernière image que j’ai c’est le visage ensanglanté de Charly.
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