Fyctia
Frustration
Juin 2006…
La maison est pleine alors qu’il est à peine vingt heures, la musique est forte, l’alcool fait déjà son effet sur certains de nos potes alors que la chaleur extérieure a eu raison de quelques vêtements chez les filles.
Les parents de Max ont une énorme villa près de Nice, avec piscine et cuisine d’été, les voisins sont plutôt sympas et ne nous disent jamais rien si nous acceptons de baisser la musique après minuit. Nos soirées se passent en général à l’extérieur, on évite au maximum de salir la maison, on aime faire la fête mais nous sommes respectueux des lieux. Nous savons que si ça se passait mal, il nous faudrait trouver un autre endroit pour les prochaines, et les parents de Max sont plutôt cool.
Quand on est rentrés des courses Anna nous attendait, je suis resté un instant figé sur le palier quand j’ai vu qu’elle ne portait qu’une tunique d’été légèrement transparente, suggérant les contours de son maillot de bain qui semblait laisser peu de place à l’imagination.
Bordel !
Dans mon souvenir Anna n’était encore qu’une enfant, alors que là, devant moi, se tenait clairement une toute autre personne, plus mature, plus affirmée, plus pulpeuse et plus frustrante pour mon esprit perverti.
Anna a quinze ans, c’est une beauté depuis toujours et je ne l’avais toujours vu que comme ma sœur, mais plus maintenant. Elle a de longs cheveux bruns, de grands yeux verts et un corps à se damner. Je ne l’ai pas vue ces deux dernières années, elle logeait en internat sur son campus, ses études se poursuivant à Menton, c’était plus facile pour elle.
J’ai essayé de me reprendre, j’ai caché mon érection avec les sacs des courses en marchant jusqu’à la cuisine jusqu’à ce que je n’en puisse plus et ait été obligé d’aller me branler dans la salle de bain de l’étage pour soulager mon membre comprimé. Sauf que depuis je ne pense qu’à elle. Elle et son visage de poupée, elle et son corps parfait, elle et les pensées obscènes qu’elle m’inspire. Putain je me hais !
Je me hais de ressentir tout ça, je me hais de la vouloir et de la désirer, sans même savoir si c’est seulement pour assouvir une pulsion ou si je souhaite autre chose, je ne sais même plus faire la différence, je sais juste ce que mon corps veut, sans laisser de place à mon cœur. Malheureusement il n’en a aucune.
Ça fait des heures que je tourne en rond, que mon esprit est encombré d’images malsaines, je me suis déjà masturbé trois fois sans pour autant me sentir mieux, je suis épuisé physiquement mais surtout mentalement. Je voudrais que tout ça s’arrête, je voudrais simplement être comme les autres, être normal.
-Evan !
Mes potes m’appellent depuis la piscine, j’ai essayé au maximum de rester éloigné de cette partie du jardin depuis le début de la soirée, mais c’est sans compter sur Noah et Max. Ces mecs enchaînent les filles, leur réputation n’est plus à faire pourtant elles se bousculent toujours pour capter leur attention. Je suis plus réservé, j’ai été élevé dans le respect et la considération des femmes, sauf que mes pensées me rattrapent, mon opinion à leur égard est devenu noir et sans âme.
Je commence à m’avancer pour les rejoindre quand une main se pose sur mon bras, la chaleur et le courant électrique qui parcourent instantanément mon échine me font m’écarter brutalement. Mes yeux se posent sur ceux d’Anna, ses sourcils sont froncés devant l’incompréhension de ma réaction, sa bouche est entrouverte, ses mains levées comme si elle était face à un animal.
-Excuse-moi je ne voulais pas te faire peur
-Ce n’est rien je…
Mon regard se pose sur ses lèvres. Ses lèvres…pleines et charnues, peintes en rouge.
Merde !
-Tu m’as surpris c’est tout, j’étais ailleurs.
Elle m’observe et m’offre un sourire à tomber, ma queue réagit aussitôt, je me sentais déjà à l’étroit mais maintenant j’ai l’impression d’étouffer.
-Ce n’est pas grave, je voulais seulement savoir si tu savais où était Max, y a un souci avec la salle de bain de l’étage.
Mes mots passent mes lèvres avant même que je m’en rende compte et surtout avant de prendre conscience que c’est une très mauvaise idée.
-Je peux peut-être t’aider, ton frère est occupé, montre-moi.
Elle cale sa main dans la mienne en m’entrainant à sa suite à travers les fêtards agglutinés sur la pelouse, je jette un œil vers mes potes mais ils semblent déjà m’avoir oublié, ma peau me brûle alors qu’elle ne semble pas le sentir, ma tête tourne au ralenti, j’ai la sensation que je m’apprête à faire une connerie mais mon corps ne m’écoute déjà plus. Le trajet jusqu’à cette salle de bain paraît durer une éternité, j’ai chaud, je voudrais qu’elle lâche ma main pour pouvoir faire demi-tour et éviter le pire mais mes membres n’entendent pas l’appel au secours silencieux que je leur lance.
Ils la suivent. Elle.
Sans se soucier de ce que va engendrer la suite.
On passe la porte et elle se penche aussitôt au-dessus de la baignoire pour atteindre le robinet, mes yeux ne quittent pas sa robe qui remonte sur l’arrière de ses cuisses nues, dévoilant sa peau satinée par le soleil et ses jambes parfaites.
-Regarde ! Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ici mais, le mitigeur est complètement en vrac.
Elle se relève en se tournant vers moi. Un sourire malicieux s’étire sur ses lèvres.
-Je pense qu’il y a des petits malins qui ont dû vouloir utiliser le bain
Elle pose les mains sur ses hanches alors que mes yeux ne cessent de la regarder.
Putain je ne peux pas faire ça ! Pas avec elle !
Je sens des gouttes de sueur dévaler mon dos, mes mains tremblent, ma respiration est plus courte, je sais qu’il n’y a qu’un remède pour retrouver mes esprits pourtant je lutte, je ne dois pas faire ça, pas avec Anna.
-Evan ?
Je ne l’ai pas sentie s’approcher, ses yeux me regardent l’air soucieux et inquiet, je recule immédiatement pour mettre une distance respectable entre nous avant que je ne contrôle plus rien, il faut que je sorte, que je trouve une excuse, je ne dois pas rester là, c’est dangereux et malsain, si je reste je ne réponds plus de rien, j’ai trop attendu pour me soulager.
Putain quel con !
-Je…
-Tu es sûr que ça va ?
Sa main s’avance vers moi, comme si elle avait peur que je tombe, alors que mes pensées immorales m’envoient des flashs, je vois sa bouche sur moi, ses lèvres rouges glisser sur mon membre, je vois mes mains accrochées à ses hanches, j’entends sa voix crier mon nom, puis d’un coup plus rien.
C’est le trou noir.
Je ne sais pas à quel moment précis ma tête cogne contre le carrelage mais dans ma chute je l’ai bel et bien entendue crier « Evan ». Sauf que dans mon cerveau détraqué ce son prend aussitôt un sens vicieux et pornographique.
42 commentaires
Jee-G
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Il y a 8 ans
Mirabella
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Il y a 8 ans
France_L
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Jee-G
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Jee-G
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RClem
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LeiD
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