Fyctia
Chapitre 21 : Partie IV
Je finis par sortir de mon lit plus en colère que jamais. Je n’ai aucune envie de passer la journée au parc d'attractions avec la famille sourire et Eléonora. Je crois au fond que se qu’il me pose le plus de problème c’est Eléonora. Aujourd’hui j’avais la chance de pouvoir l’éviter toute la journée et je vais être obligé de me la coltiner. Je commence à lui vouer une haine incommensurable. Je ne la comprend pas. Je sais qu’elle me cache des choses et qu’elle ne veut plus me parler à cause de ça et ça a le don de me mettre encore plus en colère. Je ne comprends pas. Je ne comprends plus. Je ne la comprends plus. Mon esprit tourne à mille à l’heure pour essayer de comprendre quelque chose la concernant. Mon coeur et mon esprit me font mal d’être si proche et à la fois si loin. Sur ses pensées, je sors de la salle de bain, je reviens dans ma chambre. Je récupère mon sac dont je sors les bombes de peinture et je prend mon blouson pour descendre. Quand j’arrive en bas tout le monde m’attend. Carolina me tend mon petit-déjeuner que je refuse avant de sortir. Je monte dans la voiture avec Dave et Charly pendant que les filles montent dans la voiture de Carolina.
— Si je n’étais pas venu vous auriez pu prendre qu’une seule voiture. dis-je en me tournant vers la fenêtre.
J'aperçois Dave et Charly se jeter un coup d'œil à travers le rétroviseur.
— Je vois que la douche ne t’as pas rendu ta bonne humeur. répond Dave.
Je décide de ne pas répondre. Je regarde le paysage défiler sous mes yeux. J’attrape mon téléphone pour que Nath prévienne Caleb que je ne viendrais pas le voir aujourd’hui. Et je repars dans le flot de mes pensées.
Quand on arrive devant le parc, Carolina et Dave se suivent, sur le parking, pour essayer de trouver deux places côte à côte. Au bout de 5 bonnes minutes à tourner en rond sur le parking ils finissent par trouver deux places de parking face à face. Tout cela n’annonce rien de bon, s’il n’y a pas de place ça veut dire que le parc est rempli de monde. Je n’y suis rentré qu’une seule fois, il a des années lumières en arrière. A l'époque, je devais avoir 10 ans et Nath nous y avait amené, Charly, Eléonora et moi. Je me rappelle de cette journée où on s'était éclaté et on avait beaucoup ri. Les souvenirs joyeux sont si rares que j’essaye de les ancrer en mémoire le plus longtemps possible. Je descends de la voiture pour rejoindre les filles. Tout le monde est très content sauf moi.
On entre dans le parc et comme prévu il y a un monde fou, heureusement Dave à des pass VIP ce qui nous permet de passer devant tout le monde.
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Au premier grand huit qu’on a fait, ma mauvaise humeur, c'est envolé. Ça fait plus d’une heure qu'on déambule dans le parc à faire toutes les attractions qu’on croise. Je suis en train de rire aux éclats avec Charly, en regardant les photos qu’on a faites dans chaque attraction, quand Dave nous propose de faire une pause pour manger un truc. J’avoue que je ne dis pas non, j’ai pas pris de petit-déjeuner ce matin et à force de faire des grand huit mon estomac commence à me le faire regretter. On passe devant un vendeur de gaufres, et c’est là que Dave décide de s'arrêter. On prend tous quelque chose à manger avant d’aller s'asseoir à une table du parc pour dévorer nos gaufres.
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Après cette pause on en refera une pour manger. Et tout le reste de la journée on passe à faire un nombre incalculable d'attractions. Je finis même par vomir à force de tourner dans tous les sens. Je décide d’ailleurs que celle-ci sera la dernière pour moi, mon estomac ne survivra pas à une autre attraction. On continue à déambuler dans le parc jusqu’à la tombée de la nuit. Puis Dave prend la décision de partir. En revenant jusqu’à la voiture, je dois quand même avouer que cette journée aura été bien. Malgré qu’Eléonora et moi ne nous somme pas adressé la parole ni même jeter un coup d'œil, c'était bien. J’aime ce genre de journée.
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On arrive enfin à la maison, je suis épuisé. Une fois la voiture garé devant la maison, je descends avec Charly. Et je rigole de bon cœur avec Charly, en parlant de mon vomi sur la dernière attraction. Je m’assois sur le banc devant la maison histoire de fumer une cigarette. J'étends mes jambes sans remarquer qu’Eléonora passe devant moi au même moment. Bien évidemment madame ne regarde pas devant elle et donc elle s’étale à mes pieds. Je me dépêche de me lever pour l’aider mais elle se met à hurler. Elle récupère sa cigarette qu’elle a fait tomber dans sa chute avant de se tourner vers moi.
— T’est qu’un abruti sérieux. Ca y est je veux plus coucher avec toi alors tu te venges. Je vais t’apprendre un truc que tes parents qui t’ont abandonné n'ont pas voulu t’apprendre. La vie ne fonctionne pas comme ça, quand quelqu’un ne veut plus coucher avec toi tu le laisse tranquille.
J’ai l’impression que mon sang arrive en ébullition. Je sers mes poings à m’en faire des marques dans les paumes des mains. J’essaye de résister. Je ne peux pas lui foutre mon poing dans la figure.
— T’as qu’à aller leur en toucher deux mot vu que visiblement tu es au courant du super secret que tout le monde cache. Je crie avant qu’elle rentre.
Elle se retourne aussi furieuse que moi.
— T’inquiète je leur est déjà fait par du fait que t’es un abruti. Si tu veux tout savoir, dit-elle en se rapprochant de moi, je leurs et même dit qu’il avait bien fait de t’abandonner.
Je lâche un «pétasse» que je ne pensais pas si fort mais malheureusement pour moi elle l’a entendu. Elle se tourne vers moi son majeur en l’air et rentre dans la maison. Je reste quelques minutes dehors avec Charly et Dave, qui essayent de me rassurer par rapport à mes géniteurs, mais ce n’est même pas ça qui m’a fait le plus mal. Ce qui fait le plus mal, ce sont que ses mots soient sortis de cette bouche. Depuis petit j’en ai entendu de toutes les couleurs mais qu’elle, elle puisse le penser ou juste le dire, me brise en milliers de petits morceaux.
Je finis par entrer dans la maison et monter dans ma chambre. Je prend une feuille posée sur mon bureau et je décide de lui écrire les quelques mots que j’aurais aimé lui hurler. Les mots qui tournent en moi depuis qu’elle m’a laissé. Je plis le bout de papier et je le glisse sous sa porte.
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