Fyctia
Chapitre 11: Partie I
Charly, Eléonora et moi nous nous regardons c’est beaucoup moins drôle de se retrouver aux portes de l’enfer. Charly nous indique que le grillage qui sépare le nouveau bâtiment de l’ancien est coupé et qu'il nous suffit d'entrer dans l’ancien bâtiment ce qui nous permettra d'atterrir dans un morceau de la cour qui est condamné.
— Vous ne comptez pas prévenir Elisa ? nous demande Dave.
Je le regarde sans lui donner de réponse tout en me dirigeant vers l'arrière de l’ancien bâtiment, celui où on a vécu, il faut à tout pris qu’on le traverse pour entrer. Quand on arrive derrière, Dave est tout affolé.
— Rassurez moi on ne rentre pas dans ce bâtiment, il va s'effondrer.
Charly le regarde, d’un air que je connais par cœur, il lève les yeux au ciel et commence à souffler. C’est en train de l’énerver. C'est déjà assez compliqué pour nous, on n'a pas besoin des commentaires de monsieur le maire en prime.
— C’est le seul moyen d’entrer dans l’orphelinat, on risque rien ça fait des années qu’il est là.
Pendant que Charly explique tout ça à Dave je force la porte qui a été cadenassé plusieurs fois par la mairie pour empêcher les squatteurs. J’arrive à ouvrir le cadenas avec le trombone que j’avais pris. J’ouvre la porte, je regarde l'intérieur obscure, qui me donne encore plus l’impression de partir en enfer. J’allume la lampe torche de mon téléphone et je vois tout le monde faire pareil derrière moi. Il est temps, je peux y arriver si je ne le fais pas, personne ne rentrera. Je pose un pied à l’intérieur, puis le second, j’y suis. Je commence à avancer, je ne suis pas revenu ici depuis le soir de l’incendie. C’est étrange rien n’a bougé c’est juste cramé. Je continue de traverser le rez-de chaussé jusqu’à arriver devant une fenêtre cassée. Je passe à travers, je suis enfin sorti, j’aide Eleonora a sortir. Charly prend le lead en nous amenant au morceaux de grillage arraché, il tire dessus pour nous permettre de passer, je vois Dave soufflé une énième fois ce soir.
— T’inquiète pas on le répare demain dès qu’on arrive. je lui lance pour le rassurer.
On traverse le grillage, et on arrive enfin dans la cour. C’est vrai que c’est moche, à notre époque les murs étaient tous d’une couleur différente.
— C’est…comment dire ? commence Eléo.
Charly pose son sac devant le plus grand mur.
— Gris, moche, austère, maussade.
Je ne l’ai jamais vu sortir autant d'adjectif à la seconde, je sens que ça le touche que les enfants n’est même pas un rayon de soleil quand ils sortent jouer. On ne dirait pas un orphelinat mais une prison. Je me poste à côté de mes acolytes, j’accroche mon foulard sur mon nez et ma bouche le temps qu’Eléonora nous explique ce qu’on va faire. Pour une fois on ne va pas juste graffer notre blaze on va leur faire une vraie œuvre d’art. Je commence de mon côté pendant que Charly se met à l’autre extrémité et Eléonora se place entre nous. Dave s’assoit sur un banc pour nous regarder et surveiller que personne ne nous voit même si on ne risque rien on a l’autorisation du maire et puis tout le monde dort déjà à cette heure.
****
On arrive au bout de cette fresque au bout de 2h30 de travail. On se recule pour la regarder d’une vue d’ensemble, elle est extraordinaire. On a décidé de partager le mur en trois et de faire chacun un dessin qui nous ressemble. Eléonora à dessiner tout un tas de fleurs, et des papillons de toutes les couleurs. J’ai préféré me concentrer sur quelque chose de plus aquatique avec un animal que j’adore le dauphin, j’ai rajouté quelques poissons coloré. Quant à Charly, il est parti complètement ailleurs avec des robots et des tortues ninja. On décide de signer chaque partie avec nos initiales, je signe seulement d’un M. comme toujours quand je dois mettre mes initiales. Charly et Eléonora signe de leur initiales respectives C.C. pour Charly Carter et E.H. pour Eléonora Holys. Dave nous félicite, il l’a prend même en photo pour la montrer à Carolina. On range tout notre matériel et on retraverse le grillage. J’entre à nouveau dans l’orphelinat, je suis beaucoup moins angoissée qu’à l’aller maintenant que j’y suis passé une première fois et que je suis sur de ne pas croiser le diable.
— Vous n'avez pas envie de faire un tour ? Nous demande Charly
Dave ne tarde pas pour répliquer que c’est trop dangereux.
— J’ai perdu ma gourmette, c'est le seul truc qui me reste de mes géniteurs, j’aimerais bien aller vérifier si je ne l’ai pas laissé dans la chambre avec un peu de chance elle n’a pas cramé.
Charly acquiesce immédiatement, Eléonora est un peu moins fan de l’idée mais elle accepte aussi, trois contre un, on monte. Je commence à me diriger vers l’entrée principale du bâtiment, toujours sous les râles de Dave. Je finis par atteindre les escaliers, par chance ils ne sont pas en bois mais en béton, je commence à monter. Je m'arrête quelques minutes au premier étage, il a été ravagé par les flammes, mais notre chambre était au troisième étage avec un peu de chance les flammes ne sont pas arrivé jusque là. Je continue mon ascension jusqu’à notre étage. Par chance celui là est quasiment intact contrairement aux deux étages précédents. Je m’avance doucement dans le couloir, on passe devant la chambre d’Eléonora.
— Deux secondes, c'était ma chambre.
On s'arrête et on la laisse fouiller dans ses anciennes affaires, tout est resté figé dans le temps, on a jamais rien pu récupérer. Charly ne se gêne pas pour entrer dans la chambre et regarder les affaires éparpillées par terre. Il attrape une photo posée sur le bureau et nous la montre.
— C’est le gouverneur ou je rêve ? Demande Charly
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